La société moderne a enseigné à l'homme que son bonheur n'est pas le but de la vie, mais que celui-ci réside dans l'accomplissement de sa tâche, ou dans sa réussite.
Et cependant, ces chefs deviennent nécessairement les oppresseurs des peuples et renforcent cette oppression jusqu'au point où l'inégalité, poussée à son comble, se retransforme en son contraire, devient cause de l'égalité : devant le despote tous sont égaux, à savoir égaux à zéro.
Incapable de s'ajuster à la vie contemporaine qui le pénétrait de dégoût, il résidait au fond de son propre coeur, tel que, dans son antre, un dragon d'avant le déluge, inconsolable et hagard de la destruction de son espèce.
Un peuple qui vit travaille pour son avenir.
si une tribu en Amazonie souhaite garder son identité on l'applaudit, si ce sont les Français on les stigmatise...
Dans chaque pays doit se constituer un comité national qui aura pour tâche d'assurer la participation du pays aux jeux olympiques, tous les quatre ans, jusqu'à ce que son tour vienne de les organiser à domicile.
La rédemption n'est pas wellness, un bain d'auto-complaisance, mais une libération de l'être compressé dans son propre moi.
La passion pour l'art est, comme pour les croyants, très religieuse. Il unit les gens, son message est d'humanité commune. L'art est devenu ma religion - d'autres prient à l'église. C'est une banalité, mais vous ne possédez pas l'art, il vous possède.
Au lycée, j'étais le comédien de classe par opposition au clown de classe. La différence est le clown de classe est le gars qui tombe son pantalon au match de football, le comédien de classe est le gars qui lui a parlé à travers.
Je plains le temps de ma jeunesse,Auquel j'ai plus qu'autre gallé,Jusqu'à l'entrée de vieillesse,Qui son partement m'a celé.Il ne s'en est à pied allé,N'a cheval: hélas! comment donc ?,Soudainement s'en est vollé,Et ne m'a laissé quelque don.
Il soutient, par exemple, que les individus réels ne peuvent exister que dans l'imagination d'un artiste assez puissant pour les retenir et leur donner une forme. "La vie, la matière première, n'est vécue qu'en puissance, jusqu'à ce que l'artiste la développe dans son oeuvre."
Ce n'est ni un poison ni une panacée. C'est un aliment sain, mais qu'il faut assimiler à son heure.
Son arme principale était l'ordinateur, le meilleur bastion des anonymes et des lâches.
Fuis l'étude dont l'opération meurt avec son opérateur.
Ce qui caractérise le mieux la vraie liberté est son juste usage, et l'abus qu'on en fait.
Je suis bien certain qu'aucun imbécile n'a jamais vendu son âme au diable.
On s'enferme dans son silence ; on se fait coffrer dans ses paroles.
Son regard exprimait la sagacité et la tristesse. Peut-être l'explication à la froideur du grand âge est-elle beaucoup plus simple : ces yeux là ayant vu trop de mal, ils ne veulent pas en voir davantage.
L'homme n'est peut-être pas à la hauteur de son essence.
Prude. Personne lubrique qui se dissimule derrière son quant-à-soi.
Chacun a son penchant qui l'entraîne.
Chacun de son côté est capable des pires horreurs. C'est quand on regarde l'ensemble qu'on retrouve l'espoir.
Vouloir du bien à une femme, est-ce en vouloir à son mari ?
Notre dieu est grand et l'argent est son prophète. Pour ses sacrifices, nous dévastons la nature entière. Nous nous vantons d'avoir conquis la matière et nous oublions que c'est la matière qui a fait de nous ses esclaves.
Plus tard, quand la bouteille de rosée sautera, et que vous entrerez silencieusement dans les feuilles, et que l'absolu printemps qui se prépare ouvrira son écluse, vous songerez à l'amant de la Porte Albinos qui reposera sur les claies du plaisir, ne demandant qu'à reprendre à Dieu ce que Dieu lui a pris.
Le meilleur roman est celui qui demande le plus à la sensibilité et l'imagination de son lecteur.
Un homme s'identifie peu à peu avec la forme de son destin ; un homme devient à la longue ses propres circonstances.
La meilleure chose que vous puissiez faire pour un ami est d'être son ami.
L'Europe devient tout autre chose que ce pour quoi elle a été conçue au départ, elle se transforme en laboratoire de la réalisation de l'utopie néolibérale dans son intégralité.
Les bienfaits du despotisme sont courts, il empoisonne les sources mêmes qu'il ouvre. Il ne possède qu'un mérite d'exception, une vertu de circonstance, et dès que son heure est passée, tous les vices de sa nature éclatent et pèsent de toute part sur la société.
Le talent suprême consiste à exposer son malheur avec humour.
Mais Liszt, coeur généreux, toujours prêt, à se dévouer pour une belle cause, avait compté sans l'esprit envahissant de son colossal et dangereux protégé, incapable de partager l'empire du monde, fût-ce avec son meilleur ami. On sait maintenant, depuis la publication de la correspondance entre Liszt et Wagner, de quel côté fut l e dévouement.
Elle entendait au loin son mari qui jouait imperturbablement de son livre ; ses doigts ne se lassaient jamais des anciens chants. En secret, elle souhaita que revienne un jour où il passerait autant de temps à l'étreindre et à la caresser comme une petite harpe qu'il en consacrait à ses invraisemblables livres.
En consacrant sept, huit ou dix heures de sa journée à son emploi, un individu passe à côté de l'essentiel de sa vie, sauf dans les cas très rares où cet emploi lui permet de développer pleinement ses capacités et ses désirs.
Nous tenons que chaque homme est le meilleur juge de son propre intérêt.
Un film : cela touche au corps, au rythme, au son, à la pâte humaine des acteurs, à la peinture. C'est un art global.
Sous le silence prodigieux du couvent, il est comme un malade qui, la nuit, à l'heure où les bruits de la rue se sont tus, perçoit les battements de son coeur.
La presse sort tout de son contexte, j'ai appris à me taire.
Par les chevaux de bataille haletants qui font jaillir le feu de leurs sabots,Qui, le matin, se précipitent sur l'ennemiEn soulevant la poussière,Et qui pénètrent au milieu des troupes,En vérité, l'homme est ingrat envers son Seigneur...
Si vous pensez avant de parler, l'autre placera son bon mot avant vous.
Même quand les enfants sont pressés de toucher leur part de pognon, c'est difficile de se débarrasser d'un parent encore en forme, surtout s'il a toute sa tête - il faut savoir prendre son mal en patience.
L'homme se livre par sa démarche, sa bouche, sa voix et son regard.Ces quatre clés étant dans l'ordre d'importance.
Celui qui vend une voiture de fumier enlève un mille de paille à son grenier.
Le charme du pouvoir ne relâche jamais tout à fait son emprise.
C'est son prochain qu'il faut aimer comme soi-même. Les autres, c'est facile. Ils sont loin.
Le contraire de la mode, ce n'est évidemment pas le démodé ; ce ne peut être que le présent : ce qui est là, ce qui est ancré, permanent, résistant, habité : l'objet et son souvenir, l'être et son histoire.
Une chose dont je suis sûr, c'est le vrai plaisir de la vie - on ne le sait pas, ce n'est pas d'avoir son propre avion à réaction, ce n'est pas d'avoir un manoir, le plaisir est d'apprendre quelque chose.
Si un individu ne joue pas convenablement son rôle sur la scène du monde, il n'atteindra que la moitié de son développement.
L'esprit d'une femme est reconnu dès qu'il sert la gloire de l'homme ou son plaisir.
La femme, ayant dressé son regard et sa voix au mensonge - c'est une nécessité de sa condition vis-à-vis du mâle -, ne se livre guère que dans son allure et dans son rire.