C'était un soldat à la con. Quand son cafard le tenait il était plus emmerdant qu'une femme qui a ses affaires.
Se donner la mort comme un Romain, c'est, pour Condorcet, dérober à ses ennemis la satisfaction de son supplice, et mourir comme il a toujours voulu vivre, en homme maître de son destin.
Il vaut mieux prendre ses désirs pour des réalités que son slip pour une tasse de café.
La confusion a maintenant fait son chef-d'oeuvre.
La politique est l'art de capter à son profit les passions des autres.
J'adore les dates limites. J'aime le son qu'elles font lorsque on les dépasse à toute allure.
Mme de Staël montrait volontiers ses bras, sa gorge, en un mot ce qu'elle avait de mieux, et elle disait : "Chacun montre son visage où il l'a."
Autant vaut l'homme, autant vaut son Dieu, et pas plus.
Catherine II mit trente-six heures à mourir, abandonnée sur son matelas au milieu d'un incessant va-et-vient de courtisans, et ignorée par son fils.
Il a toujours profondément méprisé la nature humaine, en raison même de l'échantillon que lui renvoyait son miroir.
Aimer, c'est un peu aimer en autrui une autre réalisation de son propre destin social.
La poésie de Verlaine est simple, humaine et chantante, ce qui explique son succès.
Un humoriste est un homme qui vit au-dessus de son esprit.
Humanité. La race humaine dans son ensemble, à l'exception des poètes anthropoïdes.
Les Académies sont des sociétés comiques où l'on garde son sérieux.
L'état civil dont vous êtes quelquefois si fier ne sait absolument rien de votre âme et son registre de néant ne peut mentionner que votre corps catalogué à l'avance pour le cimetière. S'il existe un arbre généalogique des âmes, les Anges seuls peuvent être admis à le contempler.
Lorsqu'un scientifique est en avance sur son temps, c'est souvent par incompréhension de la vérité actuelle plutôt que par intuition de la vérité future. En science, il n'y a jamais d'erreur si grossière qu'elle ne paraisse un jour, d'un certain point de vue, prophétique.
C'est une chose de rêver, mais quand le moment est venu, vous devez être prêt à quitter ce qui vous est familier et à trouver votre propre son.
Le mot "connerie" a dérivé loin de ses racines physiologiques et il a plus de force que le mot "bêtise" ou "stupidité". Mais juger de la connerie des autres supposerait qu'on est soi-même dénué de toute connerie. Donc, son usage doit inciter à l'auto-examen préalable.
Qui sème un grain de riz aujourd'hui ne peut en récolter dès demain son fruit.
Celui qui excelle dans son art pour le porter au plus haut degré de perfection dont il est capable, on peut dire qu'il le dépasse en quelque sorte : ses productions transcendantes n'admettent aucune appellation.
C'est tellement difficile de se sentir bien dans son corps. Vous voulez toujours avoir l'air différent, plus grand ou plus mince, quoi qu'il en soit. J'ai encore du mal avec ça. Je pense que tout le monde a ce probléme.
Je ne vais pas faire semblant de chanter les louanges de la magistrature : je me méfie de son corporatisme, de sa frilosité, de la détestation qu'elle voue au Barreau. Pourtant, il existe de grands juges; c'est le troupeau qui est petit.
J'rallumerai son coeur car j'illumine mon siècle comme Montesquieu.
Rien ne rapproche plus une femme et son mari que l'arrivée de la feuille d'impôts.
On ne dévore pas un bon livre, c'est plutôt dans son ventre que vous risquez de finir. Comment reconnaître un bon lecteur ?
On dit que les hommes vieillissent mieux que les femmes mais c'est faux. Leur peau perd plus vite son élasticité, surtout quand ils fument et boivent. C'est flasque, on a l'impression que ça pourrait s'effriter sous la pulpe des doigts. [...] ► Lire la suite
Quand je me plaignais que Untel n'avait pas prononcé correctement ou intégralement mon nom, Papa Moupelo m'incitait à ne pas m'emporter, à prier le soir avant de m'endormir pour remercier le Tout-Puissant car, d'après lui, le destin d'un être humain est caché dans son nom.
Le langage populaire, avec son radotage obsessionnel, sa pauvreté de vocabulaire, sa manie fastidieuse d'énumérer des détails superflus, sa dépendance du concret, voilà d'où surgit soudain la poésie sans crier gare.
En octobre, celui qui perd son manteau le cherche bien vite.
Qui est loin de son écuelle est près de son dommage.
L'amour n'étend point son empire sur les vers du cercueil.
Faut pas te fier aux apparences ! S'il perdait pas tout son pognon aux courtines, il serait pas toujours à côté de ses lattes.
Si tu fréquentes un homme vil, c'est que tu es de son rang.
Crétinisme parlementaire, maladie qui emplit ses victimes infortunées de la ferme conviction que le monde entier, son passé et son avenir, sont gouvernés et déterminés par une majorité de voix dans l'Assemblée représentative.
On peut aussi prendre son temps, choisir les saisons et les heures creuses. Préférer les sentiers aux autoroutes. C'est comme l'amour en fin de compte. Les grands circuits sont les mêmes pour tous. Mais chacun peut y préférer, ici ou là, sa petite chapelle.
Et il en est peut-être là de son instant où vivre est errer seul vivant au fond d'un instant sans bornes, où la lumière ne varie pas et où les épaves se ressemblent.
La leçon la plus sublime que nous donne le soleil, c'est son universalité. Il ne se préoccupe pas de savoir ce que sont les créatures auxquelles il envoie ses rayons. Qu'elles soient intelligentes ou stupides, bonnes ou criminelles, qu'elles méritent ou ne méritent pas ses bienfaits, il les éclaire toutes sans distinction.
Ce qu'un homme pense de lui-même, voilà ce qui règle ou plutôt indique son destin.
Qui sait si la raison de l'existence de l'homme ne serait pas dans son existence même ?
On appelle "s'oublier" reprendre son naturel.
Tout écrivain est porté à cultiver ses nostalgies, la recherche du temps perdu étant son obsession, presque sa raison d'être.
Qui n'a qu'un oeuf pour son dîner ne saurait choisir un trop bon cuisinier.
Il y a l'amour. Et puis il y a la vie, son ennemie.
Le rôle de l'Académie, tel qu'il a été fixé par son fondateur, le cardinal de Richelieu, est de veiller sur la langue française.
Il n'y a jamais rien eu dans son histoire et dans la nôtre qui nous ait divisé, au contraire nous avons toujours été d'accord pour tout l'essentiel de notre vie au milieu des peuples.
Chacun tire son plaisir de l'instrument dont il joue le mieux.
Même le pendule va avec son temps.
On peut oublier son passé, mais cela ne signifie pas que l'on va s'en remettre.
La poésie doit être grande et discrète à la fois; quelque chose capable d'entrer dans l'âme de chacun et qui ne la surprend ou ne l'émerveille pas par elle-même, mais par son sujet.