La différence entre le gout artistique de Kal et le mien c'est que moi je n'en manque pas.
Je suis proustien : je trouve le sens de la vie dans les souvenirs de l'enfance !
On peut bien ouvrir et lire nos lettres. On n'y trouvera que des exemples de droiture et le dégoût des combines.
A force de mettre en avant les acteurs, la forme prend plus d'importance que le fond, le paraître prend le pas sur l'être.
Le tombeau des héros est le coeur des vivants.
En voyant le dimanche matin les gens jouer au tiercé on se met à penser que l'homme est la moins noble conquête du cheval.
La science ne peut remplacer l'intuition et le sentiment, pas plus que la technique ne peut tenir lieu de morale.
C'est souvent l'amitié qui fait naître et qui nourrit et entretient les plus beaux sentiments de générosité dont le coeur humain est capable.
Vivre est une maladie... La mort est le remède.
On ne peut vaincre le mal que par un autre mal.
En amour, celui qui est guéri le premier est toujours le mieux guéri.
Le centre est immobile : la roue avance, son centre ne bouge pas.
Le grand public pense que les livres, comme les oeufs, gagnent à être consommés frais. C'est pour cette raison qu'il choisit toujours la nouveauté.
Quelque grief qu'on ait conter le mariage, on ne saurait lui refuser d'être une expérience.
La richesse, le confort et, accessoirement, l'ineptie d'une nation se mesurent aux sujets de préoccupation de ses élites.
Le commerce est la chose du monde la plus utile à l'Etat.
L'homme a la conscience d'être Dieu, et il a raison, puisque Dieu est en lui. Il a conscience d'être un cochon et il a également raison parce que le cochon est en lui. Mais il se trompe cruellement quand il prend le cochon pour un Dieu.
Paradoxalement, seul un incroyant pourrait éventuellement prouver la vérité de Dieu. Le croyant, lui est trop occupé à aimer : il ne guette pas des démonstrations, mais des caresses.
L'on est plus sociable et d'un meilleur commerce par le coeur que par l'esprit.
Ce ne sont pas du tout les méchants qui font le plus de mal en ce monde. Ce sont les maladroits, les négligents, les crédules. Les méchants seraient impuissants sans une quantité de bons.
N'importe qui étant bon à n'importe quoi, on peut, n'importe quand, le mettre n'importe où.
Si l'on ne fait pas le bien par goût naturel, que ce soit par désespoir ; ou du moins pour ne pas faire le mal.
Le bonheur consiste sans doute à jongler efficacement avec les multiples réalités qui nous atteignent.
Que sait-on de l'être humain si on ne le replace pas dans son éternité, bien sûr, mais aussi dans son histoire, dans sa vie quotidienne, dans ce qui se passe ?
La vie en agit souvent à l'égard des hommes comme on le fait des animaux. Les tourmentant trop pour qu'ils vivent, et trop peu pour qu'ils meurent.
La puissance est le signe que nous donne la vie pour nous prévenir que l'on est en train de vieillir.
Ce n'est pas ce qui est criminel qui coûte le plus à dire, c'est ce qui est ridicule et honteux.
Le vin est le symbole et le moyen de la communion sociale : la table entre tous les convives établit le même niveau et la coupe qui y circule nous pénètre envers nos voisins, d'indulgence, de compréhension et de sympathie.
Elles attendent le Prince Charmant, ce concept publicitaire débile qui fabrique des déçues, des futures vieilles filles, des aigries en quête d'absolu, alors que seul un homme imparfait peut les rendre heureuses.
Il est plus facile à l'imagination de se composer un enfer avec la douleur qu'un paradis avec le plaisir.
Les fausses opinions ressemblent à la fausse monnaie qui est frappée d'abord par de grands coupables et dépensée ensuite par d'honnêtes gens qui perpétuent le crime sans savoir ce qu'ils font.
Le meilleur remède des injures c'est de les mépriser.
La légende, qu'est-ce, sinon une ligne qui, partie d'une vérité, revient à cette vérité après avoir fait le tour du ciel ?
Le plaisir vit là où le sens s'est éteint.
Le propre du véritable danger est précisément de ne jamais venir d'où on l'attend.
Le consciencisme est l'ensemble, en termes intellectuels, de l'organisation des forces qui permettent à la société africaine d'assimiler les éléments occidentaux, musulmans et euro-chrétiens présents en Afrique et de les transformer de façon qu'ils s'insèrent dans la personnalité africaine. Celle-ci se définit elle-même par l'ensemble des principes humanistes sur quoi repose la société africaine traditionnelle.
En chaque enfant, on l'ignore trop, naît et se développe le projet intuitif d'être considéré comme une (grande) personne. Aussi attend-il qu'on ait à son égard le comportement et le respect que l'on a vis-à-vis d'un adulte. Il a raison.
La conscience de soi n'est pas fermeture à la communication. La réflexion philosophique nous enseigne au contraire qu'elle en est la garantie. La conscience nationale, qui n'est pas le nationalisme, est la seule à nous donner une dimension internationale.
La paix est ce bref moment glorieux de l'histoire où tout le monde se tient debout pour recharger.
Le pays où les pierres vous connaissent vaut mieux que le pays où les gens vous connaissent.
Je ne suis pas un acteur américain. Je suis un acteur français. Je vais continuer en France. Si je pouvais faire un autre film muet en Amérique, je le ferais!
Je n'ai pas de regret dans le sens où je me dis que je suis allé au bout des choses.
L'asile le plus sûr est le sein de la mère.
Le succès des armes, jamais, ne suffit à marquer la justice d'une cause.
Le leadership génère tout l'inverse du suivisme.
Le mystère de l'art, c'est que tout sonne juste quand tout est faux.
Très souvent, le mal vient du remède même. Ce n'est donc pas la pire règle de la vie que de laisser aller les choses.
Le chemin est long par les préceptes et court par les exemples.
Souvent le cochon le plus laid a la meilleure part.
Tout le monde a son grain de folie, sauf vous et moi, et parfois je me demande si vous ne l'avez pas vous aussi.