Il faut remplacer la beauté, qui est un concept purement culturel, par la bonté, qui est un concept humaniste.
Dans les jeunes femmes, la beauté supplée à l'esprit. Dans les vieilles, l'esprit supplée à la beauté.
La mort n'est pas seulement la fin de la vie, elle en est le remède.
Le plaisir de la critique nous ôte celui d'être vivement touchés de très belles choses.
La vérité est comme Dieu : elle ne se montre pas à visage découvert.
La timidité est une contraction de la sensibilité, une crampe de l'esprit.
Quand on a remonté sa montre, est-ce du temps que l'on crée, ou l'heure de la mort qu'on nourrit ?
Prends si tu le peux les miettes de joie qui te sont offertes, car la vraie joie n'existe pas.
Il existe quelques personnes ici-bas qui ne planteraient jamais une graine car elle ne produit pas de fruits la première année.
La vraie grandeur n'est pas ailleurs que dans l'accomplissement du but qu'on s'est fixé.
La conscience naît parfois de ses remords.
Femme et chat, dans la maison ; homme et chien, hors de la maison.
De toute façon, l'homme n'est jamais gagnant dans le duel sexuel. La femme lui est "fatale".
La beauté n'est qu'une équation de nombres.
La sagesse des autres n'a jamais servi à rien. Quand arrive le cyclone - la guerre, l'injustice, l'amour, la maladie, le voisin -, on est toujours seul, tout seul, on vient de naître et on est orphelin.
Le théâtre doit faire des propositions qui permettent d'appréhender le chaos de la langue des médias et des modes. Sa langue doit être un foyer de réflexion.
La vengeance n'est pas un mobile ignoble lorsqu'elle sert à des fins utiles.
Ce qu'est le charbon à la braise et le bois au feu, l'homme colère l'est pour allumer des disputes.
Si la société évacue la poésie comme mode d'expression non productif, c'est peut-être que la poésie est un foyer de contestation, un acte de résistance, une incompatibilité fondamentale avec le système dominant ?
Ma seule patrie, ce qui a commencé avant ma naissance, c'est la musique.
Les paroles ne salent pas la soupe.
On se dit : "j'aime la France", et en même temps, on ne peut pas aimer un pays qui nous brime autant. En même temps, il faut vivre et avancer.
Le secret pour bien vivre : manger la moitié, marcher le double, rire le triple et aimer sans mesure.
Le supplice pénal ne recouvre pas n'importe quelle punition corporelle : c'est une production différenciée de souffrances, un rituel organisé pour le marquage des victimes et la manifestation du pouvoir qui punit ; et non point l'exaspération d'une justice qui, [...] ► Lire la suite
L'histoire de la lutte des races fait apparaître que la lumière - ce fameux éblouissement du pouvoir - n'est pas quelque chose qui pétrifie, solidifie, immobilise le corps social tout entier, et par conséquent le maintient dans l'ordre, mais est, [...] ► Lire la suite
La joie emplit le coeur lorsqu'on a rencontré la certitude que la vie n'est pas un chemin qui va vers rien.
L'insouciance a rejoint la dignité au cimetière des illusions perdues.
La vie n'est jamais complètement sans ses défis.
Techniquement, je ne suis pas guitariste, tout ce que je joue c'est la vérité et l'émotion.
- Je sais. - Tu sais ? C'est quoi cette réponse à la con ? - C'est la seule que j'ai.
Le rire c'est l'arme absolue. C'est l'arme de la fraternité.
On commence à fumer pour montrer qu'on est un homme. Vingt ou trente ans plus tard, c'est pour la même raison qu'on essaie de s'arrêter.
Les abus de la liberté tueront toujours la liberté.
Toute punition revêt de la méchanceté ; toute punition en soi participe du mal.
Celui qui s'applique à la vengeance garde fraîches ses blessures.
La paix est une création continue.
La réussite est la chose la plus naturelle du monde.
La religion est une fatigante solution de paresse.
C'est une des superstitions de l'esprit humain d'avoir imaginé que la virginité pouvait être une vertu.
Ce qui est étonnant, ce n'est pas que Dieu existe en réalité mais que cette idée de la nécessité de Dieu soit venue à l'esprit d'un animal féroce et méchant comme l'homme, tant elle est sainte, touchante, sage, tant elle fait honneur à l'homme.
La faiblesse de nos sens ne permet à chacun de nous que de prendre conscience d'une partie bien minime du monde.
On est puceau de l'horreur comme on l'est de la volupté.
La recrudescence des psychoses et des névroses n'a peut-être pas d'autre origine que le refus de mettre les morts à leur place.
Il y a une différence entre la fiction et le mensonge. La fiction est là pour elle-même, elle ne sert à rien, alors que le mensonge sert toujours à quelqu'un.
Sur la terre, on se comprend sans presque jamais se parler ; tandis que dans les villes, on se parle sans presque jamais se comprendre.
La vie apprend à savoir pardonner, à tout pardonner.
Avec de la tendresse autour de soi, on n'est pas incapable de vivre... Il n'y a que les âmes tout à fait seules qui aient besoin de mourir...
Le texte théâtral, s'il doit pouvoir être joué, doit aussi pouvoir être lu. Il faut retrouver le plaisir de la lecture au théâtre.
En studio, le lien familial ou amical est secondaire. Ce qui compte, c'est la prestation.
La terre entière, continuellement imbibée de sang, n'est qu'un autel immense où tout ce qui vit doit être immolé sans fin, sans mesure, sans relâche, jusqu'à la consommation des choses, jusqu'à l'extinction du mal, jusqu'à la mort de la mort.