Les héros doivent mourir jeunes, les grandes passions aussi, sinon le temps les corrompt, comme il corrompt tout ce qu'il touche. Paradoxalement, c'est par la mort qu'ils atteignent l'immortalité.
Ce n'est pas la peine de dissimuler : les jugements de nez sont toujours réciproques.
Quand on demande de croire sur parole, on est déjà, qu'on le veuille ou non, qu'on le sache ou non, dans l'ordre de ce qui est seulement croyable. Il s'agit toujours de ce qui est offert à la foi, appelant [...] ► Lire la suite
Le but de la vie est de vivre ; à développer tout ce que la vie contient en puissance.
Je crois que Berlioz a trop aimé Shakespeare, Byron et Goethe ; lui-même l'a avoué sans en avoir conscience. Il appelle Goethe et Shakespeare les « explicateurs de vie ». Ce mot, quand on y réfléchit, est terrible. On assiste [...] ► Lire la suite
La «graisse» est-elle vraiment la pire chose qu'un être humain puisse être ? Est-ce que «gras» est pire que «vindicatif», «jaloux», «superficiel», «vain», «ennuyeux» ou «cruel» ? Pas pour moi.
Nous percevons toujours ce qui est nouveau chaussé de nos lunettes du passé et notre vue s'y déforme.
On s'instruit en voyageant. Mais, d'un autre côté, l'on n'apprend jamais que ce que l'on sait déjà.
Ce n'est pas tant ce qu'on dit qui fait la valeur d'un livre, que tout ce que l'on n'y peut pas dire, tout ce que l'on voudrait y dire, qui l'alimente sourdement.
Dieu se choisit : il n'est pas ce qu'il est, il est ce qu'il veut.
Le péché n'est pas ce qu'en font les moralistes. L'état de péché c'est d'être distant de Dieu.
Les imbéciles ne pensent qu'à partager leurs merveilles avec la multitude, ce qui est le plus sûr moyen de perdre son butin, et surtout de le voir se muer en une chose vulgaire.
Le temps détruit ce qui n'est que réel.
On tue les autres, tous, un petit peu. Sur terre, c'est ce qu'on fait ; on tue le coeur des autres...
Tout ce qui est partagé s'amoindrit, sauf l'amour.
Ce ne sont ni les hommes, ni les passions, encore moins les idées qui mènent le monde. Mais les mots, rien que les mots.
Ce qui est nécessaire n'est jamais ridicule.
La musique est une chose de la vie, mais ce n'est pas la vie. La vie est la vie.
En réalité, je n'ai jamais joué, j'ai vécu. Et j'ai tout de suite compris que j'allais tomber amoureux de ce métier.
Que le Seigneur notre Dieu nous prépare pour chaque événement, puis vient la vie ou la mort - ce n'est pas une grande affaire.
La musique est infiniment plus grande et plus riche que ce que notre société veut qu'elle soit : elle n'est pas seulement belle, émouvante, envoûtante, réconfortante ou passionnée, même si, à l'occasion, elle peut être tout cela. La musique est une partie essentielle de la dimension physique de l'esprit humain.
Fermer les yeux, est-ce que c'est la nuit parce qu'on a fermé les yeux ?
Dans ce monde, l'on n'a que la terreur pour se défendre contre l'angoisse.
Si la liberté pouvait conduire elle-même ses affaires, ce serait la démocratie.
En cherchant Dieu je le crée ; et en le créant, je deviens ce qu'il est.
Il n'est pas difficile de parler avec un être humain, d'embrasser un être humain, de se marier avec un être humain, de mettre au monde un être humain. Ce qui est difficile et seul intéressant, c'est d'avoir un être humain.
Ce qu'un homme a de plus indécent à montrer : ses rêves.
On comprend toujours bien ce que l'on aime !
On ne retient vraiment que ce qui s'intègre dans l'ensemble de ses connaissances.
Qu'est-ce que le monde deviendrait s'il pouvait un jour donner une réponse à toutes les questions qu'il se pose ? Aussi longtemps qu'il faudra chercher, la vie sera supportable...
Elle est pas facile à dire, la vérité. Si j'enlève la broderie, il reste que la merde, et la merde, ça n'intéresse personne. Les gens, ce qu'ils veulent tous, c'est des belles histoires, avec des gens beaux. La merde des inconnus, tout le monde s'en fout.
La dissimulation est aux affaires ce que l'alliage est à la monnaie : un peu est nécessaire, trop la discrédite.
En France, ce que pense la province importe autant que ce que pensent mes jambes.
Tout ce qui peut être dit à 8 heures peut attendre 9 heures.
Les événements eux-mêmes sont demandés comme une nourriture. S'il n'y a point ce matin quelque grand malheur dans le monde, nous sentons un certain vide. "Ils n'y a rien aujourd'hui dans les journaux", disent-ils.
Qu'on ne sache jamais ce que l'on doit dire, et que l'on sache pourtant bien ce qu'on dit.
Qu'est ce que la capacité d'apprendre, sinon un aspect de l'éternité ?
Ce n'est pas de mourir qu'il faut craindre, mais de vieillir.
Tout le monde est critique littéraire, de nos jours. Si on n'aime pas un livre, on menace l'auteur. Il y a une certaine logique dans cette façon de voir. Faire payer ce salaud pour ce qu'il vous a infligé.
L'on s'occupe uniquement de ce qu'on paraît quand on a perdu le sens de ce que l'on est.
C'est à l'amour maternel que la nature a confié la conservation de tous êtres ; et pour assurer aux mères leur récompense, elle l'a mise dans les plaisirs, et même dans les peines attachées à ce délicieux sentiment.
Ce n'est qu'en se dépassant que l'homme est pleinement humain.
La psychologie. Quand on se sert de ce mot-là, on a l'air de siffler des chiens.
Affirmer n'est pas prendre en charge, assumer ce qui est, mais délivrer, décharger ce qui vit.
Le risque vient du fait que l'on ne sait pas ce que l'on fait.
Ce sont les parents, ou même les grands-parents, qui parlent de moi, de ce coureur qui n'a jamais gagné le Tour, qui a toujours fini deuxième, alors ça marque, cette histoire d'éternel second, les gens veulent le voir, ce Poulidor.
Je tâte ma cervelle, comme une poire, pour voir si elle est mûre ; ce sera exquis en septembre.
J'aime les gens qui ont le sens de l'individualité. J'aime l'expression et tout ce qui est maladroit et imparfait, parce que c'est naturel et réel.
Moi, ce qu'il me faut, c'est une existence mouvementée, avec discussions et stratagèmes ! Enfin, un peu de vie avant beaucoup de mort !
Chaque homme a l'obligation de remettre au monde l'équivalent au moins de ce qu'il en retire.