Les moments de crise produisent un redoublement de vie chez les hommes.
Ce qui doit dégoûter de la science, c'est que jamais elle ne nous apprendra ni l'origine du monde, ni le premier principe des êtres, ni leur destination.
Nous nous réfugions dans l'orgueil, parce que nous avons peur de nous dire la vérité à nous-mêmes.
Je suis toujours la ligne droite, mais je change parfois de ligne droite.
Ce qu'un homme pense de lui-même, voilà ce qui règle ou plutôt indique son destin.
Il est bon quelquefois de s'aveugler soi-même. Et bien souvent l'erreur est le bonheur suprême.
Quand vous lisez dans les journaux "le pays s'est prononcé", comprenez qu'une moitié de la nation a réussi à opprimer l'autre.
L'humanité ne produit des optimistes que lorsqu'elle a cessé de produire des heureux.
La pruderie est une espèce d'avarice, la pire de toutes.
Il y a des esprits qui vont à l'erreur par toutes les vérités ; il en est de plus heureux qui vont aux grandes vérités par toutes les erreurs.
Nous vivons dans un temps, où, si quelques-uns trouvent les galères à moitié chemin du pouvoir et de la fortune, il en est d'autres qui trouvent la fortune et le pouvoir à moitié chemin des galères.
Le métier des intellectuels est de remuer toutes choses sous leurs signes, noms ou symboles, sans le contrepoids des actes réels. Il en résulte que leurs propos sont étonnants, leur politique dangereuse, leurs plaisirs superficiels.
L'enfer est en nous. Nous le portons au fond de nous-mêmes et nous le subissons chacun à notre manière.
En révolution, le premier de tous les principes est de diriger le mal qu'on ne saurait empêcher.
Il y a des gens qui sont nés pour le malheur de quelqu'un.
L'idée du combat échappe à ceux qui le font. Ils sont condamnés à se battre. Ils se cherchent, ombres et silhouettes ; ils ont besoin de l'autre, pour éteindre une haine, comme le feu a besoin d'eau.
La douleur est la monnaie de toute félicité.
Le sacrement de mariage : un agent de blanchissage du passé.
Lorsqu'on vit pleinement, on n'a pas besoin de qualifier sa vie.
Personne ne niera que la vie est horrible, que c'est une suite d'angoisses sans fin. Il n'y a qu'une façon de passer à travers, c'est de ne pas y penser.
Quelque effort qu'on y mette, il est difficile de résister à soi-même.
Les gens d'esprit font beaucoup de fautes en conduite, parce qu'ils ne croient pas le monde aussi bête qu'il est.
Comme les devins, les femmes ont tendance à mettre de la pensée partout, à lire l'univers des objets et des choses comme un parchemin. Elles ne regardent pas, elles déchiffrent. Tout à toujours un sens.
L'on s'occupe uniquement de ce qu'on paraît quand on a perdu le sens de ce que l'on est.
L'étude du temps est la plus utile de toute, elle nous enseigne le moyen d'en faire un bon usage.
La prohibition... c'est tout de même mieux que pas d'alcool du tout.
Les hommes ont ce don d'avoir des yeux et d'oublier de s'en servir.
C'est le lot des mal-aimées de se raccrocher des heures voire des jours à des bouts de phrases écervelées.
Ce libre accès à la science, ces portes ouvertes et ces gestes de bienvenue sont les marques d'une liberté non moins essentielle que les autres, celle de résoudre les différends par la confrontation des idées, et, si celle-ci n'aboutit pas à l'union, de se résigner à la diversité par la tolérance.
Quand le passé vous appelle, ne l'écoutez pas, car il n'a rien de nouveau à vous dire.
La narration concerne deux choses ; c'est une question de personnage et d'intrigue.
Il n'y a pas de deuxième acte dans les vies américaines.
J'éprouvais pour elle l'amour fou et désespéré du ver de terre pour l'étoile.
J'ai toujours un espoir parce que je crois en l'homme. C'est peut-être stupide. La voie de l'homme est d'accomplir l'humanité, de prendre conscience de soi-même.
Je change de club comme on transporte un chevalet d'un pays à un autre.
Il existait, naguère, un exercice auquel devait se livrer tout candidat à l'élection : la rédaction de sa profession de foi. Nous avons gardé la profession, mais nous avons perdu la foi.
On est libre de jouir d'une beauté humaine comme d'une oeuvre d'art.
Le théâtre, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes curieuses, les médailles, les tableaux et autres drogues de cette espèce étaient pour les peuples anciens les appâts de la servitude, le prix de leur liberté ravie, les outils de la tyrannie.
Nous vivons une époque où il faut savoir rire de soi d'abord avant de rire des autres.
Ses adieux consistèrent en trois baisers, jetés du bout des lèvres, comme trois signes de ponctuation, au milieu du front de chacun de nous. Comme d'habitude, elle y ajouta la petite croix - papa la traçait avec le gras du pouce, Folcoche avec la pointe de l'ongle.
Les réalités de la nature dépassent nos rêves les plus ambitieux.
Il vaut mieux être incapable de faire quelque chose plutôt que d'en être capable et de ne pas le faire.
Je n'ai pas honte de dire que je n'ai jamais rencontré d'homme égal à mon père, et je n'ai jamais aimé autant un autre homme.
Demain nous ferons de belles choses.
La maison est la maison même pour ceux qui aspirent à servir des intérêts plus larges et qui ont établi leurs maisons de prédilection dans des régions éloignées.
La compassion n'est pas une passion; plutôt une disposition noble de l'âme, préparée à recevoir l'amour, la miséricorde et d'autres passions charitables.
Le pouvoir de mort, il est rarement du côté des femmes. Et en tout cas, quand il est du côté des femmes, il séduit rarement les hommes.
Doux sont les usages de l'adversité.
La douleur, ça ne s'exprime pas toujours avec des mots nobles. Ça peut sortir par de petites plaisanteries tristes, petites vieilles grimaçant aux fenêtres mortes de mes yeux.
Il faut beaucoup de temps pour devenir une diva.