Les personnes qui ne connaissent pas encore ma grand-mère sont priées de se dépêcher. On ferme le cercueil à 14 heures.
On regarde en l'air et l'on ne voit pas ce que l'on a à ses pieds.
La politique m'apparaît comme une sinistre rigolade.
Le sublime et le ridicule sont si proches qu'on ne saurait les séparer.
Mieux vaut élever son esprit que des chats siamois.
Nous sommes des aveugles-nés en face de l'insondable inconnu qui nous enveloppe ; mille et mille questions surgissent sans réponse possible.
J'espère qu'un jour on jugera de ce que je fus par ce que j'ai su souffrir.
Les superstitieux sont dans la société ce que les poltrons sont dans une armée : ils ont, et donnent des terreurs paniques.
On déjoue beaucoup de choses en feignant de ne pas les voir.
Quand vous êtes à l'étranger, vous êtes un homme d'état ; quand vous êtes dans votre propre pays, vous n'êtes qu'un homme politique.
L'administration, c'est mesquin, petit, tracassier. Le gouvernement, c'est pénible, difficile, délicat. La guerre, voyez-vous, c'est horrible, mais la paix, la paix, il faut bien le dire, c'est assommant.
Le malheur a un bord et un fond. On attend que nous soyons au fond pour nous demander comment nous sommes arrivés au bord.
Logique : un bon outil qu'on nous vend presque toujours sans la manière de s'en servir.
On ne doit jamais demandé à un homme d'être ce qu'il n'est pas, ni de n'être que ce qu'il est.
Les Anglais sont le seul peuple qui ait trouvé le moyen de limiter la puissance d'un homme dont la figure est sur un écu.
Tout livre a pour collaborateur son lecteur.
Si Dieu est retenu ailleurs, ou s'il n'est que médiocrement intéressé par le déroulement de l'insignifiante aventure humaine, pourquoi nous acharner à arracher le masque consolateur dont il couvre pour nous le visage de son éternelle absence ?
En se taisant, le sot est sage et le sage est sot.
La femme la plus vertueuse a en elle quelque chose qui n'est pas chaste.
On apprend plus d'un bon savant en fureur que de vingt tâcherons lucides et laborieux.
Il ne sait rien celui qui sait également tout.
Toute époque a toujours été la pire. Et s'il y en a qui furent vraiment pires, c'est elles qui enfantèrent les plus grandes choses.
Le style n'est que le mouvement de l'âme.
Toute oeuvre humaine, tout acte humain, et même parfois les plus élémentaires, exigent et supposent un avenir.
L'esprit occupe à chaque instant tout l'espace dont il dispose.
Une nation ne se fait connaître de l'étranger que par ses mauvais côtés.
Il n'y a pas de mathématiques modernes. Ces deux mots anodins font pourtant régner la terreur dans des millions de foyers où les parents, angoissés, "sèchent" sur des problèmes donnés à leurs fils en quatrième.
Il faut que la contraception ait ses règles.
Nous n'avons point à louer ni à honorer nos chefs, nous avons à leur obéir à l'heure de l'obéissance, et à les contrôler à l'heure du contrôle.
Le désir est le diesel du coeur.
La forme seule conserve les oeuvres de l'esprit.
L'impatience - en n'importe quoi - est toujours signe de faiblesse.
Quand les combles sont en feu, il ne sert plus à rien de prier ou de récurer le plancher. Il est néanmoins plus pratique de prier.
Le philosophe doit regarder la vieillesse comme un préjugé.
Sans l'amour, qu'est-ce que la vie ? C'est un dîner sans cure-dents.
La littérature est une drogue dure.
On ne pourrait trouver mieux qu'un travail physique harassant comme dérivatif à un souci personnel. C'est un excellent antidote au repliement sur soi.
Tôt ou tard arrive ce jour où il nous faut maudire la résignation, car la résignation est un des nombreux noms d'emprunt du péché.
Quand l'esprit ne résiste plus, qu'il ne fuit ni ne blâme ce qui est, mais se contente d'être conscient avec passivité, il s'aperçoit que, dans cette passivité même, vient une transformation.
L'idée vous vient-elle de vous séparer d'un livre, qu'il vous fiche mauvaise conscience !
La parole, c'est comme un festin et quand un festin est servi, chacun doit y prendre sa part.
Il est vital pour le poète de lever des échos, et de le savoir. Nul mieux que lui ne s'accorde aux solitudes ; mais aussi, nul n'a plus besoin que sa terre soit visitée.
L'expérience n'existe pas au cinéma. On est débutant à chaque fois.
L'oeuvre, c'est le spectacle, la rencontre avec le public. Elle sert à découvrir le monde concret, à jouer avec la réalité.
Honneur au slogan, véritable fumier qui fait pousser le désir et transforme les hommes tranquilles en clients passionnés.
Il y a du charlatan dans quiconque triomphe en quelque domaine que ce soit.
Acheter un costume neuf, c'est déjà voyager à l'étranger.
Bleue, bleue, notre enfance Fut un paradis : On s'en aperçoit bien trop tard aujourd'hui.
La célébrité à vingt ans : un accident qui laisse infirme pour la vie.
Ce qu'on cherche à comprendre, souvent, on le tue, car, comme chez l'apprenti médecin, il n'y a pas de véritable connaissance sans dissection.