Diplomatie. L'art patriotique de mentir pour son pays.
Seul est digne de son pouvoir celui qui le justifie jour après jour.
L'influence d'un mot, dit à son heure, n'est elle pas incalculable ?
Il n'y avait en vérité que deux personnes au monde qu'il aimait ardemment : l'une était son plus grand flatteur et l'autre était lui-même.
On perd son sexe à imaginer celui des autres.
Chaque époque laisse plus de traces de ses souffrances que de son bonheur : ce sont les infortunes qui font l'histoire.
Quand les images sont perdues, l'espace aussi. Quand le son est perdu, le langage aussi.
On doit publier ses oeuvres posthumes de son vivant. Ne serait-ce que pour voir l'effet que ça fait !
Une femme n'est rien par elle-même ; elle est ce qu'elle paraît à l'homme qui s'en occupe : voilà pourquoi elle est si furieuse contre ceux à qui elle ne paraît pas ce qu'elle voudrait paraître. Elle y perd son existence.
Bébé Cadum, ou plutôt le Cristi, puisqu'il faut, à notre époque, l'appeler par son nom, avait trente-trois ans. La barbe eût donné à son visage un aspect sinistre sans le sourire enfantin que dessinaient ses lèvres.
Comme un départ au loin sur les oiseaux qui tremblent...Comme une incertitude où bout le mimosa...Comme une lèvre détachée de son vieux rire...Comme une transparence aux trois miroirs brisés...
L'insolite, jusque dans son excès, vaut mieux que le banal.
Faire claquer son fouet ne rassemble pas les chevaux peureux.
Ne t'en fais pas, « suicider » ne fait pas parti de son répertoire... Il s'aime trop pour ça !
La raison est un merveilleux instrument qui ne sert qu'après coup. Un criminel tue : son avocat raisonne.
Si l'homme ne comprend pas l'enfer, c'est qu'il n'a pas compris son propre coeur...
Personne ne devrait mourir. Surtout de son vivant.
Mme D'Urberville n'était pas la première femme obligée d'aimer son enfant à contrecoeur et de lui être amèrement attachée.
Le sentiment «d'avoir fait son devoir» fait de chacun son honorable bourreau.
Il y a deux points critiques dans chaque vol aérien: son début et sa fin.
On n'a qu'une chose à soi, c'est son désir.
C'est par la parole, par la création, que l'être humain arrive à dépasser son sentiment d'impuissance; il est voué à la souffrance, à cause de la disparité entre ses désirs, qui sont incommensurables, et l'impossibilité de les satisfaire. Il y a donc une souffrance fondamentale et nécessaire, que nous n'éviterons jamais.
L'opinion dans son essence est volonté de majorité, et parle déjà au nom d'une majorité.
Si quelqu'un vide sa bourse dans son cerveau, personne ne pourra la lui dérober.
Pour voir s'il est bon, un acteur regarde si son rôle est épais.
On eût dit que leur point de rencontre était un bateau naviguant entre deux îles où chacun conservait sa propre vérité. En faisant un effort, il aurait pu apercevoir les rives du monde de Grady, mais son domaine à lui se perdait dans la brume.
Ainsi, se déroulait à son insu la fuite du temps.
La future mère ne fantasme que sur l'amour et le bonheur. Elle ignore l'autre face de la maternité faite d'épuisement, de frustration, de solitude, voire d'aliénation avec son cortège de culpabilité.
Les magasins de diététique voient leur chiffre d'affaires doubler à l'approche des vacances, quand une femme essaie son maillot de bain de l'année précédente.
L'humain est l'animal le plus con de la planète : t'as beau lui expliquer les choses, il ne réagit pas. Il attend la catastrophe, tout sourire sur son trône. Et nous, quand on proteste, on se fait casser la gueule...
Il y a des choses qu'un homme a peur de se dire, même à lui-même, et tout homme honnête a un certain nombre de telles choses emmagasinées dans son esprit.
Ta lettre m'a rempli d'une émotion mélancolique dont je te saurai toujours gré. Car ma vie tout entière m'y était donnée en une sorte d'éblouissement. Et rien n'est aussi exaltant pour une créature que de sentir en soi tout son destin.
Il n'est peut-être pas de meilleure recette pour rester jeune que de consacrer son énergie à autre chose.
Depuis qu'il a du "son", le cinéma fait l'âne.
Si vous n'êtes jamais satisfait vous êtes pauvre. Qui contrôle son esprit est libre.
Si on meurt ici plus vite qu'ailleurs, la vie est ici plus intense. Chacun porte en soi la même somme d'énergie à dépenser sauf que la flamme est plus vive quand son temps pour brûler est plus bref.
Les humains sont des merdes. Tout ce qu'ils aiment, c'est se faire diriger. Punir, récompenser, guider. La nature de l'homme, c'est de tuer son prochain.
Le ridicule est comme la mauvaise haleine ; on ne la remarque que chez son voisin.
Alors on songe aux grandes villes disparues de la scène du monde : Tyr et Babylone, Thèbes et Sparte, Carthage et Troie. Et cela parce que la France, reniant son passé glorieux, livrée aux avocats et aux casse-cou, aura cessé d'être française pour devenir républicaine.
Si la société de consommation ne produit plus de mythe, c'est qu'elle est elle-même son propre mythe. À un Diable qui apportait l'Or et la Richesse (au prix de l'âme) s'est substituée l'Abondance pure et simple. Et au pacte avec le Diable le contrat d'Abondance.
La nature ne m'a jamais dit : ne sois pas pauvre ; encore moins dit-elle : Sois riche ; son cri pour moi était toujours : Sois indépendant.
Misères, complexes, nostalgie ; on sait des temps où le masculin ne s'encombrait pas de tant d'inquiétudes, exprimait moins de doutes sur son identité même.
L'homme dissipe son angoisse en inventant ou en adaptant des malheurs imaginaires.
La langue propre à chaque peuple peut devenir un grand pont pour son propre avenir.
On perd son temps à cultiver les mots.
Le silence de la terre vous arrivait en plein jusqu'au coeur-son mystère, sa grandeur, la stupéfiante réalité de sa vie cachée.
Il voulait trouver mieuxQue son lopin de terreQue son vieil arbre tordu au milieuTrouver mieux que la douce lumière du soir près du feuQui réchauffait son pèreEt la troupe entière de ses aïeuxLe soleil sur les murs de poussièreIl voulait trouver mieux
Maintenant que le voilà adulte et père de deux fils, il était temps de croire à ce que son père lui répétait si souvent : « Mon fils, il faut bien souvent connaître le passé, avant de comprendre le présent et d'affronter l'avenir avec calme.
A coté de celui de la femme, l'univers de l'homme est très vaste. Il appartient avant tout à son devoir et ne pense aux femmes que par intermittence. L'homme constitue l'univers de la femme. C'est aux autres choses qu'elle pense seulement par intermittence. La différence est considérable.
Par égalité, chacun comprend qu'il ne vaut pas moins que son voisin, mais que son voisin est loin de le valoir.