Écoutez, vous savez à quel point j'aime vous voir travailler, mais je dois préparer le 501ème anniversaire de mon pays, organiser mon mariage, tuer ma femme et Guildert à faire accuser. Je suis vraiment débordé.
Le grand processus auquel on est soumis, c'est le processus de la désagrégation, de l'oubli et du tri.
Quand je mens, j'aime que mon mensonge repose sur quelque chose de vrai, car cela apaise ma conscience.
Une femme c'est comme un jambon, meilleure avec un peu de gras !
Devrons-nous donc apprendre, à la dernière minute, que, faute de pouvoir trouver leur propre représentation, les civilisations ne se contentent pas de mourir mais tuent ?
Un comité est une réunion de gens importants qui, pris séparément, ne peuvent rien faire mais qui, ensemble, décident que rien ne peut être fait.
Que les hommes, vraiment, sont peu de choses pour que toute une vie puisse à peine remplir une heure d'insomnie !
Le monde est absurde, jeune homme, et toute la grandeur de l'homme consiste à connaître cette absurdité.
Vouloir écarter de sa route toute souffrance, signifie se soustraire à une part essentielle de la vie humaine.
Achetez la presse, et vous serez maîtres de l'opinion, c'est-à-dire les maîtres du pays.
Il est impossible que deux têtes humaines conçoivent le même sujet absolument de même manière.
Il est indispensable de se sacrifier quelquefois. C'est l'hygiène de l'âme.
L'art recèle toujours des évocations de la condition mortelle.
D'aimer son mari, c'est un fournisseur que l'on paie. Mais son amant, c'est comme de donner aux pauvres.
Si Dieu est quelque part, c'est dans le visage de l'autre.
Si l'homme pense Dieu, c'est qu'il se trouve déjà à l'intérieur de la pensée divine, c'est que déjà Dieu se pense en lui.
Tel est le mystère de la liberté de l'homme, dit Dieu... Si je le soutiens trop, il n'est plus libre Et si je ne le soutiens pas assez, il tombe.
Prends mesure de ton voisin et paie-le largement avec la même mesure.
Le repas d'enterrement de la vie de garçon a un triple but : boire plus que la raison, permettre aux amis mariés du futur époux d'échapper à leur femme pour une soirée et passer quelques heures à jouir du malheur imminent du pauvre bougre.
La vieillesse n'ôte à l'homme d'esprit que des qualités inutiles à la sagesse. Il semble que, pour certaines productions de l'esprit, l'hiver du corps soit l'automne de l'âme.
Le XXème siècle est la peau de chagrin de l'homme occidental qui aura vu rétrécir son empire terrestre et familial au rythme de ses désirs d'universalité.
Il y a du vertige dans le péché et chacun de nous, tiré du néant ressent parfois la nostalgie du néant.
Pour beaucoup d'humains, la liberté des autres est l'ennemi de leur survie.
O ma mère et ma nourrice ! Toi dont l'âme protectrice Me fit des jours composés Avec un bonheur si rare, Et qui ne me fus avare Ni de lait ni de baisers !
La faiblesse sied à une femme, elle le sait : elle sent qu'elle intéresse davantage en paraissant un être délicat. Voilà pourquoi nos femmes, quoique bien portantes, à grasseyer, à faire la malade, à se plaindre de leurs nerfs.
Toutes les inventions jolies et charmantes pour ceux qui ont les moyens d'en jouir valent-elles, vraiment, la somme de misère et de souffrance que nos civilisations produisent ?
L'intelligence est notre faculté de ne pas pousser jusqu'au bout ce que nous pensons afin que nous puissions croire encore à la réalité.
On peut défaire n'importe quel bonheur avec un grain de bonne volonté.
Nous devons savoir à la fois que nous devons parler de Dieu et que nous ne le pouvons pas.
Les lois sont les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses.
Il est très difficile de combattre un ennemi installé en avant-poste dans sa propre tête.
Pourquoi faut-il qu'on oublie ses rêves ? Le temps vient où on aurait le temps de les réaliser, on les a oubliés.
L'art de la sagesse consiste à savoir ce qu'il ne faut pas voir.
La bouche prononce des mots, et ce sont les mains qui leur donnent tout le poids de l'émotion et de la vérité.
Ce qui compte, c'est d'être ému comme les personnages ; ne pas être ému par les personnages. La sentimentalité est à rayer du vocabulaire de l'acteur.
Il faut des rêves suffisament grands pour ne pas les perdre de vue en les poursuivant.
Je comprends enfin à quel moment les dames commencent à opter pour les deux pièces : quand elles ne supportent plus que la mode de la rue leur rappelle leur jeunesse perdue.
Toute pensée qui se bornera aux combinaisons de l'économie politique sera infailliblement trompée dans les grandes affaires humaines.
Le succès est merveilleux, mais il implique l'effort de suivre le rythme de cette nymphe infidèle qu'est la popularité.
Il est des gens qui crient très haut qu'ils n'ont jamais voulu se vendre ; c'est peut-être qu'on ne se serait jamais soucié de les acheter.
Si les hommes savaient ce qui les guette, jusqu'au plus humble d'entre eux... ils défailleraient, ils se couvriraient la tête et mordraient leur manteau pour s'empêcher de crier. C'est leur bénédiction et leur malédiction de ne pas savoir.
L'amour n'impose qu'une part inutile de soi-même.
N'aie pas honte de ton dialecte, Pourvu qu'il s'exprime avec fidélité et vérité.
La flatterie n'émane jamais des grandes âmes, elle est l'apanage des petits esprits qui réussissent à se rapetisser encore pour mieux entrer dans la sphère vitale de la personne autour de laquelle ils gravitent.
Sous l'Ancien Régime, le Roi chiait devant la Cour. Pourquoi cette cérémonie s'était-elle perdue ? Si le Président de la République chiait chaque soir en direct à la télévision, nul doute qu'on le respecterait un peu plus.
A coup de langue écu d'oreille.
Itineris a raison de ne pas se l'SFR !
Nulle qualité humaine n'est plus intolérable ni, de fait, moins tolérée que l'intolérance.
Appeler un amant, c'est demander au téléphone qu'il te renvoie cette splendeur divine de ton désir.
Que se passe t-il dans un immeuble quand il y a une formidable histoire d'amour ? Tous les voisins veulent en profiter. Comme d'un rayon de soleil dans des vies un peu grises !