La plupart des livres d'à présent ont l'air d'avoir été faits en un jour avec des livres lus de la veille.
On ne remplace pas des plombs sautés avant de savoir pourquoi ils ont sauté.
Il y a des erreurs qui contiennent une autre vérité.
Le peuple américain comprend parfaitement que, pour assurer sa protection et mener notre politique étrangère, nous dirigeons des opérations complexes, que l'on ne peut dévoiler au grand public. Pas par goût du secret, mais par devoir. C'est la prérogative du pouvoir exécutif.
La France est tellement le premier des peuples que tous les autres, quels qu'ils soient, doivent s'estimer honorablement partagés lorsqu'ils sont admis à manger le pain de ses chiens.
Je cherche des amis qui me font rire.
Une femme s'approprie une tenue avec des accessoires.
Il ne faut pas prendre des vessies pour des lanternes.
La connaissance des moyens d'exprimer notre émotion est essentielle et n'est acquise qu'après une très longue expérience.
La musique prend la place des mots lorsque les gens ne savent pas quoi dire, et je pense que la musique peut être plus éloquente que les mots.
Le problème, c'est que, à force de faire des villes différentes tous les jours, je finis par oublier leurs noms
Il y a des miroirs pour le visage, il n'y en a pas pour l'esprit.
C'est un phénomène classique que la déchéance des études s'accompagne de l'inflation des diplômes et des titres.
Une civilisation me paraît se définir à la fois par des questions qu'elle pose et par celles qu'elle ne pose pas.
Une loi naturelle veut que l'on désire son contraire, mais que l'on s'entende avec son semblable. L'Amour suppose des différences. L'amitié suppose une égalité.
L'homme est entraîné par son esprit à des souffrances qui sont bien au-dessus de sa condition.
Nous vivons dans un temps, où, si quelques-uns trouvent les galères à moitié chemin du pouvoir et de la fortune, il en est d'autres qui trouvent la fortune et le pouvoir à moitié chemin des galères.
Chassez la contrariété, elle reviendra vous hanter à la une des journaux.
Chez l'homme civilisé, la crainte de ses morts n'a rien de commun avec le mysticisme des primitifs. Elle est un retour de flamme de sa conscience, un déguisement de ses remords.
Les individus sont des énigmes décourageantes, leurs réactions sont imprévisibles. Malgré l'existence en commun, les êtres sont éternellement seuls et séparés.
Si l'homme n'a pas le pouvoir de modeler le monde à sa convenance, il a du moins celui de tailler des verres qui lui permettent de le faire apparaître à peu près comme il veut.
La plupart des peintres actuels exposent des portraits qui semblent avoir été faits vite en dehors des heures de pause.
Les vers luisants sont l'image des femmes : tant qu'elles restent dans l'obscurité, on est frappé de leur éclat ; dès qu'elles veulent paraître au grand jour, on ne voit plus que leurs défauts.
C'est justement ça, vivre, c'est avoir des problèmes et les résoudre...
Nous sommes à la fois tentés par l'hominisation des animaux, qui révèle souvent nos projections fantasmatiques, et par la bestialisation des hommes, autre manière pour nous de figer l'autre dans une animalité indigne.
L'espoir est le privilège des perdants...
Dès que les hommes de lettres se mettent à écrire, ils cessent de lire les oeuvres de leurs confrères.
Des qualités trop supérieures rendent souvent un homme moins propre à la société. On ne va pas au marché avec des lingots ; on y va avec de l'argent ou de la petite monnaie.
La psychologie. Quand on se sert de ce mot-là, on a l'air de siffler des chiens.
Je fais des dons à toutes les religions. Je détesterais gâcher mon au-delà pour un détail technique.
Les révoltes et les violences naissent moins des misères que des injustices.
La guerre : providence des amants.
Quand on écrit des romans, on n'a aucune responsabilité, à l'exception du plaisir que l'on peut apporter au lecteur.
- Le terrorisme vise à paralyser une société par la peur.- Les terroristes amateurs font exploser des voitures. Les professionnels font grimper les chiffres du chômage.
Tous les enfants, vous le savez, sont des navires qu'un proverbe pareil aux brises les plus douces conduit, syllabe après syllabe, au continent où les pingouins dorés racontent des poèmes.
Nous vivons une époque où il faut savoir rire de soi d'abord avant de rire des autres.
Le pouvoir de mort, il est rarement du côté des femmes. Et en tout cas, quand il est du côté des femmes, il séduit rarement les hommes.
L'homme d'aujourd'hui est colossal par l'énormité des responsabilités qui pèsent sur lui, et minuscule devant l'immensité des tâches qui de toutes parts l'appellent.
La moindre des qualités que doit posséder un homme d'honneur consiste à garder un secret. La plus grande consiste à oublier ce secret.
Tout est drôle, dès l'instant que ça arrive aux autres.
Ce qui doit dégoûter de la science, c'est que jamais elle ne nous apprendra ni l'origine du monde, ni le premier principe des êtres, ni leur destination.
La mer isole de tout et dispense des sensations qui n'ont rien à voir avec les tics nerveux citadins.
L'avantage des formules, c'est d'avoir l'air profond, parce qu'elles sont vagues, claires parce qu'elles sont dogmatiques.
L'homme est un bipède omnivore qui porte des bretelles.
Nous accordons à autrui des louanges que nous ne croyons pas, afin qu'en échange il nous en accorde que nous croirons.
Il faut mener les hommes avec des phrases plus qu'avec la raison.
Onze ans, on questionne tout, les réponses n'arrivent pas à hauteur des doutes.
Parmi ceux qui lisent, il y en a vingt qui lisent des romans, contre un qui étudie la philosophie. Le nombre de ceux qui pensent est excessivement petit, et ceux-là ne s'avisent pas de troubler le monde.
Il n'y a d'histoire digne d'attention que celle des peuples libres. L'histoire des peuples soumis au despotisme n'est qu'un recueil d'anecdotes.
Chacun poursuit en lui sa Route des Indes et l'homme est plus vaste que la terre, dont on fait le tour en quelques heures.