L'erreur, comme le rire, est humaine.
L'imprécision du langage est désormais utile aux journalistes, et cela tombe bien, puisqu'ils seraient tous incapables d'écrire mieux.
C'est tout de même extraordinaire que la conscience de l'Europe, qui a aboli il y a soixante-dix ans le trafic d'esclaves pour des motifs humanitaires, tolère aujourd'hui l'état du Congo. C'est un peu comme si la pendule de l'ordre moral avait été retardée de plusieurs heures.
Mais quand on est jeune il faut voir des choses, amasser de l'expérience, des idées, s'ouvrir l'esprit.
Autant être heureux et ne pas se tourmenter, puisque le pire est certain.
J'aime le polar, c'est comme une bouée de sauvetage pour explorer l'humain. On peut y présenter les pièges de l'existence, une énigme, qui est totalement ou partiellement résolue à la fin du film.
Une carrière, c'est une partition de musique où l'harmonie de la mélodie suit les inspirations de l'âme.
Un film : cela touche au corps, au rythme, au son, à la pâte humaine des acteurs, à la peinture. C'est un art global.
Une nation, c'est la possession en commun d'un antique cimetière et la volonté de faire valoir cet héritage indivis.
Un écrivain croit parler de beaucoup de choses, mais ce qu'il laisse s'il a de la chance, c'est une image de lui.
Une grande marque est une histoire qui ne s'arrête jamais.
La mort est la destination que nous partageons tous, personne n'y a jamais échappé. Et c'est comme il se doit parce que la mort est très probablement la meilleure invention de la vie.
La poudre n'est plus qu'hier, et la guerre est aussi vieille que le genre humain, malheureusement.
La pauvreté, pour moi, est synonyme de dégradation.
Plus les faits sont vrais, meilleure est la fiction.
L'opinion publique est la pire de toutes les opinions.
Le martyre, c'est le seul moyen de devenir célèbre quand on n'a pas de talent.
Ne cherchez pas la faveur de la multitude; il est rarement obtenu par des moyens honnêtes et légaux. Mais cherchez le témoignage de quelques-uns; et ne comptez pas les voix, mais pesez-les.
Quelque part entre l'obsession et la contrainte est l'impulsion.
Je suis un cosmopolite résolu. J'aime le métissage et je déteste le nationalisme. Je ne vibre pas à « la Marseillaise ». J'espère que le cadre national sera un jour dépassé. Et l'un des principaux mérites de l'Europe, à mes yeux, est de fonctionner comme une machine à refroidir cette passion nationale.
Envoyez l'escadron de Maghrebins ! Avec les Africains tout ça, là, au front les mecs ! Allons enfants, le jour de gloire ! C'est juste là le jour de gloire !
L'Euro, c'est l'Europe dans la poche du citoyen.
La vie n'est qu'un tissu d'à-peu-près, de décisions hâtives, de situations instables sur lesquelles on bâtit pourtant un mur en plâtre qu'un coup de poing peut traverser.
- Tu as peur pour ta peau ? - Qu'est-ce que tu veux, c'est la seule que j'aie...
On compare souvent les hommes politiques à des acteurs. C'est très injuste pour les acteurs.
La médiocrité est souvent dans celui qui regarde, non dans ce qu'il croit voir.
C'est l'extrême de la culture de savoir s'amuser avec soi.
L'amant est toujours plus près de l'amour que de l'aimée.
La seule profondeur qui intéresse les hommes chez les femmes est celle de leur décolleté.
L'Intelligence, c'est mon cancer : je la sens dans ma tête qui manque d'air !
Je suis très fort, en affaires. Le malheur, c'est que les autres le sont encore plus que moi.
La surface la plus passionnante de la terre, c'est, pour nous, celle du visage humain.
Le bonheur, c'est peut-être ça : l'imagination. Quand on en manque, il ne reste que les platitudes de la vie.
L'imagination n'est qu'une mémoire évocatrice.
L'inconnu est porteur d'angoisse.
Ce n'est pas dur d'avoir du talent, ce qui est dur, c'est de l'exploiter.
Une raison stimulable est une raison faible - tendre. C'est pourquoi les moralistes et ceux qui font des remarques sont si souvent de mauvais praticiens.
Une femme qui fait ses comptes est une femme qui se croit volée. Une femme qui se croit volée est une femme qui, d'un pas sûr, marche vers le mesquin.
Cet indifférence brutale, cet isolement insensible de chaque individu au sein de ses intérêts particuliers, sont d'autant plus répugnants et plus blessants que le nombre de ces individus confinés dans cet espace réduit est plus grand.
Comme un tel jugement (celui de l'homme employant son pouvoir de connaître pour se décider) n'est pas l'effet d'un instinct naturel, mais un acte de synthèse qui procède de la raison, l'homme agit par un jugement libre qui le rend capable de diversifier son action.
Or, connaître ce qui existe dans une matière individuelle, mais non en tant qu'elle existe dans telle matière, c'est abstraire de la matière individuelle la forme que représentent les images. Et c'est pourquoi on doit dire que notre intelligence connaît les réalités matérielles en les abstrayant des images.
Désirer violemment une chose, c'est rendre son âme aveugle pour le reste.
Ce n'est pas parce que l'on a mangé une fois du caviar que l'on a traversé la Volga à la nage.
Certains gestes deviennent redoutables dans la solitude parce qu'ils acquièrent une valeur finale. Quand un homme tombe et qu'il est tout seul dans un champ, il ne sait pas à qui dédier sa chute.
C'est très important le rire, il brise le mur de la peur, de l'intolérance et du fanatisme.
Il faut que je pleure moi aussi, j'essaye, mais c'est difficile. La seule façon c'est de me mettre du piment dans les yeux comme font les veuves quand elles n'arrivent pas à pleurer leur mari.
La philosophie est musique, la musique est philosophie.
L'existence est d'une richesse infinie et ne cesse de nous offrir d'immenses possibilités.
C'est un exercice remarquable de s'asseoir et de regarder son propre travail au fil des ans.
Une personne est une personne parce qu'elle reconnaît les autres comme des personnes.