Le progrès social consiste à ne rien laisser à ceux qui font presque tout, pour donner tout à ceux qui ne font presque rien.
Si on se laissait aller à aimer les gens gentils, la vie serait atroce.
Le travail le plus fatigant n'est pas celui que l'on fait mais celui qui nous reste à faire.
Le Sénat est une assemblée d'hommes à idées fixes, heureusement corrigée par une abondante mortalité.
Si l'homme est vraiment ce que le créateur a fait de mieux, ça ne vaut pas la peine de s'agenouiller devant lui.
Mieux vaut se disputer à l'air libre que d'être d'accord derrière des barreaux.
Il y a des femmes dont on ne supporte ni la présence ni l'absence... c'est sans solution.
La vie m'a tant giflé que la tête m'en tournait comme la vis d'un tabouret de piano.
Le génie a besoin de liberté pour vivre.
Le déluge n'a pas réussi : il en est resté un homme.
Les femmes jouent souvent en dehors du foyer un rôle utile. Toutefois, il ne faudrait pas, que sous prétexte d'une égalité d'ailleurs chimérique et contre nature, elles s'immiscent partout à la place des hommes.
Les chats sont la preuve que tout n'a pas un but dans la nature.
L'honnête homme ment dix fois par jour, l'honnête femme vingt fois par jour, l'homme du monde cent fois par jour. On n'a jamais pu compter combien de fois par jour ment une femme du monde.
Moins un journal a d'abonnés, plus il est libre.
Si un de vos amis a des ennuis, ne lui demandez pas si vous pouvez faire quelque chose. Réfléchissez à ce que vous pouvez faire et faites-le.
Les historiens sont les éteignoirs de l'esprit. Ils réduisent la guerre de Troie à une querelle de marchands...
C'est à travers les fonctions corporelles que les hommes parviennent à la conscience et à l'intelligence du monde.
Le brigand qu'on persécute, l'homme exalté qui injurie, le peuple trompé qui assassine, suivent leur instinct et font leur métier. Mais, l'homme en place qui les tolère, sous quelque prétexte que ce soit, est à jamais déshonoré.
La meilleure, et la plus simple, justification de sa foi, ou de sa non foi, consiste à dire la vérité.
Il y a des hasards, mais il y a incontestablement aussi des êtres qui savent exploiter le hasard.
N'est-ce pas étrange que les ordinateurs fassent aujourd'hui des choses jugées inutiles il y a vingt ans ?
A la longue on joue de plus en plus mal le rôle qu'on s'est octroyé.
L'homme vrai n'a pas de sexe car il doit être son sexe. Dès que le sexe devient organe, il me devient étranger, il m'abandonne d'acquérir ainsi l'autonomie arrogante d'un objet enflé et plein de soi. Cette enflure du sexe devenu objet séparé est une sorte de castration.
La vie et la mort sont soumises à la destinée.
Il faut que nos jeunes gens apprennent à vivre dans un univers devenu étrangement mobile. Ils n'y sont pas préparés et c'est une des raisons de leur malaise.
La nuit je vois parfois la silhouette d'un homme qui, sur une route vide et dans un paysage désert, marche derrière un corbillard. Je suis cet homme. C'est toi que le corbillard emporte. Je ne veux pas assister à ta crémation ; je ne veux pas recevoir un bocal avec tes cendres.
Je vis toujours pour le présent. J'accepte ce risque. Je ne renie pas le passé, mais c'est une page à tourner.
Donner une éducation à un enfant est de loin l'un des investissements les plus importants que nous puissions faire.
Le Brexit est l'autre face de la crise des réfugiés - des tensions qui conduisent à la stase, des risques externes qui conduisent à des chocs asymétriques.
Ma maman qui était coiffeuse m'a toujours dit qu'un des meilleurs conseils anti-âge était de savoir choisir la bonne couleur de cheveux.
De l'Inquisition aux nazis, la destruction obsède les oppresseurs qui, en anéantissant livres et auteurs, pensent éradiquer à jamais leurs idées.
Certaines nostalgies remontent à la surface sans prévenir. Les êtres changent de nature, comme dans les contes.
A notre époque, on ne se marie jamais très bien du premier coup, il faut s'y reprendre.
A quoi bon se préoccuper de mille et une questions, quand la vie est si simple et facile ?
Même après ma mort Je ne t'oublierai pas Je ferai s'il le faut Un noeud à mon linceul.
La lune de miel est finie quand le mari cesse d'aider sa femme à faire la vaisselle et qu'il la fait tout seul.
Un jour, à force de fouiller l'atome, un savant expliquera peut-être la joie et la paix de l'esprit par des formules mathématiques.
La vie n'a de valeur que si elle est un feu sans cesse renaissant.
La conjugaison éternelle du verbe "aimer" ne convient peut-être qu'aux âmes tout à fait naïves.
L'homme a du génie lorsqu'il rêve.
Tout nous ramène à quelque idée de la mort, parce que cette idée est au fond de la vie.
Je ne suis jamais plus occupé que quand je n'ai rien à faire.
Le journalisme consiste pour une large part à dire "Lord Jones est mort" à des gens qui n'ont jamais su que Lord Jones existait.
Personne n'est absolument libre, car il y a aussi les esclaves de leur indépendance.
L'homme qui se croit Dieu tue le dieu qu'il porte en lui. L'homme qui ne pense plus aussi loin que Dieu tue la création qu'il porte en lui. L'homme qui ne se soucie plus de sa divinité ferme la porte à sa félicité.
La véritable forme du sentiment, ce n'est pas la conscience qu'on en a, mais l'action qu'on en tire.
Et qu'est-ce que l'amour ? Quelque chose d'effrayant, de monstrueux, qui dévore le coeur et dirige toutes vos pensées. Un sentiment disproportionné par rapport au coeur humain parce qu'à la mesure d'un dieu.
Dans l'usage ordinaire, la première question que l'on fait sur une femme que l'on ne connaît point, c'est, est-elle belle ? La seconde, a-t-elle de l'esprit ? Il arrive rarement que l'on fasse une troisième question.
Les exilés politiques sont englués dans leur passé et sans avenir ; leur descendance leur échappe, autant que le passé leur a fait défaut.
Ecrire, c'est une liaison d'amour avec soi et les choses, et les moments et les gens. Ecrire, c'est comme vivre une vie parallèle à sa vie de chaque jour ; c'est le vase purificateur de l'âme et de ses mouvances.