La mort n'est plus comprise comme la conclusion logique de toute vie, mais comme un accident de parcours. Et comme pour tout accident, il vaut mieux cacher son existence aux survivants.
Chien. Spécialement créé pour sauver la vie à son maître. L'ami de l'homme parce qu'il est son esclave dévoué.
Une femme donne à son mari deux jours de bonheur : celui où il l'épouse et celui où il l'enterre.
Un homme paraît avoir du caractère beaucoup plus souvent parce qu'il suit toujours son tempérament que parce qu'il suit toujours ses principes.
Non seulement chaque corps nouveau est la source d'une volupté différente, mais chaque relation avec la même femme a son histoire et son identité.
Il est dans la nature humaine de goûter le malheur d'autrui, ne serait-ce que pour se donner l'illusion de son propre bonheur.
Tout pouvoir excessif meurt par son excès même.
Chaque pays a sa propre diplomatie. Faire partie de l'Europe ne signifie pas renoncer à son indépendance ou ne plus pouvoir prendre l'initiative.
Rien ne fait autant honneur à une femme que sa patience et rien ne lui fait si peu d'honneur que la patience de son mari.
A supposer qu'une femme déclare son amour à un homme au cours des cinq actes d'une pièce, celle-ci n'est monotone que s'il s'agit du même homme.
Chacun a une idée confuse d'un bien où son âme puisse se reposer ; il le désire, par suite, il s'efforce d'y atteindre.
Dieu ? Je ne sais pas si j'y crois. J'ai des regrets de ne plus avoir une conception aussi simple de la création et de son créateur.
Toute poésie destinée à n'être que lue et enfermée dans sa typographie n'est pas finie.Elle ne prend son sexe qu'avec la corde vocale tout comme le violon prend le sien avec l'archet qui le touche.
A moins qu'une belle femme ne soit un ange, son mari est le plus malheureux des hommes.
La philosophie, dans son ensemble, refuse de valider le droit du plus fort ; elle pourrait se définir comme le passage de la violence à la raison.
L'usage le plus digne qu'on puisse faire de son bonheur, c'est de s'en servir à l'avantage des autres.
Un livre est un objet mystérieux et une fois qu'il a pris son envol, n'importe quoi peut arriver.
C'est être d'un naturel trop dur que de n'avoir nulle pitié de son prochain.
Mieux vaut laisser son enfant morveux que de lui arracher le nez.
Arrive-t-il quelque bonheur ? Vite, à sa mère on le raconte ; C'est dans son sein consolateur Qu'on raconte ses pleurs ou sa honte.
L'homme s'ignore tant qu'il n'a pas souffert, car la souffrance est révélatrice de son véritable moi.
Le tact est une délicatesse procédant de deux désirs également respectables : ne pas désobliger son prochain et ne pas se l'aliéner.
Il vaut mieux mettre son coeur et ne pas trouver les mots, que de trouver les mots et de ne pas y mettre son coeur.
Espérons l'impossible, car c'est peut-être une bassesse que de mettre son espoir en lieu sûr.
Un véritable savant, qui travaille dans son laboratoire, n'écrit point science avec un grand S.
C'est toujours par hasard qu'on accomplit son destin.
Être heureuse, pour l'âme conjugale, c'est être pénétrée, possédée, assimilée toujours plus et toujours mieux; c'est se diffondre dans l'amour. La suppression de toute distance est l'éternel voeu du coeur; l'isolement est sa tristesse, l'individualité son supplice.
N'appelez aucun être vivant malheureux. Même un amour non payé de retour possède son arc-en-ciel.
Les biens essentiels sont l'ensemble des biens nécessaires à chaque personne pour pouvoir choisir librement son temps, pour avoir accès au "bon temps".
La moquerie est le langage du mépris, et l'une des manières dont il se fait le mieux entendre : elle attaque l'homme dans son dernier retranchement, qui est l'opinion qu'il a de lui-même.
Le plus dur ce n'est pas d'avoir un homme dans son lit mais le même visage tous les jours en face de soi à table.
Écouter, c'est écouter l'absence de son. Regarder, c'est regarder l'absence de forme.
J'ai connu autrefois un pauvre homme qui, par scrupule, n'a jamais voulu coucher chez lui, disant que son nom était un nom à coucher dehors.
Mais la justice n'a de sens que si elle conserve l'esprit du dés-inter-essement qui anime l'idée de la responsabilité pour l'autre homme. La subjectivité, se constituant dans le mouvement même où à elle incombe d'être responsable pour l'autre, va jusqu'à [...] ► Lire la suite
L'artiste meurt sans enfants, il a été son roi, son prêtre, son Dieu.
La femme est une page blanche sur laquelle l'époux écrit à son gré.
Quel animal admirable que le cochon ! Il ne lui manque que de savoir faire lui-même son boudin.
Les gens qui parlent bien mais ne font rien sont comme des instruments de musique ; le son est tout ce qu'ils ont à offrir.
Faire parler un homme politique sur ses projets et son programme, c'est comme demander à un garçon de restaurant si le menu est bon.
On n'aime pas son voisin par un simple élan du coeur, on l'aime bien souvent pour avoir une excuse plus tard lorsque fatalement on devra le détester.
A chaque instant la vie passe à côté de son sujet. Il faut refaire tout ce qu'elle fait, récrire tout ce qu'elle crée.
C'est la nature qui, à intervalle régulier, nous rappelle par son silence, qu'il faut nous purifier.
A un homme, on demande son amitié pour obtenir un peu moins ; à une femme pour obtenir un peu plus.
La violence conjugale est un rouleau compresseur qui écrase tout sur son passage : la capacité de discernement, la faculté de se révolter, le bon sens. C'est comme une maladie qui gagne chaque jour du terrain parce qu'on ne prend pas le temps de la soigner, occupé que l'on est à gérer le quotidien.
- La capelle, la taille, l'impôt sur les épices, pour cette année ca fait combien ? - 200 000 ducats mon seigneur... - Mais l'année dernière ça faisait beaucoup plus ! - Ah ouais mais la récolte avait été très bonne ! - [...] ► Lire la suite
Un bon diplomate est quelqu'un qui peut égorger son voisin sans que celui-ci le remarque.
Il avait cet air las et épuisé des navires qui s'en reviennent du bout du monde, et non sans cause, car dans son court voyage il avait été très loin, jusqu'à entrevoir même les côtes de l'Au-delà, de ce grand [...] ► Lire la suite
Chacun suit son chemin qui n'est pareil à aucun autre et personne n'aboutit au même lieu, ni dans la vie, ni dans la mort.
L'artiste au même titre que le penseur s'engage et se devient dans son oeuvre.
Son corps est comme un défi d'en trouver un plus beau. Cela donne envie de chercher.