Je pense que la célébrité en elle-même n'est pas une récompense. Tout au plus, elle te permet d'avoir une place au restaurant.
Qui ne sait mettre sa volonté dans les choses, y met au moins un sens : cela revient à croire qu'une volonté s'y trouve déjà.
Il en est de la vieillesse comme d'un reste de vin oublié au fond de la bouteille : l'un et l'autre tourne facilement à l'aigre.
Quand on a pris l'habitude de brûler au feu de la politique, si le foyer s'éteint, on reste infirme.
La supériorité de l'allaitement au sein sur le biberon réside essentiellement dans le fait que son emballage est plus agréable à l'oeil.
Tout l'art humain s'est développé au service des rites.
Mais ce chat ne peut-il aussi être, au fond de ses yeux, mon premier miroir ?
Pour les gens c'est tout ce que j'ai, ma beauté. La beauté n'existe pas, la beauté ne dure pas. Toi, tu es laid, et tu ne connais pas ta chance : au moins, si on t'aime, c'est pour une autre raison.
Soixante-trois ans. Vouloir la vie comme si j'en avais trente. Un sac à dos épuisant. Des bouts de santé qui foutent le camp. Etre au mieux avec la mémoire. En couleurs ou noir et blanc. Selon le bouleversement.
Il ne faut jamais faire confiance au pouvoir sans vérification.
Je ne pense pas que nous ayons un «droit» au bonheur. Si le bonheur arrive, dites merci.
Jusqu'à aujourd'hui, j'ai vécu 40 ans qui en valent au moins 70. Ma vie a été bien remplie : je suis sorti de Fiorito pour atteindre le toit du monde, là haut, tout en haut de la célébrité. Mais une fois arrivé là, j'ai dû me démerder tout seul.
Le problème de «Voyage au bout de la nuit» de Céline est que ce livre est dangereux. Une fois qu'on l'a lu, qu'est-ce qu'on lit après?
L'homme de science le sait bien, lui, que seule la science, a pu, au fil des siècles, lui apporter l'horloge pointeuse et le parcmètre automatique sans lesquels il n'est pas de bonheur terrestre possible.
Qu'est-ce que la richesse ? Il en est pour qui une vieille chemise est déjà une fortune. Un autre se trouve pauvre avec dix millions. Au fond, il ne s'agit que d'une situation.
Les mensonges sont des petits voyages dans l'au-delà de l'amour.
S'aimer les uns, les autres, s'aimer tous. Non pas à des heures fixes, mais toute la vie. Aimer les pauvres gens, aimer les gens heureux, aimer l'inconnu, aimer le prochain qui est au bout du monde, aimer l'étranger qui est tout près de chez vous. Aimer.
Mon point de départ a été un article paru dans un hebdomadaire américain en 1954. Il expliquait que la valorisation des capacités de production américaines exigeait que la consommation croisse de 50 % au moins dans les huit années à [...] ► Lire la suite
Marchez toujours vers les portes ouvertes. Et si elles vous claquent au visage, enfoncez-les et continuez.
L'homme est entraîné par son esprit à des souffrances qui sont bien au-dessus de sa condition.
Il y a des pièces en trois actes dont les deux premiers n'ont été faits que pour donner au public le temps de s'asseoir.
Je pense qu'il n'est pas bon de trop économiser ce bout de chandelle qu'est la vie et que, si on a tort de le brûler par les deux bouts, il faut en garder au moins toujours un allumé.
C'est au rythme de mon cÏur que battent mes mots.
Quand on écrit des romans, on n'a aucune responsabilité, à l'exception du plaisir que l'on peut apporter au lecteur.
Un son ne doit jamais venir au secours d'une image, ni une image au secours d'un son.
Chaque homme a l'obligation de remettre au monde l'équivalent au moins de ce qu'il en retire.
Celui qui vit au milieu de biens impérissables ne ressemble en rien à un être mortel.
Ceux qui prétendent vivre totalement au jour le jour sont de fieffés menteurs.
Ce qui me fait parfois penser que les émotions religieuses n'ont pas plus de raison d'être que les autres, c'est qu'elles n'offrent pas plus de résistance au temps.
On dort les uns contre les autres. On vis les uns avec les autres. On se caresse, on se cajole, On se comprend, on se console, Mais au bout du compte, on se rend compte Qu'on est toujours tout seul au monde.
Pourquoi vous faire grands avec des mots ? Philosophes au cerveau de crécelle.
Qui inventera jamais la lecture qu'on ne lit pas ! La lecture qui s'imprime directement dans le cerveau, et surgit au moment bien choisi, quand on discute à table.
Tant qu'on n'exerce pas le pouvoir on n'a pas idée de ce que c'est. On pense que c'est s'asseoir à son bureau, donner des ordres, ne jamais être contrarié.On imagine que c'est une facilité. Au contraire, plus on s'approche du [...] ► Lire la suite
La meilleure chose sur le fait d'être célèbre, c'est que l'on puisse voyager. J'ai toujours voulu traverser les mers, comme pour aller au Canada et tout ça.
J'écris particulièrement du milan parce que c'est mon destin. Au plus lointain souvenir de mon enfance, je me souviens qu'étant au berceau, un milan vient à moi et m'ouvrit la bouche avec sa queue, et plusieurs fois me frappa ainsi de sa queue entre les lèvres.
Tout au long de son internat ma mère répétait souvent il faut un an pour apprendre à tenir un bistouri et toute une vie pour apprendre à le lâcher, et elle avait raison.
La nécessité de vivre au milieu d'imbéciles n'est épargnée quasiment à personne.
Vous les hommes, jusqu'à quand ces coeurs fermés, ce goût du rien, cette course au mensonge ?
Il n'y a que deux espèces de gens qui soient en paix : - ceux qui n'ont rien compris au mystère de Dieu et qui croient l'avoir compris : les théologiens. - ceux qui ont "réalisé" et ont accepté de ne rien savoir sur Dieu.
Moins est visible le Dieu que nous prions, plus il ressemble au Dieu que nous verrons un jour.
Il n'existe pas d'homme, si médiocre soit-il, qui n'ait connu, au moins durant une heure, le vertige d'être au-dessus de lui-même. La passion, comme les cyclones, fait voler indistinctement les branches saines et les feuilles sèches.
Faites monter l'arsenicFaites monter le mercureFaites monter l'aventureAu-dessus de la ceintureEt les pépitesJetez-les aux ordures.
Qu'est-ce que le fascisme, sinon un régime d'oppression au profit de quelques-uns ?
On n'apprend pas son chemin au vieux gorille.
Ce n'est point à Dieu de descendre sur la terre, c'est à l'homme à monter au ciel.
Il est facile de dire qu'on est heureux et gênant d'avouer qu'on ne l'est pas. Peut-être parce qu'au fond, l'homme est fait pour le bonheur et que les malheurs viennent de lui-même.
Un homme qui joue toujours la comédie se fait parfois mal juger. On finit par ne plus le prendre au sérieux.
Le poète est passé ; au milieu du silence s'organise un concert, comme un lilas ; une pensée se pense, le monde s'est ouvert.
Le passé me remonte à l'âme... et comme un pâtreQui rêve solitaire au fond du soir bleuâtreJe regarde immobile en mon recueillement,Je regarde là-bas sur mon coeur doucement,Plus suave, on dirait, dans les ombres accrues,Tourner le choeur léger des choses disparues.
Vous pouvez tous aller en enfer. Je vais au Texas.