Il arrive un temps dans l'éducation de tout homme où il acquiert la conviction que la jalousie est de l'ignorance ; que l'imitation est du suicide ; et que, pour le meilleur et pour le pire, il doit en prendre sa part.
Le théâtre est un grand tableau noir où la craie sert d'éponge et l'éponge de craie.
Je pensais que le cyber-espace ne serait là que dans cinquante ans. Mais ce qui était pour dans cinquante ans était déjà là... je n'en avais simplement pas conscience.
La paix a ses victoires. Non moins célèbres que celles de la guerre.
La preuve qu'il ne fut jamais mon médecin, c'est que je suis encore en vie.
La voix du sentiment ne peut nous égarer, Et l'on n'est point coupable en suivant la nature.
Toutes les inventions jolies et charmantes pour ceux qui ont les moyens d'en jouir valent-elles, vraiment, la somme de misère et de souffrance que nos civilisations produisent ?
La bibliographie du plaisir est aussi pauvre que celle de la douleur est riche.
Ce qu'il y a d'étonnant, chez les idiots, c'est qu'ils sont presque tous au-dessus de la moyenne.
Ce qui rend la vie rassurante, ce sont ses redites.
La vie exige une équitable dose d'imbécillité.
Quand on croise son destin, le secret s'impose. La magie est à ce prix.
La salle de classe est le living room de la culture.
Le langage est foncièrement lié au désir de domination sociale. Il cherche l'ascendant. Sa fonction est le dialogue et le dialogue, quoi qu'on en dise de nos jours, c'est la guerre.
L'homme, bien qu'il soit lui-même mortel, ne peut se représenter ni la fin de l'espace, ni la fin du temps, ni la fin de l'histoire, ni la fin d'un peuple, il vit toujours dans un infini illusoire.
Comme on est sans défense devant la flatterie !
Si l'être humain ne dispose pas du moyen d'accéder à la connaissance de "la vérité", il peut, à travers son langage, en découvrir un reflet, et éventuellement s'engager dans cette perspective.
Sous l'Ancien Régime, le Roi chiait devant la Cour. Pourquoi cette cérémonie s'était-elle perdue ? Si le Président de la République chiait chaque soir en direct à la télévision, nul doute qu'on le respecterait un peu plus.
La première année, on achète des meubles. La deuxième année, on déplace les meubles. La troisième année, on partage les meubles.
La surcharge abat l'âne.
De là à croire que la mouche qui nous pique le front pendant notre sommeil est envoyée par Dieu lui-même pour nous réveiller de notre paresse, il n'y a pas loin.
Il en va de la lecture comme de toute débauche : fuite en avant, enfoncement sans fin.
Photographier, c'est choisir d'entre ces images la plus pure, celle vers laquelle vont toutes les autres et dont toutes reviennent ensuite.
La mer fraîchit, la bise est vive,Le vent blanchit les oliviers,Le moment est venu de cueillir mes olives,Et de porter mon huile aux moulins de Janvier.
Quand le fait qu'on rencontre ne s'accorde pas avec une théorie régnante il faut accepter le fait et abandonner la théorie.
Le plus dur en France, c'est de devenir chômeur. Avant il suffisait de rater son certificat d'études, maintenant il faut avoir le bac, la licence, l'agrégation.
Pour moi, ce chemin vers la mort est lumineux, c'est une libération.
Comme je représentais le sauvage sur scène, j'essayais d'être la plus civilisée possible dans la vie de tous les jours.
Dans la nature, il n'y a de défaut que l'esprit. Personne ne peut être qualifié de déformé, sauf le méchant.
La route est longue, j'me sens puissant depuis, alors j'ai les chevilles qui gonflent comme si j'avais conduit huit ans de suite.
Dans mes fluctuations les plus extrêmes, je n'ai jamais été athée dans le sens de nier l'existence d'un Dieu... Je pense qu'en général (et de plus en plus à mesure que je vieillis), mais pas toujours, qu'un agnostique serait la description la plus correcte de mon état d'esprit.
La liberté, c'est toujours la liberté de l'autre.
Comme la musique et l'art, l'amour de la nature est un langage commun qui peut depasser les frontières politiques ou sociales.
Oh ! la jolie marmotte.
Écoute mon p'tit ; si j'avais été Sardou, tu te serais déjà pris un coup de latte dans la gueule... Interview terminée !
Il faut que le jeune homme aussi bien que le vieillard cultivent la philosophie.
Celui-là n'est pas mort quand sa pensée, avec toute sa force et sa sagesse, demeure vivante près des vivants.
Le destin est joueur. Il nous met parfois dans la situation d'autrui, pour nous apprendre l'humilité.
La paresse des imbéciles est une bonne chose pour tout le monde.
L'écriture est la seule forme parfaite du temps.
La bêtise ne comprend pas ; la sottise comprend de travers.
La crainte de perdre engendre les mêmes passions que celle d'acquérir, car les hommes ne tiennent pour assuré ce qu'ils possèdent que s'ils y ajoutent encore.
La vie seule est de la vie l'école.
La seule vérité, c'est de s'aimer.
La liberté, ce bien qui fait jouir des autres biens.
L'inaction morne de certains hommes rebelles à tout effort ne diffère pas sensiblement du repos de la tombe. Ces morts vivants n'ont de la vie que l'apparence.
Le fait est, on dirait, que tout ce qu'on peut espérer c'est d'être un peu moins, à la fin, celui qu'on était au commencement.
Un gentleman est quelqu'un qui écoute l'histoire que vous racontez comme s'il l'entendait pour la première fois.
La philosophie nous met au-dessus des grandeurs, mais rien ne nous met au-dessus de l'ennui.
La rencontre furtive d'un saint suffit pour attester Dieu.