On respecte un homme qui se respecte lui-même.
Le metteur en scène n'est utile que si l'acteur est meilleur avec lui que sans lui. Sinon, à quoi bon ?
Après cinq ans de silence, je pense que mon public a été très clément, très patient. Aujourd'hui, il fallait lui donner la dose de musique qui pourrait assouvir sa longue attente.
On lui a appris à ne jamais reculer, à ne jamais se rendre et que mourir sur le champ de bataille au service de Sparte était la plus grande gloire que l'on puisse atteindre.
Chacun porte au fond de lui comme un petit cimetière de ceux qu'il a aimés.
L'amour : c'est une maladie qui rend mauvais. Dès que l'on aime vraiment quelqu'un, on ne peut s'empêcher de lui nuire, même et surtout si l'on veut le rendre heureux.
Le polytechnicien qui coupe les pattes d'une sauterelle, lui dit : "Saute !", et ne la voit pas sauter, en conclut qu'elle est devenue sourde.
Retourne l'honneur à celui qui veut t'en vêtir, car il n'appartient à personne en bien propre. Seul l'insensé le désire pour lui-seul.
On dirait que le singe n'a été fait que pour humilier l'homme et lui rappeler qu'entre lui et les animaux, il n'y a que des nuances.
La vie est un miroir dans lequel l'homme n'est jamais que le reflet de lui-même.
Il faut que la société se mette à aider l'école plutôt que de lui demander de la réparer.
Le véritable et authentique athée est celui qui croit fermement et dur comme fer que Dieu lui-même ne croit pas en Lui.
Impossible de parler de Dieu sans prononcer aussitôt une quantité invraisemblable de bêtises. On ne peut rien dire de Dieu, seulement parler avec lui, en lui.
L'acquiescement éclaire le visage. Le refus lui donne la beauté.
S'il travaille pour toi, tu travailles pour lui.
Dans sa grande ambition, à cause de son goût du pouvoir et de la domination, l'homme ne cesse de lutter pour regagner ce que l'homme ne cesse de lui ôter.
Nous écrivons des livres parce que nos enfants se désintéressent de nous. Nous nous adressons au monde anonyme parce que notre femme se bouche les oreilles quand nous lui parlons.
Quand on veut vivre parmi les hommes, il faut laisser chacun exister et l'accepter avec l'individualité, quelle quelle soit, qui lui a été départie.
Le véritable poète a pour vocation d'accueillir en lui la splendeur du monde.
La justice est céleste. La terre fournit des bonheurs à qui les lui arrachent, le ciel à qui les mérites.
Il n'est pas nécessaire qu'un auteur comprenne ce qu'il écrit. Les critiques se chargeront de le lui expliquer.
Les maçons du Moyen-Age savaient parfaitement que Dieu n'existe pas, mais ils espéraient qu'à force de lui bâtir des cathédrales, il finirait par exister.
Il sera toujours plus facile à un homme de renoncer à une femme qu'à l'idée qu'il se fait de lui-même...
Ce monde en lui-même n'est pas raisonnable, c'est tout ce qu'on peut en dire. Mais ce qui est absurde, c'est la confrontation de cet irrationnel et de ce désir éperdu de clarté dont l'appel résonne au plus profond de l'homme.
Quelque mal qu'un homme puisse penser des femmes, il n'y a pas de femme qui n'en pense encore plus mal que lui.
Celui qui lit trop ne comprend rien ; les livres l'empêchent de vivre au lieu de lui apprendre à bien vivre. Mais l'homme d'un seul livre : c'est un ignorant.
Pour un enfant tout est signifiant langage, ce qui se passe autour de lui et qu'il observe. Et il réfléchit dessus. Et un enfant réfléchit et écoute d'autant mieux qu'il ne regarde pas la personne qui parle.
Un homme peut prouver à sa femme qu'il l'aime en lui offrant une douzaine de roses. Son petit-fils peut faire la même chose, avec une poignée de pissenlits.
Les hommes, dans leur quête du divin, cherchent moins à admirer et à se soumettre à un dieu qu'à obtenir de lui aide et soutien.
Ses jours sont à l'homme ce que ses peaux sont au serpent. Ils luisent un temps au soleil puis se détachent de lui.
Les individus ne reconnaissent un Dieu au-dessus d'eux que pour posséder en lui un espace infini où ils puissent étendre et étaler dans l'éternité leur individualité bornée, particulière, pitoyable...
Le désir demeure en nous comme un défi au monde même qui lui dérobe infiniment son objet.
La photographie, c'est la conscience même de la peinture. Elle lui rappelle sans cesse ce qu'elle ne doit pas faire.
N'essaie pas d'attaquer le démon de front. Il serait trop content que tu t'occupes de lui. Au contraire, traite-le par le mépris, comme un chien gênant dont on veut se débarrasser.
Quand l'homme se regarde beaucoup lui-même, il en arrive à ne plus savoir quel est son visage et quel est son masque.
La culture est la force humaine qui découvre, dans le monde, les exigences d'un changement et lui en fait prendre conscience.
Puisque l'homme est mortel, la seule immortalité possible pour lui est de laisser quelque chose après lui qui puisse être immortel.
Le meilleur moyen pour ralentir un cheval est de parier sur lui.
Si je ne sentais pas ma misère, comment pourrais-je sentir ma joie qui est fille aînée de ma misère et qui lui ressemble à faire peur ?
Maint fou ne peut plus éteindre le feu qu'il a allumé lui-même.
Un homme peut, sans risque, se moquer d'une femme enceinte ; ça ne lui arrivera jamais.
Face à un problème, il n'y a pas 36 solutions : il faut lui trouver une solution.
Un égoïste est incapable d'aimer un ami ; mais il ne peut se passer d'amis : il ne s'aimerait jamais assez à lui tout seul.
Un homme s'aperçoit qu'il n'est plus jeune quand une femme à qui il cligne de l'oeil vient gentiment lui demander ce qu'il a sous la paupière.
Quand la maison d'un homme est pleine de chiens sauvages il lui faut chercher la paix ailleurs.
La place d'un homme, blanc ou noir, est à la maison quand la nuit est tombée. Avec ses enfants et celle qui les lui a donnés.
L'homme d'aujourd'hui est colossal par l'énormité des responsabilités qui pèsent sur lui, et minuscule devant l'immensité des taches qui de toute part l'appellent.
La vertu est la religion du royaume des cieux et le trait principal de Dieu lui-même envers les hommes.
L'argent en lui-même n'a jamais rendu personne heureux. Mais il m'a toujours donné un vrai sentiment de sécurité, ce qui a renforcé ma capacité à être heureuse.
Celui qui vit dans l'imaginaire partage plusieurs vies. Une seule lui échappe : la sienne.