Les femmes aussi ont leurs saisons. L'été ne dure pas toujours et après l'été... Ah oui ! Les splendeurs de l'automne ! Mais combien éphémères !! Qui prend le temps de regarder et d'aimer l'automne ?
Ce n'est ni sur de la plume ni sous des couvertures qu'on parvient à la gloire. Qui sans elle conserve sa vie laisse sur la terre pareil vestige de soi que fumée dans l'air et écume dans l'eau.
On peut avoir des raisons de dire la vérité ; d'éviter un scandale ; mais comment défendre l'homme par qui le scandale arrive et qui ne dit pas la vérité.
Nous sommes si aveugles que nous ne savons quand nous devons nous affliger ou nous réjouir : nous n'avons presque jamais que de fausses tristesses ou de fausses joies.
Tout éveil de l'esprit n'est qu'un retour à l'âge divin.
Destins différents et pourtant solidaires des deux partenaires de l'aventure humaine : l'élément maternel représente la nature et l'élément paternel, l'histoire.
Le délire c'est la théorie d'un seul, tandis que la théorie est le délire de plusieurs.
Il y a deux actes légaux de la vie pour lesquels on doit se cacher avant de les accomplir : le vote et l'amour.
De deux choses l'une : ou la parole vient à bout de l'érotisme, ou l'érotisme viendra à bout de la parole.
Quand un nouveau régime s'installe, il commence par inaugurer les ponts, les gares, les aérodromes que son prédécesseur a mis en chantier, puis il dénonce l'impéritie de celui-ci.
Heureux ceux qui cultivent des rêves. Mais, les rêves exigent des sacrifices et peu de rêveurs survivent.
Jouis des choses de la terre en y renonçant.
La comédie est bien plus près de la vie réelle que le drame.
Personne ne peut tenir la vérité près de soi, fût-ce dans le cachot d'une formule. La vérité, on ne peut l'avoir, seulement la vivre.
En vérité l'homme qui veut contempler en face la gloire de Dieu sur la terre doit contempler cette gloire dans la solitude.
On a souvent honoré du titre de sage ceux qui n'ont eu d'autre mérite que de contredire leurs contemporains.
Le succès, au lieu d'apporter la liberté, finit par devenir un style de vie.
Cette manière d'élever le journalisme à la hauteur d'un spectacle permet à ses promoteurs de laisser croire qu'ils ont du talent.
Il peut y avoir de bonnes idées à droite comme à gauche, mais pour être efficace, il faut une même politique pendant dix ou quinze ans.
Sauver l'humanité ne dépend de rien d'autre que des actes des hommes et de la bonté de leurs coeurs.
Les morts sont qui n'ont pas de vivants sont malheureux, aussi malheureux que les vivants qui n'ont pas de morts.
C'est ce que certains libéraux appellent la liberté : être libre d'acheter une Ferrari et de prendre l'avion. Moi j'appelle ça le meurtre.
Malgré un égocentrisme foncier qui confine à l'hystérie, je ne peux m'empêcher de me sentir solidaire de tout journaliste attaqué. Quand la Presse est muselée, c'est toujours un peu Hitler qui revient.
Mon autobiographie ? Je n'ai pas besoin de l'écrire, je suis en train de la vivre.
Quand vous êtes loin de votre amoureux ou de votre amoureuse, laissez vous faire tout seul, ça fait du bien de se retrouver seul.
C'était un million de petites choses minuscules que, quand vous les avez ajoutées, elles signifiaient que nous étions censés être ensemble... et je le savais.
Laisse donc aux autres l'illusion de croire qu'ils paraissent ce qu'ils ne sont pas. En se trompant eux-mêmes, ils ne trompent personne.
Je ne veux pas que ma souffrance disparaisse, aussi terrible qu'elle soit... je tiens à ma souffrance. Elle fait de moi ce que je suis, sans elle je ne suis pas grincheux.
J'ai entendu dire que quand on est perdu le mieux à faire c'est de rester où on est et d'attendre qu'on vienne vous chercher, mais personne ne pensera à venir me chercher ici.
Il peut y avoir des moments de doute mais l'ambition est quelque chose de sain et il faut apprendre à pousser son corps à l'excès.
Danse temps sur tes mots. Et toi, océan, permets au soleil de défaire ses tresses entre tes mains.
Un érudit est un homme borné et buté, qui ne connaît rien en dehors de ses connaissances, d'ailleurs très limitées.
Le jour où les savants découvriront l'emplacement exact du centre de l'univers, c'est fou le nombre de gens qui vont être déçus que ce ne soit pas eux.
Nous sommes tous étrangers à nous-mêmes, et si nous avons le moindre sens de qui nous sommes, c'est seulement parce que nous vivons à l'intérieur du regard d'autrui.
Ce qui est amusant, c'est de jeter une bouteille à la mer et de croire qu'elle rapportera la réponse.
Bien écrire, c'est tout à la fois bien penser, bien sentir et bien rendre ; c'est avoir en même temps de l'esprit, de l'âme et du goût.
La liberté, c'est un coeur pur et bien placé, Le reste est esclavage au sombre de la nuit.
Tout le genre humain n'est qu'une famille dispersée sur la face de toute la terre.
Doutez, si vous voulez, de celui qui vous aime, D'une femme ou d'un chien, mais non de l'amour même.
La vie est faite de marbre et de boue.
La sculpture donne de l'âme au marbre.
Le métier d'artiste, c'est de faire passer au singulier des émotions pluriels. Nous sommes les hauts-parleurs des anonymes.
Laissons le choix au Hasard, cet homme de paille de Dieu.
Mieux vaut profiter des expériences faites par d'autres que de les faire soi-même. Mieux vaut croire que voir.
L'Histoire moderne a montré que l'utopie est mère de toutes les dictatures.
La religion consiste à croire que tout ce qui arrive est extrêmement important. Pour cette raison précise, elle ne pourra jamais disparaître de ce monde.
L'incompréhensible, c'est ça le plus difficile. Nous ne le supportons pas. Nous avons peur de l'inexplicable comme du vide.
Le surnaturel n'étant pas d'un usage pratique ni régulier, il est sage et décent de n'en pas tenir compte.
Quoi de plus banal, de plus prosaïque que la mort ? Elle est à la portée du premier venu. Mais vivre est une autre affaire !
Pour être malheureux, il faut savoir pourquoi il faut avoir assez de lucidité pour comprendre.