On ne sait pas la jouissance que l'on a à multiplier les entreprises, à s'imaginer débordé de travail.
Dès que l'on commence à épier son corps, le vieillissement a commencé.
On a le visage que l'on mérite.
Seule la douleur qu'on ressent et qui nous affole explique parfois celle que l'on cause.
L'indifférence que l'on porte à l'autre est sans doute la pire des raisons de lui être fidèle.
On a tant besoin que l'on ait besoin de nous.
La légitimité du succès d' un restaurant, ça reste quand même quotidiennement ce que l' on sert dans l' assiette.
Les seuls regrets doivent naître des choses que l'on n'a pas pu accomplir.
Il ne faut pas lâcher le poisson que l'on a dans la main pour capturer celui qui nous chatouille l'oeil.
La tragédie, c'est lorsqu'on se coupe le doigt. La comédie, c'est quand on tombe dans une bouche d'égout ouverte et que l'on meurt.
Quand on court après ce que l'on n'a pas, on se brûle toujours.
L'arithmétique la plus difficile à maîtriser est celle qui nous permet de ne compter que sur ce que l'on a.
Les choses qui nous apportent le plus sont celles que l'on emporte sans préméditation.
L'Algérie est un pays subjugué par le mythe de la nation arabe, car c'est au nom de l'arabisation que l'on réprime le tamazight. En Algérie, comme dans le monde entier, on croit que l'arabe est la langue des Algériens.
Ce que tu serais fâché que l'on te fît, aie soin de ne jamais le faire à un autre.
Il y a des femmes tellement précoces que l'on est tenté de se demander si elles ont été jamais vierges.
On part, un jour, parce que l'on veut croire qu'un regard peut triompher des bornes de la pensée.
Que faut-il faire lorsqu'on a vraiment tout essayé et qu'on a échoué sur tout, mais que l'on sait avoir raison ? On essaie encore.
Dire que l'on pense vraiment que lorsqu'on n'arrive plus à concevoir ce que l'on pense !
Toutes les idées qui triomphent courent à leur perte, et les autres ne valent que par ce que l'on y aura mis soi-même de fièvre et d'espérance.
Quand on se met à parler de Dieu, ce n'est déjà plus de Dieu que l'on parle.
Pas plus sans doute que l'on aime ou que l'on souffre, il ne faut dire que l'on écrit.
En ce monde mortel, il n'est de grave que ce rapport tendre entre les hommes que l'on nomme Amour.
Il n'y a de défaites que celles que l'on a tout seul, devant sa glace, dans sa conscience.
Ne pas comprendre la langue du seul ami que l'on possède, ça fait peur.
En chaque enfant, on l'ignore trop, naît et se développe le projet intuitif d'être considéré comme une (grande) personne. Aussi attend-il qu'on est à son égard le comportement et le respect que l'on a vis-à-vis d'un adulte. Il a raison.
Rien ne flatte les gens davantage que l'intérêt que l'on prend ou semble prendre à leurs propos.
De la notion que l'on a de Dieu dépend de la manière de concevoir la destinée de l'homme.
On n'est pas payé pour ce qu'on vaut mais pour ce que l'on rapporte.
Il est plus facile que l'on croit de se haïr. La grâce est de s'oublier.
Le premier signe de ce que l'on devient religieux est qu'on devient joyeux.
C'est quand il se retrouve pensif que l'on doit observer le technocrate.
L'amour est un ennemi que l'on ne peut vaincre corps-à-corps, mais seulement par la fuite.
On peut croire que l'on aime, mais cela ne suffit pas pour réunir un homme et une femme. Ils doivent vivre leur amour pour qu'il existe vraiment, ils doivent le mériter.
L'univers peut se tromper. C'est à cela que l'on reconnaît l'erreur, elle est universelle.
C'est curieux, comme on lit bien dans les yeux de ceux que l'on aime pas ; les autres, les yeux de ceux qu'on aime, sont, au contraire, pleins de mystères.
Une religion lucide est un peu celle que l'on se fait et avant tout une question de sincérité envers soi-même.
La bonne volonté n'a rien à faire en littérature. Ce n'est jamais en s'imposant des contraintes ou des devoirs que l'on peut écrire.
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement.
On regarde en l'air et l'on ne voit pas ce que l'on a à ses pieds.
On oublie quelquefois le mal que l'on a souffert, jamais celui que l'on a fait.
Il est permis à tout le monde de se tromper. A la condition de ne pas savoir à l'avance que l'on se trompe. Et surtout à celle d'avoir le courage de refuser de se tromper.
L'instruction ce n'est pas tellement ce que l'on sait comme de se rappeler en temps opportun qu'il y en a d'autres qui savent.
On a beau être ministre, on ne peut oublier que l'on dépend du suffrage universel.
Je me méfie de tous les paradis que l'on ne porte pas d'abord en soi-même.
Après ne pas vivre avec ceux qu'on aime, le plus grand supplice est de vivre avec ceux que l'on n'aime pas. C'est-à-dire avec plus des trois quarts du genre humain.
J'étais une actrice muette, un corps. J'appartenais aux rêves, à ceux que l'on ne peut briser.
Amitié : Contrat de construction que l'on signe avec des rires et rompt avec des larmes.
Il nous reste, quoi qu'on fasse, la grande interrogation : sa propre mort, celle surtout de ceux que l'on aime.
La douleur est une chose que l'on n'a le droit d'infliger qu'à soi-même.