J'aime la route. Ma mémoire au volant. Les plaines de France. J'aime la route. Je la connais. Quand j'étais môme, je me faisais un petit trois cents bornes à vide. Aucun but. Le plaisir intense d'une aventure inventée à chaque nouveau décor.
Le monde est un appel et une promesse : il y a partout des êtres remarquables, des chefs-d'oeuvre à découvrir Il y a trop à désirer, trop à apprendre et beaucoup de pages à écrire. Tant qu'on crée, tant qu'on aime, on demeure vivant.
En ouvrant la fenêtre de mes sens j'ai vu l'atrocité de la foi quand elle perd la boule.
Le progrès, c'est surtout technique les gadgets, le confort de se carrer les miches dans les âmes, les coeurs, les moeurs, je vois rien venir depuis que nous sommes tous devenus des automobilistes.
Si je découvrais dans mes propres rangs qu'un certain nombre de gars voulaient me trancher la gorge, je ferais en sorte de leur trancher la gorge en premier.
J'ai tout compté. J'ai compté les marches jusqu'à la route, les marches jusqu'à l'église, le nombre de plats et d'argenterie que j'ai lavés... tout ce qui pouvait être compté, je l'ai compté.
C'est de ça que l'amour est fait, des serpents, des escargots et des queues de chiots, du sucre, des épices et tout ce qui est bon.
Vous ne savez jamais quand vous essayez quelque chose de nouveau ce qui peut arriver. Tout est une expérience.
Il faut très peu de feu pour faire beaucoup de fumée de nos jours, et la notoriété n'est pas la vraie gloire.
Les nouvelles sont ce qu'un gars qui ne se soucie pas beaucoup de quoi que ce soit veut lire.
Le plus grand plaisir n'est pas - disons - le sexe ou la géométrie. C'est juste comprendre. Et si vous pouvez amener les gens à comprendre leur propre humanité - eh bien, c'est le travail de l'écrivain.
Toute ma vie sociale se passe dans les bars, donc je ne vois pas l'abandon de l'alcool comme une option viable. Pouvez-vous me voir dire, 'Jus de tomate s'il vous plait?'
Une partie de notre travail en tant qu'êtres humains consiste à partager nos connaissances et à partager les choses que nous avons apprises. Ainsi, nous pouvons soit empêcher les gens de faire les mêmes erreurs, soit leur donner de l'espoir.
J'ai fait beaucoup de choses stupides dans ma vie.
Je dis toujours qu'une femme devrait être comme un bon film à suspense: plus on laisse l'imagination, plus il y a d'excitation. Cela devrait être son objectif - créer du suspense, permettre à un homme de découvrir des choses sur elle sans qu'elle ait à le lui dire.
Le secret du mariage est le suivant: chambres séparées et salles de bain séparées.
Je ne me soucie pas de mon image.
La méchanceté des enfants est terrible. J'ai vu des enfants diaboliques devenir des agneaux avec leurs parents. Avec le recul, je me dis qu'il devait y avoir un climat familial terrible mais sur le moment, j'avais juste envie de leur mettre une droite.
Quand on a de l'expérience, c'est plus facile d'accéder à ses émotions. Avec la quarantaine justement, je me sens beaucoup plus détendu. J'ai beaucoup plus de lâcher prise. J'ai également appris à dédramatiser.
Quand je pense à un film, j'essaye toujours de partir d'un problème réel, qui pourrait également être traité de façon dramatique
Les tensions qui se manifestent aujourd'hui en France ne sont pas de même nature que les conflits théologiques de jadis.
L'efficacité, c'est le contraire de l'habileté.
Je crois qu'on entend encore dans les entrées d'immeubles l'écho des pas de ceux qui avaient l'habitude de les traverser et qui, depuis, ont disparu. Quelque chose continue de vibrer après leur passage, des ondes de plus en plus faibles, mais que l'on capte si l'on est attentif.
Il est préférable d'avoir des idées saines et de mal les exprimer, que des mauvaises rhétoriquement bien amenées.
Quoi de pire que le neutre ?
Lorsque j'ai accepté d'enseigner à Sarajevo pendant la guerre, ce n'était pas par générosité ou don de soi. Plutôt une sorte d'excès par quoi je me définissais et où je pensais que je finirais par me perdre ou mieux m'aimer.
L'après-guerre est une locution utilisée par les politiques et les économistes qui ont peur de la paix.
Le mot est celui qui illumine ou redonne vie, il est la densité voluptueuse de l'esprit, celui qui déchiffre et définit, avant de te faire sombrer dans une énigme plus vaste encore.
Avoir besoin qu'on ait sans cesse besoin de nous, c'est presque tout l'amour.
Un homme ne peut valoir que ce qu'il plaît aux autres de le faire valoir.
Ce n'est pas étonnant qu'Internet soit devenu assez puissant pour satisfaire tous les espoirs de ceux qui l'utilisent. Après tout il a été conçu pour résister à une guerre nucléaire, et pas simplement aux petits potins des hommes politiques.
La civilisation se mesurera aux mois de vacances que les travailleurs arracheront aux patrons.
Plutôt que de manger des vers, ma foi, Je préfère encore que les vers me mangent.
Il vaut mieux porter le poids de son propre chagrin que le fardeau des obligations contractées envers autrui.
On survit toujours aux dépens de quelqu'un.
L'art qui se soumet à une orthodoxie, fût-ce celle de la plus saine des doctrines, est perdu.
Ne cherchez pas de dignités que vous ne les méritiez.
Le plus beau cadeau qu'on puisse faire à un enfant, c'est de répondre à sa curiosité, lui donner le goût des belles choses. Avec Mathieu et Thomas, je n'ai pas eu cette chance.
L'homme affligé par quelque coup de la fortune veut éviter jusqu'au lieu où le chagrin l'a frappé.
Il y avait eu ce bref moment de parfait silence, à l'exacte jonction du jour et de la nuit.
Il faut faire parfois de singuliers métiers pour gagner sa vie.
Plus de printemps, plus de jeunesse. Ou du moins tous deux aigres, durs, âpres, sans bonté, sans douceur.
Épouse, le seigneur l'avait enfermée à clef, d'abord. Ensuite l'avait engrossée, sept fois coup sur coup. de sorte que, privée de bonne et allaitant- ou enceinte- la porte ouverte n'avait plus d sens pour elle. Son dernier voyage datait du dernier jour de ses noces.
Tout être au plein de sa vie s'amuse à concevoir l'idée d'un tableau qui rassemblerait son expérience. Nous avons tant mémorisé sentiments, impressions, passions, étonnements, colères, rencontres, que nous souhaiterions parfois rapprocher les pièces du puzzle. Georges Perec s'y est essayé - a réussi - dans La Vie mode d'emploi.
L'inégalité d'instruction est une des principales sources de la tyrannie.
Elle avait de beaux cheveux, blondsComme une moisson d'août, si longsQu'ils lui tombaient jusqu'aux talons.Elle avait une voix étrange,Musicale, de fée ou d'ange,Des yeux verts sous leur noire frange.
Ne pas aller au delà de ce que je sais, ne pas bavarder. Chercher pas à pas, maintenir l'ouverture du coeur, accueillir ce qui se présente sans céder à la mode, voilà quelques directions qui me sont bonnes. Et surtout travailler : c'est dans le travail lui-même que je trouve équilibre et réponse.
Si vous n'avez pas de musique, vous avez le silence. Il y a du pouvoir dans les deux.
Si vous voulez - c'est une ultime tentative -Pour le règne du bien je verserai mon sang.Déjà le sang devient une simple salive ;L'oiseau de paradis, un oiseau commerçant.
Quand Bérénice était petite fille, dans mon désir de l'aimer, j'avais beaucoup regretté qu'elle n'eût pas quelque infirmité physique. Au moins pour intéresser mon coeur avait-elle sa misère morale.