Le diplomate et le prestidigitateur portent un chapeau haut-de-forme. Tous les trucs de l'un et de l'autre sont déjà dans le chapeau et sont connus de tous les autres diplomates et de tous les autres prestidigitateurs.
Combien de gens meurent dans les accidents, pour ne pas lâcher leur parapluie.
Il n'y a pas de synthèse : il n'y a que le discontinu.
Il est beau de se ressouvenir de ceux qui nous oublient.
Et se j'ai prins en ma faveurCes doux regards et beaux semblantsDe tres decevante saveur,Me tréperçants jusques aux flancs,Bien ils ont vers moi les pieds blancsEt me faillent au grand besoin.
Quand on a besoin de bras les secours en paroles ne servent de rien.
Quand la faute est évidente, il est impossible de la dissimuler.
Il me fut cruel déjà de penser que les hommesÉtaient tous creux, serviles, jamais sincères,Mais c'était pire, moi confiante dans mon propre coeur,D'y découvrir aussi la même corruption.
Je ne songe pas à nier que l'on peut opposer à la théorie de la descendance, modifiée par la variation et par la sélection naturelle, de nombreuses et sérieuses objections que j'ai cherché à exposer dans toute leur force.
C'est pourquoi la chaîne phonique pure, dans la mesure où elle implique des différences, n'est pas elle-même une continuité ou une fluidité pures du temps. La différence est l'articulation de l'espace et du temps.
Dans le même temps où Don Juan, de Séville, commandait à Valdés d'ouvrir les charniers, un français, de même ardeur emportée, et tragique, Rancé, subissait un tête-à-tête plus lugubre encore.
Il prit le métro jusqu'à Wapping et y passa une des semaines les plus réussies de toute sa vie, à boire. Sa soif et son argent, par une coïncidence heureuse, prirent fin ensemble.
L'une des choses les plus tristes, chez l'homme, c'est sa manière de vieillir...
Je n'ai jamais considéré que mes rêves gaspillaient de l'énergie; elles étaient invariablement liées à une certaine forme d'action. Quand j'ai rêvé d'avoir un stand de limonade, par exemple, il n'a pas fallu longtemps avant que j'installe un stand de limonade.
La philosophie, comme la médecine, a beaucoup de médicaments, peu de bons remèdes et presque pas de remèdes spécifiques.
La vague de bacheliers a été anticipée : nous accompagnons les candidats sans proposition et travaillons à ouvrir des places dans les filières les + demandées. L'ambition du gouvernement c'est, comme chaque année, que chaque jeune ait une proposition à la rentrée.
J'ai eu beaucoup de chance, je faisais partie de la période d'après-guerre où tout devait être refait.
Hélas ! L'heure que tu regardes est peut-être celle de ta mort.
Nous ne pouvons avancer si nous ne cessons de vénérer les dieux perdus ou morts.
Le sommeil dévore l'existence, c'est ce qu'il y a de bon.
Qu'elle est admirable la jeunesse de l'homme ! Elle est toute d'angoisse et de féeries, et il n'arrive jamais à la connaître sous son vrai jour, que lorsqu'elle l'a quitté pour toujours.
Quand on porta aux InvalidesLes cendres de Napoléon Ier, On s'aperçut, c'est trop stupide, Qu'il n'y avait pas de cendrier.
Quant à la gestuelle des textos, elle crée dans les rues, les transports, les bureaux, une chorégraphie digitale de clones que je suis la seule à trouver grotesque. La ville est peuplée d'autistes qui parlent tout seuls sans se regarder.
Je me suis présenté chez ma maitresse avec un bouquet de silence.
L'effet du recul sur la mémoire est de donner aux choses des contours énormes parce que l'essentiel se détache, isolé de l'environnement de faits quotidiens insignifiants qui se sont naturellement effacés de l'esprit.
Je suis seul, je suis seul, il neige des navires.L'équateur est couvert de gouvernails brisés.J'ai tenu l'océan comme une tirelire.Tangage de ma chair, quand vas-tu t'apaiser ?
Gorz s'attache à montrer comment le système, pour se développer, crée artificiellement, notamment par l'omniprésence de la publicité, des besoins de consommation qui, faute d'être satisfaits, deviennent aussi obsédants que l'ancienne pauvreté.
Accroupi sur l'amas des siècles révolus,Immobile au soleil, dardant ses seins aigus,Sans jamais abaisser sa rigide paupière,Il songe, et semble attendre avec sérénitéL'ordre de se lever sur ses pattes de pierre,Pour rentrer à pas lents dans son éternité.
Le christianisme se soucie du développement humain, des aspects politiques et sociaux de la vie.
Le monde est paritaire qu'on le veuille ou non, à vous de comprendre.
Avec Nulle Part Ailleurs, j'éatais le conducteur du train, on m'a demandé de mettre des rails et le probléme c'était d'aller de plus en plus loin avec ces rails.
Il n'existe point en ce monde, ni dans l'air, au milieu de l'océan, ni dans les profondeurs des montagnes, d'endroit où l'on puisse se débarrasser du mal qu'on a fait.
Il est bien vrai que certains âges de l'homme sont comme des croisements de routes.
Les révolutions coupent les têtes alors qu'il suffirait de changer les cerveaux.
Le meilleur remède contre les injures, c'est de les mépriser.
Nous sommes consternés de nos rechutes, et de voir que nos malheurs même n'ont pu nous corriger de nos défauts.
On n'a que l'âge de ses obsèques.
En relisant mes journaux, il me semble flagrant qu'on ne change pas. Ce que je suis à 12 ans, je le suis encore aujourd'hui. Le manque de confiance, la jalousie, mon envie de plaire.
Elle a été ma cale, elle m'a empêché de tomber, je me suis tenu droit à ses côtés. Elle m'a décapé, elle m'a poli, elle m'a fait briller. En échange, je l'ai fait rire. Pleurer aussi.
Je pense que Pam n'est pas heureuse de mon choix, parce qu'elle trouve que je ne gagne pas autant que je le devrais. Mais quelle importance ? Tout le monde s'en moque, sauf l'Etat au moment de la déclaration d'impôts !
Cette prétendue franchise, à l'aide de laquelle on débite des opinions tranchantes ou blessantes est ce qui m'est le plus antipathique.
Quel merveilleux don nous avons, nous les écrivains, de nous torturer et de torturer les autres !
Celui qui n'est jamais parti, le matin, au petit jour, tout son bagage à l'épaule, et la canne en main, ne sait pas ce que c'est que de partir. Il ne sait pas davantage ce que c'est d'arriver.
Non, mais tu le vois cet enflé qui fume sa pipe sur la mélinite. Pas de ça, mon vieux, tu vas nous faire sauter.
Si un oiseau transportait chaque grain de sable, grain à grain, de l'autre côté de l'océan, quand il aurait tout amené de l'autre côté, ce ne serait que le début de l'éternité.
Le capitalisme avait besoin que les gens aient de plus grands besoins.
La faim nous ramène à l'instinct, à la parole d'avant la parole. Celui qui vous a tendu un morceau de pain ou un peu d'eau alors que vous étiez effondré, terrassé par la faiblesse, la main qu'il a tendue, vous ne l'oublierez jamais.
Toi, tu n'est pas dans l'espace, c'est l'espace qui est en toi.Jette-le hors de toi, et voici déjà l'éternité.Toi-même crées le temps, tes sens forment l'horloge.Arrête donc en toi le balancier, et c'en est fait du temps.
L'oeuvre ne correspond jamais au rêve de perfection de l'artiste au départ.
À ceux qui, inquiets, frustrés, oppressés, éructent contre le destin, les dieux, les démons, les princes, le triomphe de la masse et de la technique, je préfère ceux qui chuchotent, en passant, cette simple phrase : " Je ne sais plus où j'en suis. "