Le théâtre est un endroit où la pensée humaine peut avancer, un endroit où l'homme qui entre, n'est pas le même que celui qui sort.
La principale différence entre le boucher et le banquier c'est qu'il y en a un des deux qui ne dira jamais : "Il y en a un peu plus, je vous le mets ?"
Le spectacle dominical qui me fait le plus marrer, c'est la sortie des églises après la messe.
Le seul secret qui vaille d'être dévoilé, ce que nous sommes incapables de faire, c'est celui de notre relation avec Dieu. Les hommes n'entrevoient ce vrai secret que lorsqu'ils sont pris par le vertige des profondeurs.
L'écrivain a ce singulier pouvoir de créer de la réalité avec des sornettes, de faire passer pour rouge ce qui est bleu, de transformer les vessies en lanternes. Qu'il ait du talent, et ses mensonges, deviennent plus vrais que des certitudes.
Faute de savoir ce qui est écrit là-haut, on ne sait ni ce qu'on veut ni ce qu'on fait, et qu'on suit sa fantaisie qu'on appelle raison, ou sa raison qui n'est souvent qu'une dangereuse fantaisie qui tourne tantôt bien, tantôt mal.
Tout ce qui devient mot devient pensée et nous éloigne de la vérité indicible.
L'animal est ainsi le seul être animé dont l'existence se confonde avec l'existence, et avec l'existence seule. C'est pourquoi il peut, en un sens, être considéré comme le meilleur « témoin » de l'existence, le seul témoin qui soit à [...] ► Lire la suite
L'écriture, c'est ce neutre, ce composite, cet oblique où fuit notre sujet, le noir-et-blanc où vient se perdre toute identité, à commencer par celle-là même du corps qui écrit.
Les gens sincères ; les opportunistes, qui suivaient la marée et criaient Vive Mao parce que tout le monde en faisait autant ; les hypocrites. Il ne faut donc pas prendre toutes ces démonstrations pour argent comptant.
Le Brexit est l'autre face de la crise des réfugiés - des tensions qui conduisent à la stase, des risques externes qui conduisent à des chocs asymétriques.
De l'Inquisition aux nazis, la destruction obsède les oppresseurs qui, en anéantissant livres et auteurs, pensent éradiquer à jamais leurs idées.
Ici peut-être plus que nulle part ailleurs, les Français qui se trouvent occupés, qui s'y trouvent en activités, intellectuelle, économique, technique, scolaire, religieuse, tous ces Français là nous représentent.
On ne pardonne pas à un homme les idées qu'il défend, à une idée les hommes qui la défendent.
Un mari n'est qu'une espèce de manoeuvre qui tracasse le corps de sa femme, ébauche son esprit et dégrossit son âme.
Tout amour est respectable : celui qui aime est un seigneur, l'indifférent un vassal.
La santé, c'est ce qui sert à ne pas mourir chaque fois qu'on est gravement malade.
Les seules bonnes copies sont celles qui nous font voir le ridicule des originaux.
La culture actuelle n'est que le début d'un long travail, qui durera peut-être des milliers d'années, pour qu'un jour enfin l'humanité connaisse la vérité d'un véritable Dieu.
Quant à ceux qui sont incroyants, leurs oeuvres sont comme le mirage de la plaine ; celui qui a soif prend cela pour de l'eau jusqu'à ce qu'il y arrive et ne trouve rien.
Les seules conférences au sommet qui riment à quelque chose sont celles des alpinistes !
La justice, c'est une invention de ceux qui ont de la chance.
Le temps perçu est forcément du passé, ce qui revient à dire que le présent a un arrière-goût de souvenir et que l'avenir projeté n'est qu'un futur souvenir, donc un passé à venir !
Tu veux bâtir des cités idéales, détruis d'abord les monstruosités : gouvernements, casernes, cathédrales, qui sont pour nous autant d'absurdités.
Les footballeurs n'ont plus de nationalité. Ils n'ont que des clubs qui ont plus ou moins d'argent pour les acheter.
La plupart des amitiés sont hérissées de "si" et de "mais" et aboutissent à de simples liaisons, qui subsistent à force de malentendus.
Les chrétiens sont les seuls au monde qui s'agenouillent devant un instrument de torture. Si Jésus avait été martyrisé à notre époque, je suis sûr qu'on aurait tous des petites chaises électriques autour du cou.
L'originalité, la seule, de Jean Aicard aura été, au cours de sa sinistre existence de plagiaire, ce contraste d'une âme banale jusqu'au vil et d'un visage presque dantesque. Avec cela, une voix merveilleusement nuancée, pathétiquement timbrée, qui fait de tout [...] ► Lire la suite
Il en est beaucoup qui ne sont pas peu fiers d'être à la hauteur de leur irresponsabilité.
En présence d'un nain, inutile d'en faire la description à celui qui n'en avait jamais vu.
Les semences de bien que la nature met en nous sont si frêles et si minces, qu'elles ne peuvent résister au moindre choc des passions ni à l'influence d'une éducation qui les contrarie.
Il y a de ces choses là qui sont cachées dans le temps, et qu'on ne peut trouver qu'avec le temps.
À Hollywood, je suis obèse, je suis une grosse actrice. Je mange comme un homme des cavernes. Je crois bien être la seule actrice qui ne subit pas de rumeurs d'anorexie.
Le partage d'argent est ce qui lui donne sa valeur.
Tout autant qu'Auschwitz, la parole qui tend à saisir la réalité d'Auschwitz signifie rupture et défaite.
Il y a une chose qui rend confortable le matelas le plus mal rembourré : c'est la sonnerie du réveil.
Le progrès social consiste à ne rien laisser à ceux qui font presque tout, pour donner tout à ceux qui ne font presque rien.
La politique fut d'abord l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde. A une époque suivante, on y adjoignit l'art de contraindre les gens à décider sur ce qu'ils n'entendent pas.
L'envie est un vice mesquin, sordide - le vice du forçat qui boude parce que son compagnon de captivité a reçu une plus forte ration de soupe.
Toutes les guerres sont civiles, car c'est toujours l'homme contre l'homme qui répand son propre sang.
Ils ne savent pas que sans poésie, c'est eux qui sont morts.
Tout ce qui est de l'esprit est du diable, tout ce qui est du coeur est de Dieu. Le coeur est niais.
Ce ne sont pas les plus grandes injures qui entraînent le pire ressentiment.
Le conteur, qui veut faire paraître des choses absentes, y réussit bien mieux par le frisson de la peur que par une suite raisonnable de causes et d'effets.
Il n'est nul besoin d'apparence pour aimer. C'est une foi qui accepte de ne pas interroger.
Ce qui a été compris n'existe plus.
Celui qui viole le droit des peuples a peu de chances de bien terminer sa vie.
Il faut toujours se méfier de ses emportements, des excès qui perturbent et finalement qui provoquent le désordre.
L'avenir n'est pas réel. Un rêve qui peut se réaliser ou pas. Le passé seul existe vraiment.
Chez un homme, ce sont les mains qui mentent le mieux, ce sont elles aussi les plus romantiques.