L'être est un mystère que l'on ne finit pas de creuser.
De tous les mots que l'on puisse écrire ou dire, les plus tristes sont : "ça aurait pu !"
Le bonheur est en nous, puisqu'en amitié comme en amour on jouit surtout de ce que l'on donne.
Plus on veut se souvenir du détail d'une image lointaine, plus le temps nous prouve que l'on a déjà oublié.
S'accepter tel que l'on est voilà une des sagesses à acquérir.
Une fois que l'on a commencé à voir, nous ne pouvons que chercher le courage de voir plus.
On ne s'accuse de la rage que pour faire croire que l'on sait mordre.
Quand on peut tout ce que l'on veut, il n'est pas aisé de ne vouloir que ce que l'on doit.
Tout comme l'avenir, ce n'est pas tout à la fois, mais grain par grain que l'on goûte le passé.
Le sexe représente une force trop immense pour que l'on en fasse bon marché ou mauvais usage.
La puissance est le signe que nous donne la vie pour nous prévenir que l'on est en train de vieillir.
L'amour à sens-unique n'a pas de sens. L'amour est fait de deux morceaux, de deux parties égales que l'on rassemble pour former un tout, une boule ronde, une pomme.
Réfléchir, c'est nier ce que l'on croit.
L'amour ne vaudra jamais mieux que le court temps que l'on passera à le faire.
La vie est une chose fabuleuse, étonnante, incroyable, créatrice, que l'on trivialise et banalise en la réduisant en des jeux de molécules.
Il est triste que l'on ne puisse voir les entrailles érudites des écrivains afin de découvrir ce qu'ils ont mangé.
Dommage qu'on ne sache pas toujours les sentiments qu'on inspire ; ou l'importance que prend pour les autres ce que l'on dit ou ce que l'on fait.
C'est dans les villes les plus peuplées que l'on peut trouver la plus grande solitude.
L'on projette toujours dans le héros ce qu'on est, ou ce que l'on aimerait être.
Si Dieu avait voulu que l'on prit la Vie sérieusement, il ne nous aurait pas donné le sens de l'humour.
L'amour : c'est une maladie qui rend mauvais. Dès que l'on aime vraiment quelqu'un, on ne peut s'empêcher de lui nuire, même et surtout si l'on veut le rendre heureux.
Lorsqu'il faut choisir entre liberté et érudition, qui ne dira que l'on doit mille fois préférer la première à la seconde ?
Que de gens que l'on croit heureux et qui sont au désespoir.
Egoïsme de prétendre vivre pour les autres : nul n'a besoin que l'on vive pour lui.
L'amour est un risque terrible car ce n'est pas seulement soi que l'on engage.
Ce qui est, presque toujours, est fort peu de choses, toutes les fois que l'on ne pense pas que ce qui est produit ce qui sera.
Nous avons tous des secrets que nous gardons cachés aux yeux du monde. Des amitiés que l'on prétend ; des relations que l'on cache ; mais les plus dangereux secrets qu'une personne puisse déterrer sont ceux qu'on garde en nous.
Un voyage prouve moins de désir du pays où l'on va que d'ennui du pays que l'on quitte.
Avoir assez d'empire sur soi-même pour juger des autres par comparaison avec nous, et agir envers eux, comme nous voudrions que l'on agît envers nous-mêmes, c'est ce qu'on peut appeler la doctrine de l'humanité ; il n'y a rien au-delà.
Il y a un amour que l'on appelle vénal pour laisser croire que l'autre ne se vend pas.
Sexcuse : motif que l'on invoque pour se dérober à une invitation érotique trop pressante.
Il n'est au monde rien de plus rare qu'une personne que l'on peut supporter tous les jours.
Le sex-appeal est une chose que l'on ressent à l'intérieur de soi. Je peux en dégager autant toute habillée, en ramassant des pommes ou debout sous la pluie.
La solitude que l'on éprouve en écrivant est assez terrifiante. C'est parfois proche de la folie, on disparaît et on perd le sens de la réalité.
La mauvaise lecture est celle que l'on se reproche secrètement de faire.
C'est en donnant de la gaieté au drame que l'on peut supporter le désespoir.
Le déchet le plus facile à éliminer est celui que l'on n'a pas produit.
La folie est souvent la logique d'un esprit juste que l'on opprime.
Solitude. C'est le prix que l'on paie à se différencier des autres.
Tout effort que l'on fait dessert la pratique, car il fait des vagues dans notre esprit. D'autre part, il est impossible d'atteindre le calme absolu de l'esprit. Il faut donc faire un effort, mais il faut s'oublier dans cet effort.
Le chat est un domestique infidèle que l'on ne garde que par nécessité.
On ne respecte que les femmes que l'on ne désire pas.
Le plaisir de trouver vaut mieux que ce que l'on trouve.
On admire les choses que l'on ne comprend pas.
Il faut comprendre que le pessimisme ou l'optimisme n'ont rien à voir avec la réalité. Ils sont fonction de la représentation que l'on se fait du réel.
Les seules choses qui sont impossibles à finir sont celles que l'on ne commence pas.
L'indépendance est un droit que l'on acquiert difficilement.
Si on veut remonter à l'origine de l'intuition que l'on a des nombres, il faut revenir à l'intuition que l'on a du temps.
De tous les mots, les plus douloureux sont ceux que l'on s'est infligés soi-même.
La vie ne vaut que par le bonheur que l'on donne, ou le malheur que l'on empêche.