Au commencement était le verbe. C'est seulement après qu'est venu le silence.
On dit que le public a les journaux qu'il se fait ou qu'il mérite. N'est-il pas plus juste de dire que les journaux ont le public qu'ils façonnent ?
Pour arriver à un résultat, le comité de direction ne devrait comporter idéalement que trois personnes dont deux absentes.
Le monde compte plus d'imbéciles que d'habitants.
Le terrorisme, c'est la propagande par l'action.
Qu'un individu isolé se fie à ses instincts et s'y tienne, le monde entier finira par se ranger à ses cotés.
A frotter, jour après jour, les barreaux de sa cage pour la rendre plus attrayante et à s'y cogner le nez le reste du temps, l'oiseau finit-il par en oublier sa chanson...
C'est souvent à cause d'un souvenir particulièrement mortifiant que l'on cherche davantage le pardon que l'amour.
Les êtres humains ont souvent à coeur de se singulariser par de subtiles et déplaisantes variations, défectuosités, traits de caractère... - sans doute dans le but d'obliger leurs interlocuteurs à les traiter comme des individus à part entière.
Un véritable égoïste accepte même que les autres soient heureux, s'ils le sont à cause de lui.
L'un des charmes absolus de notre époque est d'avoir rendu l'économie romanesque, et le roman économique.
Ballon - Asticot jeté dans le Champs-de-Mars, pour y pêcher les Parisiens, le dimanche.
Les Blancs changent sans arrêt le monde pour l'adapter à la vision fluctuante qu'ils ont de l'avenir. Les aborigènes mobilisent toute leur énergie mentale pour laisser le monde dans l'état où il était. En quoi cette conception est-elle inférieure ?
Connaître l'humain, c'est d'abord le situer dans l'univers, non l'en retrancher.
Nous sommes en train d'apprendre la politique de l'homme sans le ciel.
En art, le dépassement permanent des tabous a tourné au rituel petit-bourgeois.
La tristesse est le prix de la victoire.
Il appert que, en mieux ouvert, le fait d'être placé en détention domiciliaire sous surveillance électronique et d'être soumis ou ordonné à une exigence de traçabilité (c'est-à-dire le sentiment d'être surveillé quotidiennement et de devoir rendre constamment des comptes faisant écho à l'affect) entraîne la réapparition des murs carcéraux en soi et autour de soi.
Je me suis rendu compte que le cinéma, ça pouvait être ça : des rencontres avec des gens qui veulent faire des choses singulières.
Comme dit mon père : de nos jours, c'est l'horloge qui mène le monde, les aiguilles tournent plus vite qu'autrefois.
Arrivé au bord du précipice, il est trop tard pour tirer la bride et arrêter le cheval.
Il faut avoir le courage de le dire une fois pour toutes.
Parce que le pouvoir corrompt, les exigences de la société en matière d'autorité morale et de caractère augmentent à mesure que l'importance de la position augmente.
Qu'est-ce qui est pire ? le loup qui pleure avant de manger l'agneau ou le loup qui ne pleure pas.
Le sentiment d'être un gentleman ne devrait faire qu'un avec le sentiment d'être un homme.
J'aime la romance, j'aime le glamour et j'aime le réalisme. Je pense que c'est une excellente combinaison.
Le son du roi vaut mieux que la farine des autres.
Mes trois priorités pour Paris sont : - Relancer l'économie, - Prendre soin de chacun, à tout âge,- Faire de Paris le modèle de l'urbanisme durable.
Le maître-mot dans cet univers, c'est amour.
Dans le bonheur d'autrui, je cherche mon bonheur.
Le mariage des esprits est plus grand que celui des corps.
Le droit ne commence à dater que du moment où l'on détient la force nécessaire pour le faire respecter.
Avec nos pensées, nous créons le monde.
L'obscénité n'apparaît que si l'esprit méprise et craint le corps, si le corps hait l'esprit et lui résiste.
La reproduction est le commencement de la mort.
Les mots les plus beaux sont encore ceux qui vibrent dans le tabernacle des mains qui se cherchent.
Chacun sa mort, on a celle qu'on mérite, ça ne sert à rien de vouloir la reconnaître, elle n'a jamais le même visage, et au fond pour chacun elle ne peut ressembler qu'à soi-même.
Le plaisir fait oublier que le bonheur est encore loin.
Autrui, obstacle à la création, est le paradoxal destinataire de l'art.
L'univers est peut-être une "machine à faire des dieux". Mais la vraie foi consiste à parier que l'espèce humaine est capable d'incarner Dieu, de le réaliser, "d'en finir avec lui" en inventant sa propre humanité.
C'est terrible, le commerce des grandes oeuvres ; où trouver l'énergie et la certitude d'avoir encore à écrire quand on fréquente Sophocle et Shakespeare ?
D'emblée dans la vie la fatigue touche aux deux portes sacrées : l'amour, le sommeil. L'amour qu'elle use comme de l'eau sur la pierre. Le sommeil qu'elle entasse comme de l'eau sur de l'eau.
Le caprice de notre humeur est encore plus bizarre que celui de la fortune.
Un écrivain qui ne serait pas intoxiqué par le monde qu'il décrit aurait-il le moindre intérêt ?
Le critique de livres ne lit plus que sa critique, que lui rédige son secrétaire.
L'amour est sûr. Ce sont les hommes qui ne le sont pas.
Il est plus facile de désirer quelque chose que de le posséder.
Sans réponse devant l'absurde. Comment justifier l'évidence quand tout le monde la nie, et qu'on n'a d'autre preuve à opposer que sa bonne foi ?
Il y a beaucoup d'intellectuels qui mettent en question le monde ; il y a très peu d'intellectuels qui mettent en question le monde intellectuel.
Le souvenir est le début de l'écriture et l'écriture est à son tour le commencement de la mort.