Il est bien rare que les petits osent attenter aux droits des grands. Il est bien naturel que l'orgueil des grands tende à méconnaître le droit des petits.
C'est dans le mépris du lecteur qu'on fait des oeuvres qui le respectent.
Le suicide c'est la ressource des hommes dont le ressort a été rongé par la rouille.
Il y a du vertige dans le péché et chacun de nous, tiré du néant ressent parfois la nostalgie du néant.
Une femme a déjà perdu le monde. Rien ne serait plus sot de penser qu'une autre le sauverait.
Un homme qui hésite, c'est un homme qu'on peut tenter.
Le sceptique doit être reconnaissant aux Napoléons des progrès qu'ils ont fait faire à la bassesse humaine.
Trente moines et leur abbé ne peuvent faire braire un âne contre sa volonté.
La volupté excessive agrandit le coeur, le dévaste et l'oblige à la dureté.
Le suicide, c'est un acte de ceux qui n'ont pu en accomplir d'autres.
On ne peut séparer propriété et pouvoir ; on peut simplement les faire changer de mains.
La faiblesse sied à une femme, elle le sait : elle sent qu'elle intéresse davantage en paraissant un être délicat. Voilà pourquoi nos femmes, quoique bien portantes, à grasseyer, à faire la malade, à se plaindre de leurs nerfs.
Seuls ceux qui se démarquent de la foule sont dignes d'intérêt.
On peut croire que l'on aime, mais cela ne suffit pas pour réunir un homme et une femme. Ils doivent vivre leur amour pour qu'il existe vraiment, ils doivent le mériter.
La solitude serait un endroit idéal si on pouvait choisir les gens qu'on évite.
Qui a fait du bonheur sentimental l'unique et nécessaire condition du bonheur ? Il suffit peut-être de réaliser quelque chose qui nous dépasse pour accéder à l'au-delà du bonheur.
Non seulement la femme a été plus chichement pourvue que l'homme de dons intellectuels, mais encore elle les perd beaucoup plus rapidement.
La fausse sécurité est plus que l'alliée de l'illusion, elle en constitue la substance même.
Toutes les idées qui triomphent courent à leur perte, et les autres ne valent que par ce que l'on y aura mis soi-même de fièvre et d'espérance.
Les tortionnaires l'ont compris : les petits coups d'épingle bien dosés et répétés font plus de mal et détruisent plus que la cruauté virulente et expéditrice...
On ne sait pas la jouissance que l'on a à multiplier les entreprises, à s'imaginer débordé de travail.
L'insolite et l'illicite, deux ingrédients indispensables de toute pornographie.
Ce qu'il y a d'étonnant, chez les idiots, c'est qu'ils sont presque tous au-dessus de la moyenne.
On ne remplace pas ceux qui meurent, il faut s'habituer à ne vivre qu'une fois.
Il ne faut pas croire au néant, même si c'est la vérité.
Le plus souvent, on se querelle pour vivre, pour se prouver qu'on existe, qu'on est encore capable de lutter, de tenir une idée, même folle.
Tout est si simple et si facile quand on rêve. Comment ensuite continuer tout bonnement d'exister comme s'il n'y avait pas eu cette parenthèse brûlante.
Sera heureux celui ou celle pour qui tout est très important et, en même temps, sans aucune importance.
Avec une télécommande et une chasse d'eau, l'homme est un animal sédentaire qui vit heureux.
Les princes d'aujourd'hui, même s'ils n'étaient que d'opérette, auraient-ils tellement besoin d'argent que, comme de pauvres starlettes de troisième zone, ils devraient vendre leur vie ?
La citation classique est le mot de passe des lettrés du monde entier.
L'amour est la pièce du monde où les actes sont les plus courts et les entractes les plus longs ; de quoi voulez-vous remplir les intermèdes, si ce n'est par les talents ?
C'est le miroir qui se mue dans la femme.
Une laide impérieuse et qui veut plaire est un pauvre qui commande qu'on lui fasse la charité.
On ne donne la parole qu'à ceux qui veulent la prendre.
D'un côté il y a les chiffres pairs, et de l'autre côté, les chiffres mères.
Chacun aime son sentiment quand il l'a dit, mais ce qu'on doit estimer est la parole dite à propos.
L'homme est naturellement bon ; il aime à faire payer les services qu'on lui rend.
Le goût de la vie l'emporte sur celui du meurtre, de beaucoup.
La semence d'hier est la chair de demain.
Je suis en train d'écrire un livre. J'ai déjà tous les numéros de page.
Les belles actions cachées sont les plus estimables.
Je ne serais pas devenu sage sans avoir largement déraisonné avant.
Une partouze, c'est l'amour avec un grand tas.
Je me méfie de tous les paradis que l'on ne porte pas d'abord en soi-même.
Il n'est pas de pire enfer que de se haïr soi-même.
L'existence n'est qu'une succession de souffrances, plus ou moins aiguës, tempérées de moments de bonheur, qui ne finissent qu'avec le dernier souffle.
Dieu n'existe pas, il existe un besoin de Dieu, ce qui revient au même.
Soyons sérieux, on n'est pas pour l'avortement, pas plus qu'on est pour la guerre. Mais parfois, il faut faire la guerre.
Aimez votre souffrance. Ne lui résistez pas, ne la fuyez pas. C'est seulement votre aversion pour elle qui fait mal, rien d'autre.