La poésie de la terre ne meurt jamais.
L'éclat de la poésie se révèle hors des moments qu'elle atteint dans un désordre de mort.
La poésie est un don. Elle peut faire vivre et survivre. - Et pourquoi pas mourir ?
Ce que certains découvrent dans la poésie et les musées, je le ressens dans un bon coup de départ.
La poésie, c'est la monture de l'adjudant.
Au fond, tout le mystère de la poésie est d'être attentif au monde.
La poésie n'est utile qu'aux plaisirs de notre âme.
L'excès de sagesse devient fou, la sagesse n'évite la folie qu'en se mêlant à la folie de la poésie et de l'amour.
La poésie a toujours été dans le monde arabe un pouvoir, et prince le poète.
S'il peut y avoir une analogie de la poésie avec la grâce, c'est que la poésie est une grâce.
La poésie n'est que l'exhibition formelle de la conscience qui souffre et qui aime et qui appréhende le monde.
C'est la philosophie qui découvre les vertus utiles de la morale et de la politique. C'est l'éloquence qui les rend populaires. C'est la poésie qui les rend pour ainsi dire proverbiales.
La seule signature au bas de la vie blanche, c'est la poésie qui la dessine.
La seule chose qui nous reste de la civilisation, c'est la poésie.
La poésie est un art de vivre.
La poésie introduit juste ce qu'il faut de silence pour troubler le vacarme.
La poésie et la musique sont les plus belles parures des hommes.
La poésie, c'est la vérité prophétique de l'existence. Ce n'est pas un supplément d'âme, mais sa transcendance.
La poésie est le langage naturel de tous les cultes.
La poésie passe par l'amour des mots, l'alchimie du verbe. C'est aussi ce qui nous délivre de nous-même, qui nous permet de trouver ce qui est ailleurs.
La poésie est une forme de violence.
Le théâtre porte au plus haut l'intention (souvent oubliée) de la poésie, qui est de maintenir ouverte, pour tous, dans la langue, la circulation de l'infini.
La poésie ne peut se permettre l'humour.
N'est-il pas dans la nature de la poésie d'être et de rester souterraine ?
La poésie, c'est la prise en charge du quotidien, c'est la découverte du présent dans ce qu'habituellement on cherche à fuir.
Tant qu'il y aura des yeux reflétant les yeux qui les regardent ; tant qu'une lèvre répondra en soupirant à la lèvre qui soupire ; tant que deux âmes pourront se confondre dans un baiser, il y aura de la poésie !
Ce n'est pas ce qu'on fait sortir de soi dans la poésie des autres qui est important, mais le fait d'avoir enfin une oreille pour l'entendre.
La poésie est une maladie du cerveau.
C'est à la poésie que tend l'homme ; il n'y a de poésie que du concret.
La poésie dit l'Ineffable : on le lit, on le relie.
L'amour est muet, dit Novalis ; seule la poésie le fait parler.
La poésie est une éternelle jeunesse qui ranime le goût de vivre jusque dans le désespoir.
La poésie est cette vie de secours où l'on apprend à s'évader des conditions du réel, pour y revenir en force et le faire prisonnier.
La poésie, c'est le point où la prose décolle.
Le but de la science est de rendre les choses difficiles compréhensibles d'une manière plus simple ; le but de la poésie est d'énoncer des choses simples d'une manière incompréhensible. Les deux sont incompatibles.
La poésie est une aventure vers l'absolu.
La poésie vit d'insomnie perpétuelle.
Le bonheur est la poésie des femmes, comme la toilette en est le fard.
La poésie, c'est quelque chose qui marche par les rues.
Créer ce que jamais nous ne verrons, c'est cela la poésie.
La poésie, c'est rechercher le contact avec ce que la vie a d'immédiat, dans des rapports avec d'autres êtres qui en deviennent de l'absolu.
La poésie, pour moi, c'est l'affiche sur laquelle on découvre une sublime nana.
La poésie est active dans toutes les formes de création. C'est elle qui en fait la beauté, laquelle est un éveil, un cri d'alarme.
Trois choses sont impossibles à acquérir : le don de la poésie, la générosité, un rossignol dans la gorge.
Ne faut-il pas croire dans la vie pour réciter de la poésie ?
La poésie, c'est le temps durant lequel un homme oublie qu'il va mourir.
La poésie peut être l'envers du silence, son miroir.
Car la vie, j'en suis convaincu, est faite de poésie. La poésie n'est pas étrangère à la vie.
La poésie ne mène à rien - à condition de ne pas en sortir.
Toute tentative d'apprendre est autodestructrice. Lorsque vient l'érudition, la poésie s'en va.