Mourir est le seul verbe qui se conjugue au passé décomposé.
Au sommet de la puissance, on ne voit plus rien du tout.
Nous ne parvenons pas à écrire ce que nous pensons et c'est là, toute la force des mots. Ecrire, c'est perdre son idée au profit de quelque chose qui nous dépasse, qui ne nous appartient même plus.
Les pauvres ont un penchant à donner à de plus pauvres qu'eux... Quand on vit au jour le jour, ce n'est pas changer son état que de se démunir... Donner quand on possède, voilà qui est difficile.
Tout comme certaines sciences occultes, les statistiques possèdent leur propre jargon, volontairement mis au point pour dérouter les non-initiés.
Les amis sont ceux qui vous forcent au bonheur.
Il y a un rebelle au plus profond de mon âme. Chaque fois que quelqu'un me dit que la tendance est telle ou telle, je vais dans la direction opposée. Je déteste l'idée des tendances. Je déteste l'imitation; J'ai une vénération pour l'individualité.
Le mariage est cette grande folie, et je pense que si les gens savaient cela, ils le prendraient peut-être plus au sérieux.
L'esprit qui invente est toujours mécontent de ses progrès, parce qu'il voit au-delà.
C'est utile, une révolution. Ça met des freins au gouvernement, ça le force à agir, à pencher d'un certain côté. Mais pas plus. L'état demeure.
Le fanatisme, toujours serviteur du faux. Même au service du vrai, il serait haïssable.
Nous aspirons tous au triomphe de la notion d'espèce humaine dans les esprits et dans les consciences, de sorte que l'histoire particulière de telle ou telle race s'efface devant celle de l'homme tout court.
En science et surtout en politique, les idées, souvent plus têtues que les faits, résistent au déferlement des données et des preuves.
Ne passez pas tout votre temps à couper du bois au point d'en oublier d'affûter votre hache.
J'aime bien que l'on m'invente des mots d'esprit. Cela permet au mien de se reposer.
L'amour au masculin est singulier. Au féminin, pluriel. J'aurais volontiers pensé le contraire.
Le jour où vos chiffres sortiront au loto, ce sera la seule fois où vous ne les aurez pas joués.
Aucun de nos instants qui ne soit éphémère ! La mort est une corde au cou de tout vivant.
Qui se grise de rêverie est d'autant plus prêt au délire qu'il prolonge son extase.
Il n'y a rien de plus irritant que les choses dont on ne peut saisir la nature. Elles mettent au défi notre manie de tout nommer, de tout ranger par catégories précises.
Un sot qui a un moment d'esprit étonne et scandalise, comme des chevaux de fiacre au galop.
L'Histoire fait irruption au sein de vies en apparence banales, dévoilant d'un coup le courage impavide d'hommes que l'on pouvait juger ordinaires.
La caricature sert aussi indirectement à sauver la vie des hommes politiques. Pendant que le peuple rigole, il ne pense pas à mettre une tête au bout d'une pique.
Un arbitre est chargé de couper la poire en deux au moyen du fil à couper le beurre.
Les voyageurs parlent d'une espèce d'hommes sauvages, qui soufflent au passant des aiguilles empoisonnées. C'est l'image de nos critiques.
Comment réussir à prendre tout à fait au sérieux tout cela dont le sérieux ne dépend que de nous ?
Pour aller au bout du plaisir, il faut aimer plus que le plaisir.
On parle du courage d'un condamné à mort qui marche jusqu'au lieu de l'exécution : il en faut parfois autant pour garder une façade acceptable en allant au-devant de la souffrance quotidienne.
Il y a deux éducations : la première que l'on reçoit au lycée, la seconde que l'on se donne à soi-même ; la première est indispensable, mais il n'y a que la seconde qui vaille.
Le jeu de mots, méprisable en soi, peut être, au service d'une intention artistique, le plus noble des instruments quand il représente une idée spirituelle en raccourci. Il peut ramasser en une épigramme toute une critique de la société.
Dieu ne va jamais au secours que des gens qui savent nager.
Nos idées morales naturelles et frustes, au lieu de fournir un remède à la partialité de nos affections, s'accordent plutôt avec cette partialité et lui donnent un supplément de force et d'influence.
C'est peut-être au dehors que l'on guette, mais c'est toujours au fond de soi que l'on attend.
Le monde n'a peut-être été créé que pour réaliser le mal. Si, au lieu de contrarier le mouvement, nous le suivions, on obtiendrait un bon résultat.
Quand je grimpe à l'échelle du bonheurTout en haut, il y a une fleurUne fleur en forme de coeurA-t-on jamais vu ça ?Elle est en toi MamanQuand je suis tout au fond de tes bras.
On m'a dit que j'étais la troisième personne la plus connue au monde. J'en suis encore étonné. Je dois avoir une tête qui marque!
Quand on fait guili-guili au scorpion, il redresse la queue.
Tout nous ramène à quelque idée de la mort, parce que cette idée est au fond de la vie.
Si les hommes avaient mis le bonheur au-dessus de tout, ils seraient restés poissons ou même moins.
C'est au goût seul à juger d'un ouvrage.
Et tout ça, ça fait,D'excellents Français,D'excellents soldats,Qui marchent au pas.
Le sage est supérieur au prophète.
Si je porte des lunettes noires sur scène, ça n'est pas pour jouer au vieux rocker. C'est que je ne veux pas être distrait par tout ce qui se passe autour de moi. Sans ces lunettes, j'ai l'impression d'être tout nu au beau milieu d'une épicerie, avec des miroirs au plafond.
Le cinéma, art collectif, demande des chefs qui mènent leurs troupes et les inspirent, comme des généraux au combat.
Il y a deux espèces d'hommes, ceux qui s'habituent au bruit et ceux qui essaient de faire taire les autres.
L'avare se suicide avec un revolver acheté au marché aux Puces.
Les parfums sont de puissants magiciens pouvant vous transporter au travers des années que vous avez vécues.
Un homme sans défauts a au moins une qualité : celle d'être bien défini.
Il faut le dire : il y a trop de grands hommes dans le monde ; il y a trop de législateurs, organisateurs, instituteurs de sociétés, conducteurs de peuples, pères des nations, etc. Trop de gens se placent au dessus de l'humanité pour la régenter, trop de gens font métier de s'occuper d'elle.
Chemin faisant, que ce fut tendreD'ouïr à deux le chant joliQue l'eau du ciel faisait entendresur le toit de mon parapluie !J'aurais voulu, comme au déluge,Voir sans arrêt tomber la pluie,Pour la garder, sous mon refuge,Quarante jours, quarante nuits.