Dans les dîners en ville, on parle à bâtons rompus. Sur le dos des autres.
L'on croit se libérer (et de quoi ?) en écrivant et à écrire, on s'emprisonne. L'on crée des personnages qui nous enchaînent et l'on a peur de revivre leur destinée.
Il y a des femmes qui entre l'église et la mairie ont déjà un naturel de veuve.
C'est le chant des galets qui enseigne la manière de bâtir un mur... Et quand un galet ne se trouve pas bien dans un mur, le mur ne se trouve pas bien debout.
L'un des meilleurs moyens de convaincre les autres est avec vos oreilles - en les écoutant.
Il est des respects qui frisent l'insulte.
Les contes de fées sont les romans érotiques des enfants.
La passion est mieux guidée par la lumière du sentiment que par des idées suivies.
Êtes-vous pauvre ? Signalez-vous par des vertus. Êtes-vous riche ? Signalez-vous par des bienfaits.
S'écrire des lettres est la seule chose qui rend présents les hommes absents.
Le terrible des mauvaises idées, c'est que peu à peu les mauvais esprits se familiarisent avec elles.
La minute où tu arrêtes de faire des erreurs est la minute où tu arrêtes d'apprendre.
Le problème avec les gens qui n'ont pas de vices, c'est qu'en général on peut être sûr qu'ils vont avoir des vertus plutôt ennuyeuses.
Pour surmonter les interdictions, on a dû inventer des mots « masques », cacher les faits derrière des euphémismes.
Les troupes d'opéra avaient l'avantage d'apprendre la patience, en rodant des rôles de difficulté progressive.
Un des tests de l'autorité est d'identifier un problème avant qu'il ne devienne une urgence.
Tout est drôle, dès l'instant que ça arrive aux autres.
Une civilisation me paraît se définir à la fois par des questions qu'elle pose et par celles qu'elle ne pose pas.
Je me demande si la guerre n'éclate pas dans le seul but de permettre à l'adulte de faire l'enfant, de régresser avec soulagement jusqu'à l'âge des panoplies et des soldats de plomb.
Une loi naturelle veut que l'on désire son contraire, mais que l'on s'entende avec son semblable. L'Amour suppose des différences. L'amitié suppose une égalité.
Si la peur des conséquences éloigne parfois du mal, elle éloigne beaucoup plus souvent du bien.
Vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal.
La mer isole de tout et dispense des sensations qui n'ont rien à voir avec les tics nerveux citadins.
Il voyait le moins possible de personnes qu'il pouvait, afin de s'épargner le plus possible l'ennui des enterrements.
Les hommes qui ne parviennent pas à être maîtres chez eux et qui ne sont pas le principal objet de sollicitude de leur femme sont toujours des malchanceux.
Ce sont des hommes publics : ils sont sortis de l'ombre pour entrer dans la boue.
Un gouvernement doit faire croire qu'il gouverne, mais ses décisions sont dictées par les équilibres des partis et des circonstances.
Celui qui écrit des livres est tout (un univers unique pour lui-même et pour tous les autres) ou rien. Et parce qu'il ne sera jamais donné à quelqu'un d'être tout, nous tous qui écrivons des livres, nous ne sommes rien.
La biographie est une prison. Prison des dates, des faits, des fiches. Le roman, c'est la liberté.
L'abondance des programmes est-elle un progrès ? On pourrait répondre : évidemment ! Dans une optique de pure consommation plus il y en a mieux on se porte.
Un homme convaincu en écrasera cent qui n'ont que des opinions.
Soixante-trois ans. Vouloir la vie comme si j'en avais trente. Un sac à dos épuisant. Des bouts de santé qui foutent le camp. Etre au mieux avec la mémoire. En couleurs ou noir et blanc. Selon le bouleversement.
Le succès représente le 1% de votre travail qui résulte des 99% qu'on appelle l'échec.
Il y'a des acteurs qui préfèrent prendre la plume, moi je préfère dire le texte des autres. C'est mon métier !
Réfléchis, réfléchis juste deux minutes ! Qu'est ce que tu ferais toi d'une petite île malade ?! Ils nous ont mis en quarantaine, il y'a aucune contamination ! C'est juste des humains tuant des humains !
Pourquoi construire des déchetteries quand les musées d'art contemporain font l'affaire ?
Il y a des gens si insignifiants qu'on ne les voit pas devant leur ombre.
Le drame de notre époque, c'est que la plupart des gens ne respectent l'âge que lorsqu'il est en bouteille.
Qui veut manger des oeufs supporte le caquet des poules.
Il y a certainement des tas de choses que l'argent ne peut acheter, mais c'est amusant : avez-vous déjà essayé de les acheter sans argent ?
Les prétentions sont des lettres de change tirées sur l'amour-propre du voisin qui les renvoie toujours protestées.
L'homme est un bipède omnivore qui porte des bretelles.
Méfiez-vous des boissons fortes . Elles peuvent vous pousser à tirer sur les percepteurs... et à les manquer.
Tout l'art humain s'est développé au service des rites.
Les dialectes sont les grands trésors régionaux à l'égal des cathédrales.
Nous vivons dans un monde où des activités de plus en plus nombreuses et pressantes concurrencent toujours plus durement celle qui consiste à se préoccuper de la poésie, que ce soit dans les livres ou dans le rapport à soi.
Quand on écrit des romans, on n'a aucune responsabilité, à l'exception du plaisir que l'on peut apporter au lecteur.
On déteste les contes de fées des autres.
S'aimer les uns, les autres, s'aimer tous. Non pas à des heures fixes, mais toute la vie. Aimer les pauvres gens, aimer les gens heureux, aimer l'inconnu, aimer le prochain qui est au bout du monde, aimer l'étranger qui est tout près de chez vous. Aimer.
Nous attendions notre plaisir de ses péripéties enchaînée, campés hors du temps, dans la fumée des pipes et les relents du marc brutal dont les femmes remplissaient nos verres.