Devenir vieux, c'est être de plus en plus puni pour un crime que l'on n'a pas commis.
Ce n'est pas en brimant les riches que l'on rend les pauvres plus heureux.
La haine que l'on porte aux grands est, de la part du peuple, un hommage involontaire.
Le spectacle des autres que l'on suppose en train de penser est encourageant.
Quand on est enfant, ce que l'on dit est enfantin, ce que l'on pense est enfantin, ce dont on parle est enfantin. Mais quand on est adulte, on tue l'enfant qui est en nous.
Qu'est-ce que la foi ? C'est de croire fermement ce que l'on ne comprend pas.
Dès que l'on parle de poux, tout le monde cherche à les attraper, si l'on craint soi-même d'en être un, comment faire ?
Un livre doit être un morceau de langage déchiré, un morceau que l'on arrache à la parole.
Curieux cette impossibilité de se détacher tout à fait des êtres que l'on a aimés, ce besoin de les retenir, de retarder désespérément le moment où ils ne seront plus rien pour nous.
Tant que l'on se réfère à une autorité, on ne sait rien.
Dès que l'on pénètre le bouddhisme, on sent s'éveiller en soi une sensation d'euphorie permanente comparable à celle que l'on ressent après avoir bu un vin délicat.
Repousser les limites de ce que l'on attend de vous est important pour moi.
L'on craint la vieillesse, que l'on n'est pas sûr de pouvoir atteindre.
Le bonheur est la seule chose que l'on puisse donner sans l'avoir soi-même.
Il n'y a rien de plus embarrassant que de regarder quelqu'un faire une chose que l'on prétendait impossible à faire.
La liberté n'est valable que tant que l'on a la force d'en faire usage.
Il y a tant de génies de nos jours que l'on peut vraiment se réjouir lorsque le ciel nous envoie un enfant qui n'en est pas un.
On dit toujours le lendemain ce que l'on a vu la nuit en rêve.
Souvent, l'amour ne vaut que par les interdictions qu'il comporte pour peu que l'on soit une âme simple.
Il y a deux éducations : la première que l'on reçoit au lycée, la seconde que l'on se donne à soi-même ; la première est indispensable, mais il n'y a que la seconde qui vaille.
Si bien doué que l'on soit, on ne fait rien de grand sans travail.
La femme ne voit jamais ce que l'on fait pour elle : elle ne voit que ce que l'on ne fait pas.
Le vice est un goût que l'on ne partage pas.
Chaque être humain joue un rôle important, parfois à son insu, mais jamais en vain. Ce n'est qu'après les rebondissements que l'on peut comprendre et saisir la portée de nos actions.
Vivre de ce que l'on pense et non de ce que pensent les autres de nous est la meilleure façon de vivre.
On ne devient un homme et on ne peut percevoir le vrai sens de notre existence que lorsque l'on a pris conscience que l'on n'était pas le centre de l'univers.
Les chats suivent le principe selon lequel on ne blesse personne à demander ce que l'on veut.
C'est une chose étrange que l'absence. Elle contient tout autant d'infini que la présence. J'ai appris cela dans l'attente, j'ai appris à aimer les heures creuses, les heures vides : c'est si beau d'attendre celle que l'on aime.
Il est des mystères que l'on peut à peine imaginer, et que l'on ne résoudra qu'en partie.
Le travail le plus fatigant n'est pas celui que l'on fait mais celui qui nous reste à faire.
Dans l'usage ordinaire, la première question que l'on fait sur une femme que l'on ne connaît point, c'est, est-elle belle ? La seconde, a-t-elle de l'esprit ? Il arrive rarement que l'on fasse une troisième question.
Une idée nouvelle est un coin que l'on ne peut faire entrer que par le gros bout.
Wagner : un beau coucher de soleil que l'on a pris pour une aurore...
Quand on n'a pas ce que l'on aime, il faut aimer ce que les autres n'ont pas voulu.
Le bonheur, c'est continuer à désirer ce que l'on possède.
La vie m'a appris que si on ne suit pas son intuition, que si notre intuition dit quelque chose que l'on refuse d'écouter, alors on part forcément dans la mauvaise direction.
Pendant que l'on écrit publiquement sur des péchés intimes, moi, j'ai entrepris d'écrire en cachette sur des péchés publics.
Ne dit-on pas que l'on aime davantage ce pour quoi on se bat ?
Ecrire, c'est rendre compte de quelque chose que l'on a vécu et qui mérite de sortir du cadre personnel. En ce sens, beaucoup d'écrivains d'aujourd'hui n'ont aucune légitimité. Ils devraient arrêter d'écrire.
L'Histoire fait irruption au sein de vies en apparence banales, dévoilant d'un coup le courage impavide d'hommes que l'on pouvait juger ordinaires.
La première découverte que l'on fait quand on voyage, c'est que l'on n'existe pas.
J'aime bien que l'on m'invente des mots d'esprit. Cela permet au mien de se reposer.
Est-ce vouloir dépasser ses propres forces que de vouloir être ce que l'on est ?
La jeunesse est une belle chose, une puissance considérable - aussi longtemps que l'on n'y pense pas.
Comme il est facile de pardonner le mal que l'on nous a fait quand nous l'avons oublié !
Comment peut-on croire à ce que l'on crée alors que la publicité donne aux personnages tellement plus de réalité qu'on ne pourrait le rêver ?
Je crois en définitive, que l'homme est un être si libre que l'on ne peut lui contester le droit d'être ce qu'il croit qu'il est.
C'est peut-être au dehors que l'on guette, mais c'est toujours au fond de soi que l'on attend.
Peut-être qu'en dormant on s'entraîne à mourir ? A moins que l'on ne dorme en mémoire des morts ?
Tant que l'on n'est pas prêt à affronter éventuellement la contrariété des autres, ce n'est jamais le moment pour s'affirmer...