Plus on regarde exactement la même chose, plus elle perd tout son sens, et plus on se sent bien, avec la tête vide.
L'homme est plus intéressant que les hommes ; c'est lui et non pas eux que Dieu a fait à son image. Chacun est plus précieux que tous.
C'est la passion qui est puissance ; la nature de son objet est négligeable.
Cette force que l'on appelle le rêve ; reflet dans le miroir des symboles du vrai visage de son moi.
L'écrivain observe, entend, écoute, enregistre. Puis il raconte une histoire, mêlant son imagination à son expérience. Et elle porte nécessairement les cicatrices de son âme.
Est-il rien de si pitoyable au monde que les fonctions de journaliste de province, condamné à ne jamais écrire que des vulgarités pour se mettre au niveau de son public.
Combien désespérante la folie de l'homme, son mépris des autres, les signes trop nombreux que les leçons les plus élémentaires de l'histoire sont si mal retenues.
La peinture est un art et l'art dans son ensemble n'est pas une vaine création d'objets qui se perdent dans le vide, mais une puissance qui a un but et doit servir à l'évolution et à l'affinement de l'âme humaine.
Il y a une limite au bonheur qu'on peut tirer de son travail. On est même d'autant plus heureux qu'on passe moins de temps au travail.
Dessiner, c'est mettre des patins à son imagination, c'est réinventer les choses, des objets, c'est parler et dire à travers des formes, des ombres.
Les opprimés ne doivent jamais laisser leur conscience s'endormir. La religion rappelle à chaque homme qu'il est le gardien de son frère.
Le cheval apprend à se domestiquer dans un manège ; l'homme, c'est dans son ménage qu'il apprend.
Il fallait bien que ça arrive. Son meilleur ami est parti avec sa meilleure femme.
Tout art tire son origine d'un défaut exceptionnel.
Si un homme traite la vie de façon artistique, son cerveau est son coeur.
Tout cochon a dans son coeur un homme qui sommeille.
La pratique est un signe extérieur de la rencontre avec Dieu, mais non une garantie de sa valeur, de son amplitude.
La critique rate son but quand elle oublie l'aspect complexe, ou ambivalent ou équivoque des hommes et des choses.
Une épouse adultère ne se sent jamais coupable que des tromperies que son mari connaît.
Notre raison nous rend quelquefois aussi malheureux que nos passions ; et on peut dire de l'homme, quand il est dans ce cas, que c'est un malade empoisonné par son médecin.
Il faut semer son blé partout.
L'homme désire l'éternité mais il ne peut avoir que son ersatz : l'instant de l'extase.
Le vrai musc est celui qui répand son parfum et non celui que vante le droguiste.
Si une nana te considère comme son frère et que tu rêves de sortir avec, répond lui direct : « Je suis contre l'inceste ! ».
Aujourd'hui on ne conduit plus, on passe son temps à essayer de se garer, et les parkings sont au-dessus de mes moyens.
Tout homme qui n'accepte pas les conditions de la vie, vend son âme.
Une mère doit toujours réfléchir deux fois, une fois pour elle-même, une fois pour son enfant.
N'empruntez rien de votre ami, si vous souhaitez que son amitié continue.
Un des aspects fondamentaux de la conscience du travail fut la conscience et le désir de ce qui est son contraire, à savoir le loisir.
C'est un triste, étrange, mystérieux monde; plein de chagrin et de malheur. Et pourtant, quand vient le rire, tout semble se mettre à danser sur son rythme.
Le poète est celui qui tout au long de son existence conserve le don de s'émerveiller.
Si celui dont l'autorité est incontestée, dit "igname" personne n'osera répondre "manioc", à moins qu'il n'aille faire cuire son manioc ailleurs.
L'être humain n'a aucun standard de qualité, hormis son besoin d'appartenance.
Préparer l'avenir de la France, c'est aussi agir pour garantir son unité.
Bach est comme un astronome qui, à l'aide de chiffreurs, trouve les étoiles les plus merveilleuses... Beethoven a embrassé l'univers avec la puissance de son esprit... Je ne monte pas si haut. Il y a longtemps, j'ai décidé que mon univers serait l'âme et le coeur de l'homme.
Demain notre ami Raymond pensera que c'est le plus beau jour de sa vie. Son p'tit déj' aura meilleur goût qu'aucun des repas qu'on a pu faire.
La marmotte est un petit animal qui, pendant tout l'hiver, prend sa température avec son nez.
On ne peut pas tout vivre, alors l'important est de vivre l'essentiel et chacun de nous a "son essentiel".
Ecrire c'est ébranler le sens du monde, y disposer une interrogation indirecte, à laquelle l'écrivain, par un dernier suspens, s'abstient de répondre. La réponse, c'est chacun de nous qui la donne, y apportant son histoire, son langage, sa liberté.
Parce qu'une langue est semblable au vent, elle poursuit sa fin mêlée de toutes les saveurs du monde et meurt vidée d'elle-même jusqu'à son renouvellement.
Gilles Deleuze disait 'Être de droite, c'est ouvrir sa porte et regarder son palier, son petit palier. Être de gauche, c'est ouvrir sa porte et voir le monde'. Mais moi je n'ai pas cette supériorité intellectuelle. Je m'occupe de mon pallier modestement parce que je veux croquer les humains.
Le jaloux croit témoigner, par ses larmes et ses cris, de la grandeur de son amour. Il ne fait qu'exprimer cette préférence archaïque que chacun a pour soi-même.
Dans sa première passion, la femme aime son amant ; Dans toutes les autres, tout ce qu'elle aime, c'est l'amour.
La colère est pareille à un cheval fougueux ; si on lui lâche la bride, son trop d'ardeur l'a bientôt épuisé.
Marcher, c'est retrouver son instinct primitif, sa place et sa vraie position, son équilibre mental et physique. C'est aller avec soi, sans autre recours que ses jambes et sa tête. Sans autre moteur que celui du coeur, celui du moral.
Ecrire des pensées, c'est relever chaque jour, comme un épicier d'ordre, les petites recettes de son esprit.
L'ignorant ne connaît pas son bonheur puisqu'il ne sait même pas qu'il ignore tout.
La plus grande décadence dans ce monde est de perdre son enthousiasme.
Et gloire à ce soldat qui jeta son fusil Plutôt que d'achever l'otage à sa merci.
La grandeur d'un homme se reflète dans son rapport à l'existence. Elle est visible à la façon dont il accepte son sort et à la façon dont il se comporte avec autrui.