Celui qui invoque l'histoire est toujours en sécurité, les morts ne se lèveront pas pour témoigner contre lui.
L'esprit est cette étrange faculté qui permet à l'homme de se séparer du monde, pour le comprendre, et de lui-même, pour se juger.
Je commence, quand meurt un homme célèbre, à calculer ce qu'il me reste à vivre pour vivre autant que lui.
Dieu est absolument pour l'homme ce que sont les couleurs pour un aveugle de naissance, il lui est impossible de se les figurer.
Interpréter, c'est appauvrir, diminuer l'image du monde, lui substituer un monde factice de "significations".
Il faut qu'un honnête homme ait l'estime publique sans y avoir pensé, et pour ainsi dire, malgré lui. Celui qui l'a cherchée donne sa mesure.
C'est un supplice pour l'homme qu'on lui résiste. C'en est un bien plus grand pour la femme que de résister.
- Ce serait la première fois que vous embrasseriez quelqu'un ? - Non, j'avais un chien. - Un chien ? - Il m'embrassait lui !
Chacun a des mots qu'il ne lui est pas permis de prononcer, des vérités, des échecs qu'il refuse d'admettre ; sortez de votre rôle, dites des choses qui ne sont pas dans votre texte, et le monde vous rejette, vous méprise.
L'enfant ne fait pas grand cas en général de la tendresse de ses parents. C'est pour lui chose acquise. Il n'y pense même pas, il s'en lasse lorsqu'on le gâte.
Contre la bêtise, Dieu lui-même est impuissant.
Un fleuve est un océan que Dieu a fabriqué en longueur pour lui permettre de zigzaguer entre les champs.
Chaque grand poète intègre le monde d'une façon qui n'est qu'à lui.
Le vrai métier d'un homme est de trouver son chemin vers lui-même.
Ce dont la jeunesse a besoin, c'est qu'on lui dise qu'il y a un bateau en construction dans sa propre cale sèche mentale, et que ce bateau est destiné à prendre la mer.
L'être humain qui crée sa solitude a besoin qu'on lui dise:Oui je t'aime malheureux.
Quand on rencontre quelqu'un, c'est signe qu'on devait croiser son chemin, c'est signe que l'on va recevoir de lui quelque chose qui nous manquait. Il ne faut pas ignorer ces rencontres. Dans chacune d'elles est contenue la promesse d'une découverte.
Les hommes ne haïssent l'avare que parce qu'il n'y a rien à gagner avec lui.
Aucun homme n'est blessé que par lui-même.
Il est probable qu'il existe un plus grand nombre de définitions de l'homme que d'aucun autre animal, et pour cause : n'est-ce pas lui qui donne les définitions?
L'horreur de l'homme pour la réalité lui a fait trouver ces trois échappatoires : l'ivresse, l'amour, le travail.
Poser le Mal comme le contraire de la Vertu, c'est lui faire trop d'honneur.
L'appréhension de la souffrance est pire que la souffrance elle-même. Et l'être le plus démuni trouve en lui des ressources inespérées de courage dès que la bête fond sur lui.
Le végétarien peut mourir en accord avec lui-même : à peine enterré, il bouffera uniquement des pissenlits par la racine.
L'enfer est l'idée faible que Dieu nous donne volontairement de lui-même !
L'art est maintenant un courant d'opinion. Celui qui n'est point entraîné croit ne rien comprendre, alors que précisément lui seul cherche à comprendre.
Une oeuvre qui ne convainc pas son auteur lui-même ne pourra toucher le lecteur.
Chacun est envié pendant qu'il est lui-même envieux.
On ne peut rien apprendre à un homme, on peut juste l'aider à trouver la réponse par lui-même.
Parler de l'Egypte après M. Pierre Loti ! la chose me serait malaisée, s'il n'y avait toujours à glaner dans cette mystérieuse contrée, dans cette mine inépuisable d'études et d'impressions de toutes sortes. A lui, dont la plume est un [...] ► Lire la suite
Un nain perché sur les épaules d'un géant voit plus loin que lui !
On parle mal de la femme mais tout le monde lui court après.
Chaque homme est, en naissant, assorti d'un monstre. Les uns lui font la guerre et les autres lui font l'amour.
L'homme n'a pas de besoins ? Il faut lui en créer.
Une démonstration grandiose de la misérable subjectivité de l'homme qui lui fait tout rapporter à lui-même est offerte par l'astrologie qui met en rapport la trajectoire des grands corps célestes et le misérable moi.
Comme celle à qui j'ouvre mon coeur et qui aura bientôt à coeur de m'l'ôter, j'vais devoir lui dire qu'aimer, ça fait mal comme dire la vérité.
La vie sociale consiste à détruire ce qui lui donne son arôme.
Quand celui qui jeûne boit ou mange par mégarde, qu'il poursuive son jeûne. C'est Dieu qui l'a nourri et qui lui a donné à boire.
Une femme n'aime jamais qu'un seul homme. Mais elle lui donne plusieurs noms.
Celui à qui la guerre ne fait point horreur, c'est lui le vrai lâche !
Aucun effort ne peut aboutir si la divinité en a décidé autrement mais l'inverse n'est pas vrai : aucune victoire ne peut être obtenue, quand les dieux lui sont favorables. Si l'homme ne va pas, le tout premier, au-devant de leurs désirs.
Une idéologie est un système de pensée cohérent avec lui-même mais non avec la réalité.
Chaque profession a un vice et un danger qui lui sont attachés.
Sidonie a plus d'un amant,Qu'on le lui reproche ou l'en loue,Elle s'en moque également.
Le bonheur et le travail s'élevaient avec le soleil, radieux comme lui.
Le vice a mille formes, un seul résultat : l'homme se déplaît à lui-même.
La langue est l'épée de la femme car sa faiblesse physique l'empêche de se battre avec ses poings et sa faiblesse intellectuelle la pousse à renoncer à donner des preuves : il ne lui reste donc que l'abondance des mots.
Le colonialisme invisible, lui, te persuade que la servitude est ton destin et que tu es naturellement démuni : il te persuade que tu ne peux ni dire, ni agir, ni être.
Je crois que l'amour est quelque chose qui au fond ne se laisse pas traduire en mots. L'amour c'est comprendre quelqu'un, tenir à quelqu'un, partager le bonheur et malheur avec lui.
Il ne faut pas grand-chose pour être un artiste à succès, tout ce que vous avez à faire est de lui consacrer toute votre vie.