Je crois que Berlioz a trop aimé Shakespeare, Byron et Goethe ; lui-même l'a avoué sans en avoir conscience. Il appelle Goethe et Shakespeare les « explicateurs de vie ». Ce mot, quand on y réfléchit, est terrible. On assiste [...] ► Lire la suite
Jamais, jamais et plus jamais ce beau pays ne connaîtra à nouveau l'oppression de l'un par l'autre.
- Poussez papy. Poussez ! - Mais qu'est ce que vous croyez que je fait ? Des claquettes ?
Nous percevons toujours ce qui est nouveau chaussé de nos lunettes du passé et notre vue s'y déforme.
On s'instruit en voyageant. Mais, d'un autre côté, l'on n'apprend jamais que ce que l'on sait déjà.
La meilleure façon de tuer un artiste est sûrement de lui donner tout ce dont il a besoin.
Dieu se choisit : il n'est pas ce qu'il est, il est ce qu'il veut.
Le péché n'est pas ce qu'en font les moralistes. L'état de péché c'est d'être distant de Dieu.
Les imbéciles ne pensent qu'à partager leurs merveilles avec la multitude, ce qui est le plus sûr moyen de perdre son butin, et surtout de le voir se muer en une chose vulgaire.
On tue les autres, tous, un petit peu. Sur terre, c'est ce qu'on fait ; on tue le coeur des autres...
Ce n'est pas la peine de dissimuler : les jugements de nez sont toujours réciproques.
La musique est une chose de la vie, mais ce n'est pas la vie. La vie est la vie.
La «graisse» est-elle vraiment la pire chose qu'un être humain puisse être ? Est-ce que «gras» est pire que «vindicatif», «jaloux», «superficiel», «vain», «ennuyeux» ou «cruel» ? Pas pour moi.
La musique est infiniment plus grande et plus riche que ce que notre société veut qu'elle soit : elle n'est pas seulement belle, émouvante, envoûtante, réconfortante ou passionnée, même si, à l'occasion, elle peut être tout cela. La musique est une partie essentielle de la dimension physique de l'esprit humain.
Fermer les yeux, est-ce que c'est la nuit parce qu'on a fermé les yeux ?
Ce n'est pas tant ce qu'on dit qui fait la valeur d'un livre, que tout ce que l'on n'y peut pas dire, tout ce que l'on voudrait y dire, qui l'alimente sourdement.
Dans ce monde, l'on n'a que la terreur pour se défendre contre l'angoisse.
Si la liberté pouvait conduire elle-même ses affaires, ce serait la démocratie.
Il n'est pas difficile de parler avec un être humain, d'embrasser un être humain, de se marier avec un être humain, de mettre au monde un être humain. Ce qui est difficile et seul intéressant, c'est d'avoir un être humain.
Ce qu'un homme a de plus indécent à montrer : ses rêves.
Le temps détruit ce qui n'est que réel.
On comprend toujours bien ce que l'on aime !
Qu'est-ce que le monde deviendrait s'il pouvait un jour donner une réponse à toutes les questions qu'il se pose ? Aussi longtemps qu'il faudra chercher, la vie sera supportable...
Ce ne sont ni les hommes, ni les passions, encore moins les idées qui mènent le monde. Mais les mots, rien que les mots.
Ce qui est nécessaire n'est jamais ridicule.
En réalité, je n'ai jamais joué, j'ai vécu. Et j'ai tout de suite compris que j'allais tomber amoureux de ce métier.
Que le Seigneur notre Dieu nous prépare pour chaque événement, puis vient la vie ou la mort - ce n'est pas une grande affaire.
La dissimulation est aux affaires ce que l'alliage est à la monnaie : un peu est nécessaire, trop la discrédite.
En France, ce que pense la province importe autant que ce que pensent mes jambes.
En cherchant Dieu je le crée ; et en le créant, je deviens ce qu'il est.
Les événements eux-mêmes sont demandés comme une nourriture. S'il n'y a point ce matin quelque grand malheur dans le monde, nous sentons un certain vide. "Ils n'y a rien aujourd'hui dans les journaux", disent-ils.
Qu'on ne sache jamais ce que l'on doit dire, et que l'on sache pourtant bien ce qu'on dit.
Qu'est ce que la capacité d'apprendre, sinon un aspect de l'éternité ?
On ne retient vraiment que ce qui s'intègre dans l'ensemble de ses connaissances.
Tout ce qui est partagé s'amoindrit, sauf l'amour.
Tout le monde est critique littéraire, de nos jours. Si on n'aime pas un livre, on menace l'auteur. Il y a une certaine logique dans cette façon de voir. Faire payer ce salaud pour ce qu'il vous a infligé.
L'on s'occupe uniquement de ce qu'on paraît quand on a perdu le sens de ce que l'on est.
C'est à l'amour maternel que la nature a confié la conservation de tous êtres ; et pour assurer aux mères leur récompense, elle l'a mise dans les plaisirs, et même dans les peines attachées à ce délicieux sentiment.
Ce n'est qu'en se dépassant que l'homme est pleinement humain.
La psychologie. Quand on se sert de ce mot-là, on a l'air de siffler des chiens.
Ce sont les parents, ou même les grands-parents, qui parlent de moi, de ce coureur qui n'a jamais gagné le Tour, qui a toujours fini deuxième, alors ça marque, cette histoire d'éternel second, les gens veulent le voir, ce Poulidor.
J'aime les gens qui ont le sens de l'individualité. J'aime l'expression et tout ce qui est maladroit et imparfait, parce que c'est naturel et réel.
Moi, ce qu'il me faut, c'est une existence mouvementée, avec discussions et stratagèmes ! Enfin, un peu de vie avant beaucoup de mort !
Chaque homme a l'obligation de remettre au monde l'équivalent au moins de ce qu'il en retire.
Elle est pas facile à dire, la vérité. Si j'enlève la broderie, il reste que la merde, et la merde, ça n'intéresse personne. Les gens, ce qu'ils veulent tous, c'est des belles histoires, avec des gens beaux. La merde des inconnus, tout le monde s'en fout.
Est-ce que ton vagin est dans le guide touristique de New-York ? Non parce qu'il devrait l'être, c'est l'endroit le plus visité de la ville et c'est toujours ouvert !
Je plains ceux qui, ne tenant pas un journal intime, n'ont aucune raison de noter ce qu'ils auraient intérêt à oublier.
Etre original, c'est, en un sens, mettre en valeur la médiocrité des autres, ce qui me paraît d'un goût très douteux.
On sent que les loups ce sont des bêtes avec lesquelles on peut s'entendre, sinon avec des paroles en tout cas avec des coups de fusil.
Tout ce qui peut être dit à 8 heures peut attendre 9 heures.