La simplicité que je recherche est tout à côté de la complication et cette frontière est si mince, si fragile.
L'horreur d'un accident qu'on découvre sur sa route provient de ce qu'il est de la vitesse immobile, un cri changé en silence (et non pas du silence après un cri).
La plus grande charité envers les morts, c'est de ne pas les tuer une seconde fois en leur prêtant de sublimes attitudes. La plus grande charité, c'est de les rapprocher de nous, de leur faire perdre la pose.
Les femmes pardonnent tout... sinon la race humaine serait éteinte depuis longtemps.
La mort, gendarme féroce, est inflexible dans ses arrêts.
Pour un acteur, la caméra est l'oeil du public.
Certains grands auteurs ont de la chance : ils se sont toujours sentis forcés d'écrire.
On sait qu'il faut écrire simplement ; mais on ne pense pas des choses assez solides pour soutenir la simplicité.
On s'habitue à une présence, à la présence d'un être qui vit là depuis longtemps mais dont on ne se lasse point, car pour l'essentiel, c'est bête à dire, il vit ailleurs.
La volupté est la plus courte forme de l'oubli.
La guerre, c'est quand les jeunes rêvent de devenir grands-pères.
Au matin d'une nuit partagée en amoureux, la couleur du jour s'appelle souvent bonheur. C'est une couleur très rare, mais qu'il est possible de reconnaître dans l'éclat des yeux de l'un ou de l'autre.
J'ai d'abord aimé, comme tout le monde, l'effet de la lègère ivresse, puis très bientôt j'ai aimé ce qui est au-delà de la violente ivresse, quand on a franchi ce stade : une paix magnifique et terrible, le vrai goût du passage du temps.
On appelle cette mise en question de ma spontanéité par la présence d'Autrui, éthique. L'étrangeté d'Autrui - son irréductibilité à Moi - à mes pensées et à mes possessions, s'accomplit précisément comme une mise en question de ma spontanéité, comme éthique.
Je suis pour la liberté.La liberté, par nature est libre.
Le succès est la capacité de continuer à traverser un désastre total.
Les vacances de la légalité.
Mais quel, quel est ce paysOù frappe la nuitLa loi du plus fort ?Diego, libre dans sa têteDerrière sa fenêtreS'endort peut-être...
Être un meilleur humain, c'est ça la révolution, vouloir être meilleur, chercher sa profondeur. Quel boulot enthousiasmant. Âpre, de chaque instant.
Ce qui fait un artiste, c'est l'endurance, la volonté de persévérer, en dépit du doute, des désaveux.
La bonté n'a pas besoin de béquilles pour avancer.
Vivre la modernité et lui résister. La construire et non pas simplement la consommer.
Ne plonge pas avec la colère.
La descente dans l'Hadès est à peu près la même quel que soit l'endroit où nous commençons.
Je suis seule dans la vie. Personne ne m'empoisonne le quotidien.
Personne ne connaît vraiment une nation tant qu'il n'a pas été à l'intérieur de ses prisons. Une nation ne devrait pas être jugée sur la façon dont elle traite ses citoyens les plus élevés mais ses plus bas.
Ainsi vous pouvez comprendre que l'amour seul est la vraie semence de tous les mérites en vous, et de tous les actes pour lesquels vous devez expier.
Les hommes sont comme des taureaux. Ils ne résistent pas à la semelle rouge.
L'antagonisme réside dans le rapport entre l'éthique de l'artiste et celle celle de la société, pas entre l'esthétique et la moralité.
Je n'ai jamais rencontré une personne vraiment créative qui était heureuse et satisfaite de la vie.
Je suppose que nous devons remercier la presse de nous avoir poussés à voir quelque chose que nous n'avons pas vu !
Je fais un coup de chapeau à tous les parlementaires qui ont voté pour cette transformation de la SNCF.
La vie vous balaie. Certaines personnes résistent beaucoup. Je n'ai probablement pas beaucoup résisté.
Au début de l'année, on m'a tellement emmerdé que je me promenais avec ma feuille d'impôts dans la poche ! Et je la sortais : "Regardez ce que j'ai payé !"
Le Québec est une méritocratie, la France reste une aristocratie.
Les hommes doivent s'entendre que les vrais hommes ne violent pas ou n'oppriment pas les femmes, et que la place d'une femme n'est pas seulement à la maison, mais dans les écoles, les bureaux et les salles de réunion.
Ma mère était fondamentalement démocrate, mais elle n'en faisait pas état (...). Mon père avait été élevé dans la plus pure foi républicaine conservatrice, et il en était fier.
Les hommes ne se donnent licence que pour le mal. C'est la seule passion à laquelle ils ne mettent point de limites.
La vie n'est qu'un verbe. Encore convient-il de le conjuguer opportunément.
A Paris, quand on croise une femme dans la rue et qu'on la regarde, on commet presque une infidélité. Regarder une Française et être vu par elle, on dirait qu'on ébauche un roman d'amour !
La force ? Ne jamais s'en départir, ne jamais s'en servir !
L'idéologie n'est à craindre que lorsqu'elle s'appuie sur la haine.
C'est la politique de Satan de plaider en faveur d'une tolérance infinie et sans bornes.
Le sexe et la mort - la porte de devant et la porte de derrière du monde.
Tout ce qui touche à la guerre est une gifle au bon sens.
La littérature, je l'ai, lentement, voulu montrer, c'est l'enfance enfin retrouvée.
Nous naissons dans l'esclavage. Et de là, si nous avons suffisamment la grâce, si nous sommes assez fous ou assez courageux, nous nous libérons.
Chaque début d'écriture est un retour à la case départ. Et la case départ, c'est un endroit où l'on se sent très seul. Un endroit où aucun de vos accomplissements passés ne compte.
Les délais qu'accorde la nécessité ne servent jamais qu'à la rendre plus impérieuse.
La mort, c'est la fin d'un monologue.