Ecrire c'est ébranler le sens du monde, y disposer une interrogation indirecte, à laquelle l'écrivain, par un dernier suspens, s'abstient de répondre. La réponse, c'est chacun de nous qui la donne, y apportant son histoire, son langage, sa liberté.
Quand on tient un livre à l'envers, c'est mieux de commencer par la fin.
Nous sommes d'avis qu'au lieu de laisser moisir les livres derrière une grille de fer, loin des regards vulgaires, il vaut mieux les laisser s'user par la lecture.
Une réputation de mille ans peut être déterminée par la conduite d'une seule heure
Dire qu'on aime, n'est-ce pas vouloir soumettre l'autre, en même temps que soi-même ? Un forme d'esclavage, somme toute, entretenue par les mots ?
La contemplation serait l'action à sa limite, l'apothéose de l'action. L'action par excellence. Tout le reste n'est qu'acheminement.
Ne flattez pas le culte d'adjectifs tels que indescriptible, rutilant, incomparable, qui mentent sans vergogne aux substantifs qu'ils défigurent : ils sont poursuivis par la lubricité.
L'homme n'est qu'un jouet inventé par Dieu.
L'esprit de la révolution sera trahi par l'esprit militaire.
L'horticulture, c'est simple : on l'apprend en cent leçons - une leçon par an.
Il y a des choses plus importantes que soi-même. Par exemple la patrie.
Imaginez que vous vous retrouvez comme par enchantement dans le... Delaware : « salut je suis dans le Delaware ».
Média nomade par excellence, émancipée de toute contrainte spatiale, la radio bouge, la radio n'est que mouvement. Sa seule voie, la voix.
Ce que le peuple ne croit pas mardi, il finit par le croire vendredi ; il suffit de le vouloir assez longtemps.
L'homme est comme une horloge. Il se remonte par la nourriture deux ou trois fois par jour.
Est-ce qu'on finit un jour par oublier, par ne plus souffrir ? - Rien ne s'efface jamais entièrement. Ce sont les impressions qui s'estompent.
Le sentiment d'amour nous abuse tous par une illusion de connaissance.
Aucun progrès ne peut être acquis par une société sans passer la souffrance, et c'est là le matérialiste est désarmé.
Nous nous attachons quelquefois plus à une femme par les infidélités que nous lui faisons que par la fidélité qu'elle nous garde.
Les plaisirs de la jeunesse reproduits par la mémoire sont des ruines vues au flambeau.
Les explications font dépenser du temps et du papier, retardent l'action et finissent par ennuyer. Le mieux, c'est de lire attentivement.
L'homme est emprisonné par sa conscience.
L'eau que vous buvez a été pissée six fois par un diplodocus.
Certains voyageurs sont happés par leurs objectifs, comme le fer est attiré par l'aimant. D'autres sont poussés par une force invisible, comme la corde propulse la flèche.
Un homme qui meurt par noyade revit en un éclair toute sa vie passée, alors qu'il ferait mieux de nager.
Les sens abusent souvent la raison par de fausses apparences.
Jésus fut vendu pour trente deniers, Aujourd'hui Judas par les foules est adulé.
Les libres penseurs qui se convertissent me font l'effet de ces hommes chastes qui méprisent la femme jusqu'à ce qu'ils se fassent engluer par la première vieille peau venue.
On utilise le pouvoir en le tenant avec légèreté. Si on le serre trop fort, on est pris par lui, on en devient la victime.
Tout art s'apprend par art, la seule poésie est un pur don céleste.
Le savoir ne réside pas seulement dans les livres, les laboratoires, les fiches, mais dans et par l'amitié, celle des hommes, celles des bêtes et des étoiles.
Tout est plus facile à dire dans une cuisine, tout y est nuancé par cette intention du partage, un appétit fait de la sève même des choses.
On peut commencer n'importe où, même par le commencement.
- C'est calme par ici. En prison, il y avait toujours du bruit, tu sais ? Quelqu'un qui criait, les gardes qui faisaient l'appel. Je m'y étais habitué... - Tu as raison. On devrait y retourner.
L'art s'enrichit par le style et s'appauvrit par la tradition.
Deux hommes qui ne se connaissent pas sont capables, par amour-propre, de passer l'un à côté de l'autre, dans un désert, sans se saluer.
J'aimerai croire qu'il suffit d'un regard pour savoir qu'on s'aime encore, qu'on s'est trop aimés pour ne plus s'aimer. Tout passe avec le temps, tout. Mais ce qu'il reste, ce qui perdure par un grand mystère... C'est la vie, oui, la vie.
Un amour peut être guéri par un autre amour, comme un poison est souvent chassé par un autre poison.
Pensez faux, s'il vous plaît, mais surtout pensez par vous-même.
La parole est comme un fil, il ne faut pas la couper par des propos sans intérêt.
- En plus il s'est pris une balle ! - Il s'est fait tirer dessus ?! - Non... Y'a une balle qui passait par là...
Le jaloux croit témoigner, par ses larmes et ses cris, de la grandeur de son amour. Il ne fait qu'exprimer cette préférence archaïque que chacun a pour soi-même.
Cyber-espace : Une hallucination consensuelle vécue chaque jour par des dizaines de millions de participants volontaires répartis sur toute la planète.
Notre raison nous rend quelquefois aussi malheureux que nos passions ; et on peut dire de l'homme, quand il est dans ce cas, que c'est un malade empoisonné par son médecin.
La vérité n'accepte pas d'être arrêtée par une quelconque frontière.
Les nuages frôlent,Falaises et crêtes,Courtisent les vallées,Tracent sur plan d'azur,De brèves et blanches écritures,Détissées par le temps.
Tout le monde peut s'élever au-dessus de sa situation et réussir s'il est dévoué et passionné par ce qu'il fait.
La vie n'est possible que par les déficiences de notre imagination et de notre mémoire.
La parole, les mots, la langue sont fixés par une convention et un accord humains.
Le besoin d'entendre affirmer par d'autres tout le bien qu'on pense de soi trahit le faible crédit qu'on accorde à sa propre opinion.