L'homme est un enfant né à minuit : quand il voit le soleil, il croit qu'hier n'a jamais existé.
Une fois qu'on a goûté au futur on ne peut pas revenir en arrière.
Toute destinée est une suite d'accidents à retardement avec le coup de grâce au bout.
Faire de la publicité, c'est agiter un bâton dans l'auge à cochons.
Celui qui prétend que dans la vie professionnelle, on s'occupe de faits et non de fiction n'a jamais vu de vieilles projections à cinq ans.
Dans une éternité et un infini qui sont fermés à jamais aux êtres dans le temps, Dieu est le nom le plus commode pour le néant et pour le tout.
Plus l'homme a d'habitudes, moins il est libre et indépendant.
A quoi ça sert d'être connecté à la terre entière si on n'a rien à se dire ?
Quand on a dit que l'anus de l'hyène sent mauvais, on a tout dit. En rajouter n'apporte rien.
La paix ressemble à nos conquêtes, car des deux parties noblement soumises, aucune n'a vraiment perdu.
On est plus à l'abri d'un véritable ennemi que d'un faux ami.
L'homme du bonheur a accès à tout, notamment à la connaissance du malheur, tandis que l'homme du malheur n'accède à rien, pas même à la connaissance de sa misère.
Etre heureux, c'est être envieux. Or, il y a toujours quelqu'un qui nous envie. Il s'agit de le connaître.
La moralité est l'attitude que nous adoptons vis-à-vis de personnes que nous ne pouvons pas sentir.
Le paradoxe de la science est qu'il n'y a qu'une réponse à ses méfaits et à ses périls : encore plus de science.
Il n'y a guère que le sublime qui puisse nous aider dans l'ordinaire de la vie.
Vieillir, c'est quand on commence à regarder plus dans ses souvenirs que dans son miroir.
C'est quand on a tout perdu qu'on se retrouve. Tu parles. C'est quand on croit avoir trouvé une raison de vivre qu'on risque le plus de se perdre.
Occupez-vous à vivre ou à être occupé à mourir.
Ma nature a horreur du vide de toi. C'est une loi de mon système à MOI.
Il n'y a qu'une réussite : pouvoir vivre comme on l'entend.
Perdre la foi de son enfance est un vrai malheur, car il n'y a rien sur terre qui puisse relever l'homme qui, pour horizon, n'a plus que le tombeau.
L'humanité n'est pas un état à subir. C'est une dignité à conquérir.
L'homme est une marionnette consciente qui a l'illusion de la liberté.
L'adversité est la route qui conduit le plus sûrement à la vérité. Celui qui a connu la guerre, les orages et la fureur de la femme, qu'il compte dix-huit ou quatre-vingt hivers, a conquis l'inestimable avantage de l'expérience.
La mère tient plus à ses petits que le père. Elle sait qu'ils sont d'elle, le père le présume.
Ce n'est pas à toute oreille percée que l'on met des anneaux d'or.
L'herbe qui n'est pas employée à temps est sans vertu.
Famille : communauté composée d'un esclave domestique de sexe féminin appartenant à un homme, de celui-ci qui en est le pourvoyeur et des enfants que les deux premiers ont ensemble.
L'humanité consiste dans le fait qu'aucun homme n'est sacrifié à un objectif.
L'imagination ne peut rendre sages les fous, mais elle les rend heureux à l'envi de la raison qui ne peut rendre ses amis que misérables.
L'amour de l'aventure nous conduit parfois à rechercher au loin des malheurs qui peuvent fort bien nous frapper chez soi.
Nous nous rendons pitoyables ou nous nous rendons forts. La quantité de travail à fournir est la même.
L'appétit du pouvoir a pris pour fanfare l'amour de la vérité.
Ne vous mêlez pas des affaires des magiciens, car ils sont subtils et prompts à la colère.
L'homme sage vit sans morale, selon sa sagesse. Nous devons essayer d'arriver à l'immoralité supérieure.
Une ou deux phrases, quelques adjectifs, un compliment spontané, c'est de la critique ou du bouche à oreille ?
C'est pas si facile de faire face à un peuple qui vous tourne le dos alors qu'on lui tend si généreusement les bras pour lui demander des sous.
Le comique ça ne tient à rien, c'est une chose qui est dans l'air le comique !
Contrairement à ce que l'on imagine, l'idée de la modernité n'est pas liée au tricotage de la prose. Fond et forme sont inséparables, écrire plat, c'est écrire faux.
Lis avec lenteur à une époque où l'on nous parle de lecture rapide et de lecture en diagonale.
Je passe ma vie à préparer une image déformée du cadavre que je serai, comme s'il n'allait pas se déformer suffisamment tout seul.
Le prix à payer pour avoir Einstein d'un côté, c'est d'avoir un imbécile de l'autre côté !
Il y a dans lire une attente qui ne cherche pas à aboutir. Lire c'est errer.
On écrit pour rendre justice à la vérité.
S'habiller est un mode de vie. Cela vous apporte de la joie. Il peut vous apporter liberté et libération, vous aider à vous retrouver et à vous déplacer sans retenue. L'élégance n'est-elle pas oublier ce que l'on porte ?
La sagesse et la joie surviennent lorsque vous apprenez à exister maintenant plutôt que dans un passé ou un futur inexistant.
Le temps n'aide pas à oublier mais à s'habituer. Comme les yeux qui s'accoutument au noir.
Des personnes qui peuvent se morfondre à vouloir faire croire que vous êtes angoissé alors que vous êtes en parfaite bonne humeur, cherchent tout simplement à vous discréditer en préméditant votre violence. Telle est la devise et le jeu de rôle dangereux des personnes toxiques.
Je me suis mis à écrire comme on enfile une tenue de combat.