C'est la pensée toute vivante qui dicte le style immortel. Dès qu'elle a trouvé ce qu'elle cherche, elle n'est plus.
Il n'y a pas d'amour abstrait, pas d'amour qui ne pousse sur la mort de quelque chose ou de quelqu'un. Et sans doute est-ce à son pouvoir de sacrifier quelque obligation, que se mesure la force d'un sentiment.
La liste est longue des acteurs dont les rôles ont été prémonitoires ou cause des choses qui leur sont arrivées. Les rôles souvent vampirisent celui qui les tient.
Il y a trois sortes de personnes : celles qui refont toujours les mêmes erreurs, celles qui ne refont plus les mêmes, puis celles qui utilisent les erreurs des autres pour ne pas en faire.
Tout ce qui s'est fait de grand dans le monde, s'est fait au cri du devoir ; tout ce qui s'y est fait de misérable s'est fait au nom de l'intérêt.
Avec le temps, on ne vit plus que des sentiments mitigés : plus rien n'est plein, ni les bonheurs ni les malheurs ; toute chose à son ombre, qui s'allonge et où l'on pourra se reposer.
On ne décide pas de faire un livre, c'est lui qui commande.
Le soir seulement on peut se réjouir d'une journée qui fut bonne.
Qui peut supporter une offense, peut mieux prendre à son point le temps de sa vengeance.
Ne nous lassons pas de prêcher l'amour ; c'est la force qui vaincra le monde.
Car être libre, ce n'est pas simplement se débarrasser de ses chaînes, mais vivre d'une manière qui respecte et renforce la liberté des autres.
C'est la sélection des détails et non pas leur nombre, qui donne à un portrait sa ressemblance.
Toutes les guerres sont civiles, car c'est toujours l'homme contre l'homme qui répand son propre sang.
On ne doit pas solliciter comme une faveur ce qui est dû comme une récompense.
Le temps n'est qu'une machine qui broie dans ses rouages l'amour, jusqu'à ce qu'il ne forme plus qu'un tas de poussière, que l'on balaie sous les tapis de la mémoire.
Tout ce qui m'importe peut être vite dit. La vérité est courte.
Aimons la vérité qui nous reprend, et défions-nous de celle qui nous flatte.
Que de chefs-d'oeuvre gagnent, en vérité, à ne pas être lus. D'où cette passion aveugle que vouent à la littérature ceux qui ne lisent pas.
Dans beaucoup de milieux le cinéma, et le mauvais, est devenu l'éducateur des multitudes qui ne lisent plus et ne réfléchissent plus.
La coutume des voyages de noces a ce grand avantage qu'à des jeunes gens qui souvent se connaissent peu, la variété du décor et les divers incidents de la route fournissent tout naturellement des sujets d'entretien.
Le paradis est plein d'imbéciles qui croient qu'il existe.
Les sociétés qui s'affolent deviennent des sociétés chirurgicales, y compris dans la volonté de retour à la guillotine.
C'est dans le malheur que l'on reconnaît ceux qui nous estiment.
La philosophie, c'est toujours l'ignorance qui interprète le monde, quand immanquablement les cultes que célèbrent Les hommes se font les visions même que les dieux ont de nous
Il n'y a personne qui n'ait plus d'ennemis dans le monde qu'un homme droit, fier et sensible, disposé à laisser les personnes et les choses pour ce qu'elles sont, plutôt qu'à les prendre pour ce qu'elles ne sont pas.
Les cinéastes ne sont pas des marques de confiture ou des couturiers à la recherche du vent qui passe.
Le grand écrivain, c'est celui qui cherche à paraître banal et qui n'y parvient pas.
La principale différence entre le boucher et le banquier c'est qu'il y en a un des deux qui ne dira jamais : "Il y en a un peu plus, je vous le mets ?"
Dieu ne va jamais au secours que des gens qui savent nager.
Si on n'était fidèle qu'à ceux qui le méritent, on ne le serait même pas à soi-même.
L'homme est l'animal dont le plaisir est de faire ce qui ne lui fait pas plaisir.
Nous ne parvenons pas à écrire ce que nous pensons et c'est là, toute la force des mots. Ecrire, c'est perdre son idée au profit de quelque chose qui nous dépasse, qui ne nous appartient même plus.
Les pauvres ont un penchant à donner à de plus pauvres qu'eux... Quand on vit au jour le jour, ce n'est pas changer son état que de se démunir... Donner quand on possède, voilà qui est difficile.
Le poète est passé : un remous dans l'argile se dresse en monument, avec soudain le bras qui se profile, la lèvre et l'oeil aimants.
L'homme est ce qui lui manque.
L'enthousiasme des oies pour les hautes eaux est fort subtile, qui ne peut s'apprécier à sa juste valeur que si l'on a l'habitude de leurs commérage ; Mais l'enthousiasme des carpes est tellement visible qu'il est impossible de passer à côté.
Celui qui arrive quelque part avec de mauvaises intentions en sort aussi bien vite.
A celui qui ne sait pas dire "je suis rassasié", tu retiens la main.
Sur le bon chemin il faut savoir supporter les petites épreuves qui sont des occasions de mérite.
Je ne sais tout simplement pas comment gérer tant de gens qui me donnent autant d'affection. Je n'ai jamais eu cela de ma vie.
Les semences de bien que la nature met en nous sont si frêles et si minces, qu'elles ne peuvent résister au moindre choc des passions ni à l'influence d'une éducation qui les contrarie.
J'avais considéré comment les choses qui n'arrivent jamais, sont souvent autant de réalités pour nous, dans leurs effets, que celles qui s'accomplissent.
Celui qui sait qu'il sait, écoute-le. Celui qui sait qu'il ne sait pas, éduque-le. Celui qui ne sait pas qu'il sait, éveille-le. Celui qui ne sait pas qu'il ne sait pas, fuis-le.
Amadeus Mozart est à la musique quelque chose comme Jean Nicolas Arthur Rimbaud à la littérature. Ce sont des gens qui ont créé quelque chose que personne avant eux n'avait. Des génies absolus. Vous pouvez reconnaître leurs harmonies parmi des milliers.
L'amour est un risque terrible car ce n'est pas seulement soi que l'on engage. On engage la personne aimée, on engage aussi ceux qui nous aiment sans qu'on les aime, et ceux qui l'aiment sans qu'elle les aime.
En fin de compte, je crois que c'est toujours le coeur qui décide.
Ma génération avait un sens des canons littéraires et une connaissance de l'histoire des idées qui ont totalement disparu aujourd'hui.
J'ai rencontré plein de chefs d'État français, qui n'en avaient rien à foutre de la culture!
Nos cauchemars, c'est notre âme qui balaye devant sa porte.
Le ciel est pour ceux qui y pensent.