La pensée s'affaisse aussi bien que les chairs. Et l'esprit se grippe d'être repu. Il ne lui convient que d'être affamé.
Un vice est comme un amour, il n'y a rien qu'on ne lui sacrifie.
Le monde répond toujours à côté de toute question. Il convient donc de ne lui poser que des questions décalées.
Trois puissances gouvernent les hommes : le fer, l'or et l'opinion ; et quand le despotisme a lui-même détruit cette dernière, il ne tarde pas à perdre les deux autres.
Il rendit comme il put son âme machinale,Et sa vie n'ayant pas été originale,L'Etat lui fit des funérailles nationales...Corne d'Aurochs.
On a constamment accusé Rousseau de prétendre que la société n'est pas l'état naturel de l'homme, et qu'il convient d'en revenir à l'état de nature, conçu comme une sorte d'âge d'or ou de paradis perdu. C'est un contresens total. Non [...] ► Lire la suite
Je voudrais regarder la France au fond des yeux, lui dire mon message et écouter le sien.
Souvent un homme croit à ce qu'on lui apprend parce qu'il a envie d'y croire.
Elle retrousserait la grosse mère, parfaitement, devant tout le monde. Elle la fesserait, lui arracherait la tignasse, la marquerait aux joues de la croix-des-vaches.
Je crois que Berlioz a trop aimé Shakespeare, Byron et Goethe ; lui-même l'a avoué sans en avoir conscience. Il appelle Goethe et Shakespeare les « explicateurs de vie ». Ce mot, quand on y réfléchit, est terrible. On assiste [...] ► Lire la suite
Prenez tout exactement tel qu'il est, mettez-le entre les mains de dieu et laissez-le Lui.
Quand le coeur d'une fille est pris, son amant n'a plus rien à lui demander.
Dieu lui-même croit à la publicité : il a mis des cloches dans les églises.
La meilleure façon de tuer un artiste est sûrement de lui donner tout ce dont il a besoin.
La raison est donnée à l'homme pour lui faire reconnaître qu'elle ne sert à rien.
Elle pleure pour tellement de raisons qu'elle n'a pas envie d'y penser. C'est toute sa vie qui lui revient dans la figure. Alors, pour se protéger un peu, elle se qu'elle pleure pour le plaisir de pleurer et c'est tout.
Il a une fois demandé l'aumône d'une statue et, lorsqu'on lui a demandé pourquoi il l'avait fait, il a répondu: "Pour s'entraîner à être refusé."
J'ai renoncé à l'amitié de deux hommes, l'un parce qu'il ne m'a jamais parlé de lui, l'autre parce qu'il ne m'a jamais parlé de moi.
Une bouche doit-elle siffler quand une autre le lui ordonne ?
Chacun porte en lui les éléments d'un miracle qui le rendrait le plus beau de tous ; et nul ne fait de rêves si beaux qu'il ne puisse en être le songe.
Et si vous ne donnez pas ce que l'autre attend, consciemment ou inconsciemment, ce qui lui est nécessaire, vous ne lui avez pas donné.
Pour conserver longtemps le coeur de son amant, il faut toujours que l'espérance et la crainte agissent sur lui.
Si l'homme n'a pas le pouvoir de modeler le monde à sa convenance, il a du moins celui de tailler des verres qui lui permettent de le faire apparaître à peu près comme il veut.
Chacun poursuit en lui sa Route des Indes et l'homme est plus vaste que la terre, dont on fait le tour en quelques heures.
L'homme d'aujourd'hui est colossal par l'énormité des responsabilités qui pèsent sur lui, et minuscule devant l'immensité des tâches qui de toutes parts l'appellent.
Qui ne croit en lui-même, ment toujours.
Il n'est personne qui ait fait don spontanément d'une partie de sa propre liberté en vue du bien public ; cette chimère n'existe que dans les romans ; si elle était possible, chacun de nous voudrait que les pactes qui [...] ► Lire la suite
Un optimiste est un homme qui s'en va joyeusement au volant d'une voiture d'occasion, persuadé d'avoir roulé le marchand qui la lui a vendu.
L'homme est toujours le même : les systèmes qu'il crée sont toujours imparfaits, et d'autant plus imparfaits qu'il est sûr de lui.
Qui laisse derrière lui une bonne réputation ne meurt pas pauvre.
La loi morale ne peut résider qu'en lui, coédifiée par l'enseignement qu'il a reçu, les circonstances de la vie et l'influence des autres.
Si une femme est jolie, ne lui dites pas qu'elle est jolie, parce qu'elle le sait ; dites-lui qu'elle est intelligente, parce qu'elle l'espère.
On a honte d'obéir au roi parce qu'il est le roi - alors on lui obéit parce qu'il est intelligent.
Beau vieillard, vert sans doute, mais de ce vert particulier que lui donne le commencement de sa décomposition lente.
Quant aux gens, trop de fréquentations ne valent pas vraie fréquentation. Il m'arrive de recevoir dans mon grenier, mais jamais plus de deux personnes à la fois. Parce que ce serait alors un groupe où chacun, jouant un rôle, n'est [...] ► Lire la suite
Le véritable égoïste est celui qui ne pense qu'à lui quand il parle d'un autre.
Foule : immense théâtre ambulant où chacun désespère d'obtenir un rôle qui lui permette d'en sortir.
La Reine avait une seule méthode pour résoudre toutes les difficultés, petites ou grosses.- Qu'on lui coupe la tête ! dit-elle sans même lever les yeux.
Les conflits, la vie des Etats n'étant pas immobile, se transforment en questions de puissance, celui qui la possède fait ce qui lui plaît.
Mais le temps des chevaliers est révolu. Lui a succédé celui des sophistes, des économistes et des calculateurs.
Celui qui demande qu'on lui rase la barbe ne doit pas se fâcher si on l'égratigne.
L'homme vit souvent avec lui-même, et il a besoin de vertu ; il vit avec les autres, et il a besoin d'honneur.
Dieu tient-il tellement à ce que nous parlions de lui ? Ne préfère-t-il pas être un secret à une divulgation ?
L'homme sage trouve en lui-même une seule arme défensive, commune à chacun, utile et salutaire à tous, et quelle est cette arme ? La défiance. Portez-la toujours avec vous, ayez soin de vous en couvrir ; tant que vous ne la quitterez pas, vous n'aurez rien à craindre.
- L'année du Paon commence maintenant ! - Là ? Tout de suite ? C'est à dire que, on est en milieu d'année du coup ça vous ferait qu'une demi-année du Pan Sir. - [Shen le regarde méchamment et lui montre sa lame] - Nous voila donc entrés dans l'année du Paon ! Bonne année, tous mes voeux sir !
L'idée de l'avenir est plus féconde que l'avenir lui-même.
Quand je vois des gens qui ne croient plus en Dieu, je leur dis : le problème n'est pas là. Il est plus important de savoir s'il croit en vous que de savoir si vous croyez en lui.
Celui qui écrit des livres est tout (un univers unique pour lui-même et pour tous les autres) ou rien. Et parce qu'il ne sera jamais donné à quelqu'un d'être tout, nous tous qui écrivons des livres, nous ne sommes rien.
Un bon livre est un livre qui assure le contact avec l'enfant, qui l'aide à vivre, qui lui apprend à vivre, tout en le passionnant, qui exerce le sens critique de l'enfant en lui offrant des modèles positifs et négatifs.
Il y avait eu en effet chez Beigbeder, pour autant qu'il s'en souvienne, quelque chose qui pouvait susciter l'affection (...) ; quelque chose qui n'existait pas chez Houellebecq, et chez lui pas davantage : comme une sorte de familiarité avec la vie.