Le remède au mal consiste parfois à oublier le mal et à oublier le remède.
Il n'y a que les imbéciles qui se croient volés en donnant trop à une fille.
Tout écrivain, pour écrire nettement, doit se mettre à la place de ses lecteurs.
Nous sommes tous résignés à la mort ; c'est à la vie que nous n'arrivons pas à nous résigner.
Rien ne peut jamais marcher si l'on songe à tout ce qu'il faut pour que ça marche.
Le Christ n'a jamais dit : "Aimez-vous les uns les autres". C'est une coquille. Il a dit "Armez-vous les uns les autres". Il a d'ailleurs été compris.
Certains maris admirent davantage leur femme à mesure qu'ils sont plus trompés. A côté des cocus honteux, il y a les cocus émerveillés.
Il faut finir par se convertir à l'homme, un jour ou l'autre, et au bon Dieu ensuite.
Il n'y a rien de plus compromettant que la folie et l'on ne s'en passionne pas sans y ajouter sa part.
On ne devient un homme et on ne peut percevoir le vrai sens de notre existence que lorsque l'on a pris conscience que l'on n'était pas le centre de l'univers.
Certains aiment tellement l'humanité, qu'ils sont prêts à l'exterminer pour assurer son bonheur.
L'honnête homme ment dix fois par jour, l'honnête femme vingt fois par jour, l'homme du monde cent fois par jour. On n'a jamais pu compter combien de fois par jour ment une femme du monde.
Quand on a "une dent" contre quelqu'un, il est inutile de mâcher ses mots.
Les seules conférences au sommet qui riment à quelque chose sont celles des alpinistes !
A la guerre, il y a des questions qui ne se posent pas.
Les êtres ne se rencontrent à peu près jamais, sauf quelques heures ici et là dans toute existence ; c'est ça le drame.
Il y a des parents qui veulent, à tout prix, maintenir le prestige de l'autorité et qui ne réussissent qu'à installer, dans leur foyer, le spectre hideux de la tyrannie. Ils font, de leurs enfants, des esclaves ou de sauvages petits rebelles.
Les chats suivent le principe selon lequel on ne blesse personne à demander ce que l'on veut.
Il en est d'un lendemain de mariage comme de celui d'un enterrement ; après la cérémonie, chacun s'en retourne à son travail en se disant : je suis content que ce soit fini.
Le temps perçu est forcément du passé, ce qui revient à dire que le présent a un arrière-goût de souvenir et que l'avenir projeté n'est qu'un futur souvenir, donc un passé à venir !
On n'a tant d'indulgence que quand on n'a plus d'amour.
La poésie est une langue à part que les poètes peuvent parler sans crainte d'être entendus, puisque les peuples ont coutume de prendre pour cette langue une certaine manière d'employer la leur.
L'habitude est indispensable à la création. C'est la deuxième nature de l'acteur.
Il n'y a pas plus de rectitude dans le caractère et l'activité d'un diplomate que dans un tire-bouchon.
La meilleure, et la plus simple, justification de sa foi, ou de sa non foi, consiste à dire la vérité.
L'écrivain a ce singulier pouvoir de créer de la réalité avec des sornettes, de faire passer pour rouge ce qui est bleu, de transformer les vessies en lanternes. Qu'il ait du talent, et ses mensonges, deviennent plus vrais que des certitudes.
Ce qui plaît à l'homme est partout ce qui est défendu.
La queue de la vache surveille à droite et à gauche.
En présence d'un nain, inutile d'en faire la description à celui qui n'en avait jamais vu.
Je vis toujours pour le présent. J'accepte ce risque. Je ne renie pas le passé, mais c'est une page à tourner.
Les semences de bien que la nature met en nous sont si frêles et si minces, qu'elles ne peuvent résister au moindre choc des passions ni à l'influence d'une éducation qui les contrarie.
Directeur n.m., du latin di, la première porte, et rectus, à droite.
D'une certaine manière, j'ai l'impression que ces histoires de bandes dessinées ressemblent à des contes de fées pour les personnes âgées, car ils ont les mêmes qualités.
La réalité, c'est maintenant, là, tout de suite et elle est pas belle à voir alors bouge toi le cul !
Un homme perturbé et divisé ne peut aboutir à une conclusion logique.
Il n'y a de vrai bonheur dans l'égoïsme.
Il y a une chose qui rend confortable le matelas le plus mal rembourré : c'est la sonnerie du réveil.
Le progrès social consiste à ne rien laisser à ceux qui font presque tout, pour donner tout à ceux qui ne font presque rien.
La politique fut d'abord l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde. A une époque suivante, on y adjoignit l'art de contraindre les gens à décider sur ce qu'ils n'entendent pas.
La vraie gloire ne consiste ni à mourir, ni à vivre, mais à bien faire l'un et l'autre.
Entre deux amis, il n'y en a qu'un qui soit l'ami de l'autre.
A deux, nul versant n'est trop raide.
L'envie est un vice mesquin, sordide - le vice du forçat qui boude parce que son compagnon de captivité a reçu une plus forte ration de soupe.
La vérité, que personne n'avoue, c'est qu'une fois les illusions enfuies, on passe sa vie à souffler sur le miroir aux regrets. Mais toujours la buée s'efface.
Disons nous et disons à nos enfants que tant qu'il restera un esclave sur la surface de la Terre, l'asservissement de cet homme est une injure permanente faite à la race humaine toute entière.
La santé, c'est ce qui sert à ne pas mourir chaque fois qu'on est gravement malade.
Le christianisme ne fait pas sa part à la chair : il la supprime.
Il faut apprendre à souffrir de soi comme des autres.
On aime si bien les yeux fermés. A quoi bon les ouvrir ?
L'adversaire peut à la fois avoir le tort de parier que Dieu n'est pas, et mettre dans le mille lorsqu'il découvre et dénonce les raisons basses que nous avons de croire en Dieu.