Nous ne sommes hommes et nous ne tenons les uns aux autres que par nos paroles.
Le meilleur de nos convictions ne peut se traduire par des paroles. Le langage n'est pas apte à tout.
Celui qui, par hasard, a une honnête femme vit heureux avec un fléau.
Ce qui cesse de servir finit par être nuisible.
Chaque 1er août, j'attelle la caravane à la voiture, et on va la promener. Il ne faut pas trop se plaindre. Un chien, par exemple, ça se sort tous les jours.
Etant donné que nous vivons dans un monde corrompu par l'argent, ce qui est gratuit est bon à prendre.
Dieu n'est qu'une grande volonté pénétrant toutes choses par l'intensité qui lui est propre.
Alors que certains ne pensent qu'à faire fructifier leurs rares idées, d'autres plus généreux, distribuent les leurs par poignées.
Nous devons réparer nos âmes. Nos âmes sont brisées dans cette nation. Nous avons perdu notre chemin. Et cela commence par l'inspiration. Cela commence par le leadership.
Les dégâts que j'ai causés dans cette délicate profession [ndlr, apprenti boulanger] éclipsent ceux provoqués par les inondations de 1910.
J'essaie d'changer, d'm'adapter, mais j'suis habité par la quatorzième lettre de l'alphabet.
Il est plus laborieux de conduire les hommes par la persuasion que par le fer.
A frotter, jour après jour, les barreaux de sa cage pour la rendre plus attrayante et à s'y cogner le nez le reste du temps, l'oiseau finit-il par en oublier sa chanson...
Les plus grands jeux inventés par l'homme simulent la vie et la mort à s'y méprendre.
Ce qui reste finit par nous rendre ce qu'on a perdu.
A force de bouffer des conservateurs, on finira par plus pourrir dans le cercueil.
Il y a des gens qui ne vivent jamais ça, qui restent fermés jusqu'à la mort, par peur du changement.
L'entreprise est élue tous les jours par ses clients.
Il est plus aisé qu'un chameau passe par le trou d'une aiguille qu'il ne l'est qu'un riche entre dans le royaume des cieux.
A force d'aimer un livre on finit par se dire qu'il vous aime.
Si vous ne pouvez exceller par le talent, triomphez par l'effort.
Le ciel était clair - remarquablement clair - et le scintillement de toutes les étoiles semblait n'être que le battement d'un corps, chronométré par une pulsation commune.
On comprendra alors le double sens du terme « camp d'extermination » et ce que nous entendons par l'expression « toucher le fond ».
Un écrivain qui ne serait pas intoxiqué par le monde qu'il décrit aurait-il le moindre intérêt ?
L'homme, dans sa maison, n'habite pas l'escalier, mais il s'en sert pour monter et pénétrer partout ; ainsi l'esprit humain ne séjourne pas dans les nombres, mais il arrive par eux à la science et à tous les arts.
J'essaie d'apprendre le plus possible car je ne sais rien par rapport à ce que j'ai besoin de savoir.
Je suis enquêteur par penchant. Je ressens une grande soif de connaissance.
Une fois par mois, le ciel tombe sur ma tête, j'arrive et je vois un autre film que je veux faire.
Il me semblerait d'utilité publique qu'on engage un corps de lecteurs, payés par la Sécurité sociale, au chevet des convalescents.
Si un écrivain est couronné, encensé, il considère que c'est la juste contrepartie de son talent, s'il est ignoré de la critique, dédaigné par le public, il en tient l'attachée de presse pour principale responsable.
C'est par notre amour-propre que l'amour nous séduit ; hé ! Comment résister à un sentiment qui embellit à nos yeux ce que nous avons, nous rend ce que nous avons perdu et nous donne ce que nous n'avons pas ?
Je trouve la beauté dans les choses inhabituelles, comme pendre la tête par la fenêtre ou s'asseoir sur une issue de secours.
La véritable science enseigne, par-dessus tout, à douter et à être ignorant.
Une démonstration grandiose de la misérable subjectivité de l'homme qui lui fait tout rapporter à lui-même est offerte par l'astrologie qui met en rapport la trajectoire des grands corps célestes et le misérable moi.
La pauvreté est difficile à vivre ; mais neuf fois sur dix la meilleure chose qui puisse arriver à un jeune homme est d'être jeté par-dessus bord et contraint à nager ou couler.
Ecrire, c'est comme être amoureux, on est nouveau, libre - et porté par un désir formidable.
C'est à travers les relations avec autrui, et par leur intermédiaire, qu'on prend conscience de son propre vieillissement ; soi-même, on a toujours tendance à se voir sous les espèces de l'éternité.
Les aliénés sont toujours reconnus par les psychiatres au fait qu'après l'internement, ils montrent un comportement agité.
Une plante ne croît pas par soubresauts et par à-coups, elle croît progressivement. Ta croissance spirituelle devrait faire de même et, s'il n'en est pas ainsi, changes-y quelque chose.
Les offrandes les plus précieuses de l'amour le plus pur ne sont pas faites par simple générosité : un peu d'intérêt personnel s'y mêle toujours.
Par définition, une émotion ne se maîtrise pas. C'est pour ça qu'elles nous transportent.
On se forme par l'esprit et les sentiments par les conversations.
Il y a des gens qui fuient la jalousie par paresse, d'autres qui l'écartent par orgueil.
Le monde fleurit par ceux qui cèdent à la tentation.
L'écrivain de par la nature de sa profession est un rêveur et un rêveur conscient. Il doit imaginer, et l'imagination nécessite de l'humilité, de l'amour et un grand courage.
Les empires ne périssent pas sous les coups de leurs ennemis mais par leur propre épuisement et par la démission des forces qui les soutiennent. Il en va de même de nos amours et de notre vie.
Les êtres cachés et fuyants oublient de fuir quand le poète les appelle par leur vrai nom.
Depuis cinquante ans on nous emmerde avec l'identité, c'est l'expression à la mode. On dirait qu'on a été pris en otages par une bande de psychologues, de psychiatres ou de psychopathes. Quel que soit ce que vous faites, c'est une question d'identité.
C'est par le malheur qu'on apprend le plus.
Quand celui qui jeûne boit ou mange par mégarde, qu'il poursuive son jeûne. C'est Dieu qui l'a nourri et qui lui a donné à boire.