Il ne faut pas le bruit d'un canon pour empêcher ses pensées. Il ne faut que le bruit d'une girouette ou d'une poulie.
C'est l'heure où le long crocodile Languissamment s'étire et baille Et fait glisser les eaux du Nil Sur l'armure de ses écailles L'eau du Nil... l'eau du Nil... Il ouvre gaiement sa gueule mutine Et sort une griffe ainsi qu'un gros chat Avale trois poissons qui passaient par là Et va digérer sur l'onde paline.
Le jour où la femme aura tous les droits, elle perdra tous ses privilèges.
La fille que j'épouserai aura un coeur si sage qu'au creux de ses yeux mon coeur voudra s'attarder. La fille qui sera à moi aura la peau si douce et tendre, et quand viendra le mois de décembre, sa peau sera mon vin.
D'une femme généreuse, la gloire de ses amis l'illumine.
La sagesse a ses excès et n'a pas moins besoin de modération que la folie.
Barbare ou civilisé, l'homme n'a jamais su ni façonner le monde à la mesure de son coeur, ni façonner ce coeur à la mesure de ses désirs.
Si l'homme calculait son existence par le bonheur et comptait ses heures de joie pour des années de vie, dites ! Compterait-il jusqu'à soixante ?
On peut toujours compter sur l'amitié, alors qu'il faut être sur ses gardes en amour.
Il est bien malaisé de régler ses désirs.
Quand on est enfant, on n'a pas de mains, on a des menottes, alors on est très attaché à ses parents.
Mais le sommeil se fait indifférence. Ses lumières, ses ombres : plus rien qu'une Vague qui se rabat sur le désir.
Dans ses autres histoires, elle a toujours su qui aimait et qui était aimé. Elle s'arrangeait pour appartenir à la deuxième catégorie. Position moins excitante, mais plus rentable.
Quand on est tout seul il faut faire attention à ses pensées, quand on est en groupe il faut faire attention à ses paroles.
Il est tellement actif qu'il tient pour temps perdu ses nuits sans rêves.
Face aux pratiques sociales la science montre ses limites et laisse seul au citoyen le pouvoir de choisir son destin.
On a souvent plus de peine à persuader ses inférieurs qu'à convaincre ses supérieurs. Il est vrai qu'on s'y donne moins de mal.
Le zèbre est ainsi dénommé, non pas à cause de sa rapidité mais à raison de ses zébrures.
Avec un peu d'intelligence et de perspicacité, on peut n'avoir jamais de meilleurs conseillers que ses ennemis.
Nulle solitude n'est plus grande que celle, peuplée hier, qui s'offre aujourd'hui vidée de ses présences.
Cette manière d'élever le journalisme à la hauteur d'un spectacle permet à ses promoteurs de laisser croire qu'ils ont du talent.
Le poète épouse la nature, et la nature lui offre ses fruits, qu'il met en mots.
Qui est habile de ses mains ne meurt jamais de faim.
Putain : personne publique qui racole, fait des promesses, monnaie ses avantages, se fait payer d'avance et vous baise. Député : idem.
La facilité n'explique pas tout ; et le vice a ses sentiers aussi ardus que ceux de la vertu.
Le monde change, bien sûr, mais un de ses traits ne varie pas: tant qu'il y aura des hommes, ils aspireront à autre chose.
Tout art a ses racines dans le primitif ou alors il devient décadent.
Quand on débarque dans la vie active, on se trimbale avec les bagages de ses parents. Et puis, on lâche les valises de son passé pour faire les siennes.
La politique est comme le sphinx de la fable : elle dévore tous ceux qui n'expliquent pas ses énigmes.
Les lettres qu'on écrit à ses amis puis qu'on décide, à la réflexion, de ne pas poster, sont peut-être plus intéressantes que celles qu'on envoie.
Fêtes nationales ?... Fêtes religieuses ?... Le peuple n'est pas toujours tellement regardant, quant à l'origine de ses joies. Pourvu qu'il s'amuse, il n'en demande pas davantage.
Personne n'est propriétaire du bonheur, on a parfois la chance d'avoir un bail, et d'en être locataire. Il faut être très régulier sur le paiement de ses loyers, on se fait exproprier très vite.
Le dévouement a cela d'affreux dans ses suites, qu'il ne sert ordinairement ni à celui qui l'a offert, ni à celui qui l'a reçu.
Aussi longtemps que l'homme réclamera le Moi et le Mien, ses oeuvres seront comme zéro.
Le Petit Chose s'arrachant aux étreintes de ses amis franchit bravement la passerelle.
La photo remplace la mémoire. Quand quelqu'un meurt, après un certain temps, vous ne pouvez plus le visualiser, vous ne vous en souvenez qu'à travers ses photos.
Nul n'est puni à cause de ses pensées.
Il faut douter de tout même de ses soupçons.
Il arrive qu'en refermant un ouvrage on se sente jaloux de ses futurs lecteurs, pour la simple raison que cette expérience leur reste à découvrir.
Une civilisation meurt quand elle recule sur ses principes et ses valeurs, et quand ceux qui les remettent en question avancent.
C'est surtout ce qu'on ne comprend pas qu'on explique. L'esprit humain se venge de ses ignorances par ses erreurs.
Un prêtre qui convertit un mourant ressemble à celui qui a longtemps courtisé une femme sans arriver à ses fins ; pour finir, il la saoule et couche avec elle.
La fortune à ses lois asservit tous les temps.
Les citoyens ne devraient pas craindre leur gouvernement, c'est le gouvernement qui devrait craindre ses citoyens.
Calendrier : il perd ses feuilles en toutes saisons.
On pense, on pense encore A celle qu'on adore, Et l'on revient toujours A ses premiers amours.
Qui peut compter ses millions n'est certainement pas milliardaire.
Si ce Dieu juste et bon N'envoie ses oraisons Qu'à des tueurs, Doit-on penser qu'alors L'oraison du plus fort Est toujours la meilleure ?
Ma femme m'a quitté quand je lui ai dit que ses bas faisaient des plis. Et justement, ce jour-là, elle ne portait pas de bas.
La République, mère symbolique, a le devoir de prendre soin de ses enfants les plus faibles.