Créer n'est pas un jeu quelque peu frivole. Le créateur s'est engagé dans une aventure effrayante, qui est d'assumer soi-même, jusqu'au bout, les périls risqués par ses créatures.
Le bien tient à peu de choses, mais ce n'est pas peu de choses.
L'érudition n'est pas la science, de même que les matériaux ne sont pas l'édifice.
La femme est tour à tour la joie et le fléau de la vie des hommes.
En se taisant, le sot est sage et le sage est sot.
La mort est un fait. Nous n'essayons pas de corriger les faits.
L'incapable n'est jamais payé assez cher, à condition qu'il ne fasse rien.
Le propre des grands livres est que chaque lecteur en est l'auteur.
C'est la vanité des hommes qui explique la parure des femmes.
La mort est affreuse quand on est dénué de tout ce qui peut nous consoler en cet état.
La confiance est une des possibilités divines de l'homme.
On demande volontiers au polyglotte : "En quelle langue pensez-vous ?" Je lui pose plutôt cette question : "En quelle langue souffrez-vous ?" Celle-là, c'est la vraie, la maternelle.
La politique : plus ça change, plus c'est la même chose.
Vous imaginez le bonheur absolu possible, c'est le néant que vous désirez.
L'Ecriture nous dit que les années de l'homme sur la terre sont de soixante-dix. Il faut en conclure qu'au-delà, c'est du temps emprunté à l'éternité.
L'action politique, à certaines heures, est comme le scalpel du chirurgien, elle ne laisse pas de place à l'incertitude.
Ce n'est pas ce qu'on fait sortir de soi dans la poésie des autres qui est important, mais le fait d'avoir enfin une oreille pour l'entendre.
Le suicide n'est pas un acte. On est saisi par le suicide comme par un vertige, on subit le suicide.
Quand l'esprit ne résiste plus, qu'il ne fuit ni ne blâme ce qui est, mais se contente d'être conscient avec passivité, il s'aperçoit que, dans cette passivité même, vient une transformation.
La parole, c'est comme un festin et quand un festin est servi, chacun doit y prendre sa part.
Si l'on avait autant de soin d'être ce qu'on doit être que de tromper les autres en déguisant ce que l'on est, on pourrait se montrer tel qu'on est, sans avoir la peine de se déguiser.
Aller au théâtre est une habitude essentielle pour le développement de l'esprit.
La politique vue avec la perspective d'un intellectuel diffère beaucoup de la pratique. Dans un cas, c'est un exercice de la pensée critique, dans l'autre une lutte pour le pouvoir.
L'âge entraîne une raréfaction des liens aux autres, puisque des compagnons disparaissent, alors que l'aptitude à contracter de nouveaux liens, d'autres amitiés, diminue. La vieillesse est seule.
Mais qu'est-ce que ça peut faire de conquérir le ciel quand on n'a pas encore fait le tour de l'amour...
Si l'expérience de Dieu aboutit à Dieu, ce n'est plus le présent, c'est l'éternité...
Le théâtre, c'est un petit peu comme les rêves : ça n'a pas de sens.
On ne meurt pas. La mort, c'est encore de la vie couvée.
Si le mot cul est dans une phrase, le public, fût-elle sublime, n'entendra que ce mot.
L'homme est le seul animal qui construise des tombes !
Le pessimiste, c'est : 2+2=4. L'optimiste, c'est : 2+2=5. Cet univers où nous sommes est un univers pessimiste.
L'amour n'est pas plus fort que ses maux et sa joie n'est pas plus belle que sa peine.
La meilleure manière de comprendre quelque chose, c'est d'y consacrer un livre !
Toute tentative de remplacer une conscience personnelle par une conscience collective fait violence à l'individu et est le premier pas vers le totalitarisme.
La véritable richesse, c'est l'esprit, et l'esprit à tous ses niveaux. Le franc peut baisser; si l'esprit monte, c'est le signe que tout se relèvera, se restaurera.
Les amitiés grégaires sont souvent superficielles, car se voir en bande, c'est se parler en meute, quand le tête-à-tête favorise l'écoute et la profondeur du dialogue.
Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde.
L'expérience est une invention des vieux qui met les jeunes en colère.
La vie est la pépinière de l'âme - son lieu d'entraînement pour les destinées de l'éternité.
L'incompétence est parfois utile. Cela vous aide à garder l'esprit ouvert.
Un homme qui paie ses factures à temps est vite oublié.
Le moment où l'on manque à ses faux amis le plus, c'est quand on est à court d'écus.
L'homme qui n'est pas content de peu, n'est content de rien.
Ma mère a toujours dit que la seule chose qu'elle aurait souhaité faire différemment, c'est d'avoir un travail. Elle avait l'impression que sa détermination la rendait un peu folle de temps en temps et qu'elle aurait pu utiliser un exutoire pour elle-même quand nous étions petits.
L'ART est la domination. Cela fait penser aux gens que pour ce moment précis, il n'y a qu'une seule façon, une seule voix.
Tout ce qu'on considère comme acquis est à revoir. On s'habitue vite à quelque chose.
Il est beaucoup plus digne de garder le silence quand on est dévasté.
Quand une oeuvre réclame beaucoup de force et de labeur pour la réaliser, c'est que l'idée de départ est grande.
Le plus acceptable des systèmes est celui de n'en avoir par principe aucun.
Le temps où l'on est élève et étudiant est principalement un temps de pensée suicidaire et celui qui le nie a tout oublié.