Ecrire est difficile, parce qu'on est toujours dépassé par son livre.
Tout comme l'avenir, ce n'est pas tout à la fois, mais grain par grain que l'on goûte le passé.
Une centaine de citadins ne peuvent dénouer le noeud fait par un paysan.
Le plaisir est un don de la nature sans cesse renouvelé, toujours délicieux s'il ne nous est pas gâché par la culpabilité, inoculée en nous par l'éducation, par les prêtres, les moralistes et les politiques, pour des raisons évidentes: l'homme [...] ► Lire la suite
Rengaine ton épée : tous ceux qui useront de l'épée, périront par l'épée.
Les vivants sont toujours de plus en plus dominés par les morts.
Appelons poésie une création par l'image et le rêve.
La plus belle théorie n'a de prix que par les oeuvres où elle s'accomplit.
Nous vivons la mort par intermittence et la vie comme un contrat que nous n'avons pas signé.
Le plaisir de penser, chose occultée par les contraintes du savoir obligatoire.
Tu devrais sauter par la fenêtre pour m'éviter l'ennui de te tuer.
Au cours des vingt-cinq dernières années, le partage de tout ce qui a été produit par les Français s'est modifié de la façon la plus brutale qui soit. Dix points de la richesse totale produite sont passés de la poche [...] ► Lire la suite
Nos enfants : c'est notre amour qui a pris des jambes et des bras... pour aller de par le monde.
Pauvres gens ceux qui n'ont pas de patience ! Quelle blessure s'est jamais guérie autrement que par degrés ?
Il est plus facile d'être amant que mari, par la raison qu'il est plus difficile d'avoir de l'esprit tous les jours que de dire de jolies choses de temps en temps.
On se réconcilie dans son coeur avec un esprit supérieur au sien par le biais d'une divergence d'opinion.
La politique ne réussit que par la duplicité.
L'histoire de la lutte des races fait apparaître que la lumière - ce fameux éblouissement du pouvoir - n'est pas quelque chose qui pétrifie, solidifie, immobilise le corps social tout entier, et par conséquent le maintient dans l'ordre, mais est, [...] ► Lire la suite
Pour croire avec certitude, nous devons commencer par douter.
La femme commence par résister aux avances d'un homme et finit par bloquer sa retraite.
Il faut toujours faire passer son propre intérêt par celui des autres si on veut pouvoir compter sur eux.
Par le thé, l'Orient pénètre dans les salons bourgeois ; par le café, il pénètre dans les cerveaux.
La peinture peut être traduite, comme la musique, comme les objets, comme tout ce qui n'appartient pas au langage. Mais traduite par équivalences, par des mots, des rythmes, des sonorités.
Ce qui gâche un peu la littérature contemporaine, c'est le désir de dépayser le lecteur par des choses bizarres, inattendues. L'aventure est partout.
Les souvenirs sont façonnés par l'oubli comme les contours du rivage sur la mer.
On dit communément qu'on s'attache par ses bienfaits. C'est une bonté de la nature. Il est juste que la récompense de bien faire soit d'aimer.
La fonction essentielle d'une bibliothèque est de favoriser la découverte de livres dont le lecteur ne soupçonnait par l'existence et qui s'avèrent d'une importance capitale pour lui.
Par trop de précipitation, on a souvent à rougir de sa folie.
Par le mythe vulgaire du bonheur, on peut faire des hommes à peu près ce que l'on veut, et tout ce que l'on veut des femmes.
Le livre n'est pas. La lecture le crée, à travers des mots créés, comme le monde est lecture recommencée du monde par l'homme.
Les êtres humains, qui sont remarquables de par leur capacité à tirer des leçons de l'expérience des autres, sont également remarquables pour leur inclination à ne pas le faire.
Qui n'a été terrifié par cette idée qu'il allait un jour oublier sa vie ?
A quoi bon essayer de tuer le temps ? Il finit toujours par se venger.
Les socialistes disent : laissez faire ! Mais c'est une horreur ! - Et pourquoi, s'il vous plaît ? - Parce que, quand on les laisse faire, les hommes font mal et agissent contre leurs intérêts. Il est bon que [...] ► Lire la suite
Pour atteindre le succès, il a toujours été nécessaire de passer par la voie du sacrifice.
Une femme qui est enceinte, par exemple, elle est aware qu'elle attend un enfant...
Un mode de vie minimal a toujours procuré une sentiment de libération, la possibilité de se trouver en contact avec l'essence de l'existence plutôt que distrait par l'insignifiant.
Le retour à la bestialité est possible dans une société comme la nôtre. En raison de la désorganisation des mentalités, des crises d'hystéries généralisées, tout cela aggravé par les crises économiques.
Le premier acte par lequel l'État se constituera réellement le représentant de toute la société, - la prise de possession des moyens de production au nom de la société, - sera en même temps son dernier acte en tant qu'État. [...] ► Lire la suite
Je suis d'un tempérament optimiste et l'admiration m'a beaucoup porté. J'ai surtout admiré les écrivains : Yourcenar, Gracq, Aragon par-dessus tout.
La dignité passe par le sentiment qu'on a de son utilité.
Qu'il est décevant de suivre une femme dans la rue, fasciné par sa démarche, de l'aborder et de constater que son visage est tellement moins expressif que son cul.
Il nous faut naître deux fois pour vivre un peu, ne serait-ce qu'un peu. Il nous faut naître par la chair et ensuite par l'âme. Les deux naissances sont comme un arrachement. La première jette le corps dans ce monde, la seconde balance l'âme jusqu'au ciel
Chacun d'entre nous est une petite note fugitive noyée dans l'ensemble, mais essentielle par elle-même pour en compléter la beauté et la permanence.
L'humilité chrétienne est prêchée par le clergé et pratiquée par les ouailles.
Le pouvoir doit se définir par la possibilité d'en abuser.
Pour une femme tout événement, même un deuil, se termine par un essayage.
Triste mot : touristes. Les étrangers, séparés de la vie du pays par la couche atmosphérique qu'ils transportent avec eux : habitudes, intérêts, bavardages de leur ville, jargon de leur secte.
Le christianisme est une circoncision pratiquée par l'Esprit sur le corps du judaïsme.
Toutes les dévotes se dédommagent des péchés qu'elles ne font pas par le plaisir de savoir les péchés des autres ; c'est toujours autant de pris...