- Monsieur, ne confondons pas la prudence avec la poltronnerie ; la prudence est une vertu.
Quand la passion emporte l'homme, la raison le suit en pleurant et en l'avertissant du danger. Mais dès que l'homme s'est arrêté, la passion lui crie : « Et moi, je vais donc mourir ? »
Une fausse louange est un blâme secret.
C'est un extrême malheur que d'être assujetti à un maître, dont on ne peut être jamais assuré qu'il soit bon, puisqu'il est toujours en sa puissance d'être mauvais quand il voudra.
Ce qu'il faut changer est simple : il convient de cesser de traiter les animaux comme des ressources, reconnaître la valeur intrinsèque de toute vie animale, et accorder à tout animal non humain sensible le statut juridique de personne non humaine.
La seule façon de le faire est de le faire.
Si votre monde ne va pas, la cause est en vous.
Je vais vous dire ce qu'est l'homme. C'est un monstre, un foetus éjecté privé de son développement naturel, jeté au monde avec une couverture nue de parchemin, avec trop peu de place pour ses dents et un crâne bombé mou comme une bulle. Mais la nature y remue un pudding.
Nous n'avons pas à envier certaines personnes à leur grande richesse ; ils l'ont acquis au prix fort, ce qui ne nous conviendrait pas ; ils ont misé leur repos, leur santé, leur honneur et leur conscience pour l'acquérir, le prix est trop élevé, et il n'y a rien à gagner à un tel marché.
L'art de la parenthèse est l'un des plus grands secrets de l'éloquence en société.
Je voulais faire une impression concrète; l'idée d'une femme libre, lunatique, jamais objet, qui a le contrôle total de ses finances et qui sait ce que c'est que d'être indépendante.
L'instruction est le plus bel ornement.
La fortune résultant de la différence entre dépenses et recettes, les riches encaissent plus volontiers qu'ils ne décaissent. C'est même à cette particularité qu'ils se reconnaissent des pauvres, qui, eux, n'ont nul crédit à espérer.
Tout le monde aujourd'hui se fiche un peu du disque. Il n'y a plus de support, tout est dématérialisé, disponible en streaming... Il n'y a plus ce culte de l'objet...
Calcutta est comme un autre monde. Les gens là-bas sont très spéciaux et reconnaissants.
C'est un supplément lorsque vous adorez la fille dont vous êtes tombé amoureux.
Mon excentricité est devenue une direction.
Une chose qui n'est pas nommée poétiquement n'existe pas.
Il est toujours étrange pour quelqu'un d'être réduit à un événement particulier et pour un acteur à un rôle, quand tant de temps a passé, quand on a fait depuis tant de choses...
A Cannes, j'ai connu la fin de l'âge d'or. On est entré dans l'âge des Assedic.
Ce qui manque avec l'ordinateur c'est de mâchouiller le bout du crayon.
Tout est mini dans notre vie.
Lorsque l'incrédulité devient une foi, elle est moins raisonnable qu'une religion.
Pourquoi les animaux ne louchent-ils pas ? C'est là encore un privilège de la nature humaine.
Il n'existe que deux espèces de folies contre lesquelles on doit se protéger. L'une est la croyance selon laquelle nous pouvons tout faire. L'autre est celle selon laquelle nous ne pouvons rien faire.
C'est l'opinion qui gouverne le monde.
La moitié de ce que nous écrivons est nuisible, l'autre moitié est inutile.
Si les adultes demandent toujours aux enfants ce qu'il veulent faire quand ils seront grands, c'est qu'ils cherchent des idées.
On peut me dire sans rémissionQu'en groupe en ligue en processionOn a l'intelligence bêteJe n'ai qu'une consolationC'est qu'on peut être seul et conEt que dans ce cas on le reste.
La télévision est devenue une industrie où tout est jetable: les émissions comme ceux qui les présentent.
Celui qui veut garder les instants n'est-il pas toujours aussi celui qui ne sait pas les vivre ?
C'est pourtant évident : le boeuf traîne la charrue et le paysan suit la charrue. Tu mets l'ignorance à la place du boeuf.
C'est pénible pour vous, et c'est pénible pour eux. Quand il s'agit d'un meurtre, on ne peut pas respecter la douleur. Ni la vie privée. Ni les sentiments personnels. Il faut poser les questions. Et il y en a qui blessent profondément.
Étienne en est venu à penser que même s'ils ne se revoyaient plus, ce n'était pas tellement grave parce que Juliette faisait partie de lui, qu'elle était devenue une instance de son esprit, l'interlocuteur a qui s'adressait une partie de son monologue intérieur, et il ne doutait pas que pour elle s'était pareil.
Il me semble en effet qu'une des causes principales de l'erreur en sociologie réside dans un rapport incontrôlé à l'objet. Ou plus exactement dans l'ignorance de tout ce que la vision de l'objet doit au point de vue, c'est-à-dire à la position occupée dans l'espace social et dans le champ scientifique.
Toute tête est un entrepôt, où dorment des statues de dieux et de démons de toute taille et de tout âge, dont l'inventaire n'est jamais dressé.
Bach est de la cocaïne céleste.
Les imbéciles se vantent d'être de leur temps : cela prouve qu'ils sont à lui. D'autres lui déclarent la guerre : c'est encore trop lui donner. Ton temps ne retient de toi que la partie que tu veux bien lui laisser.
Seule l'histoire des peuples libres mérite notre attention ; l'histoire des hommes sous un despotisme n'est qu'un recueil d'anecdotes.
À qui fait mal tout est fatal.
Le succès, c'est le public qui me l'a apporté.
Si je suis candidat au rassemblement d'une majorité de français, c'est d'abord parce qu'il m'est impossible, comme à des millions de français, de soutenir l'actuel président de la République.
Je ne sais pas où je vais être dans trois ans.. Parce que je ai le sentiment que l'avenir est si plein de possibilités, de cesser d'être une actrice, de faire quelque chose d'autre... pour moi, l'avenir est juste un énorme bouquet de découvertes.
- Qu'est-ce que tu comptes faire pour lui ? - Bah... je sais pas... sûrement un truc bête. - D'accord mais c'est déjà fait ça, je te signale. - Alors sûrement un truc dingue ! - Ça, c'est plus intéressant !
Jean d'Ormesson réussit ce qui est le plus difficile et le plus exigeant en littérature : être à la fois simple et profond.
Je crois avoir identifié les raisons de l'extraordinaire engouement de mes contemporains pour des sports qu'ils n'exercent pas personnellement. C'est un folklore que la caution de quelques intellos finit par transformer en patrimoine.
Il y a un sentiment de liberté à suivre ses caprices, et tout au contraire de servitude à courir pour son établissement : il est naturel de se croire digne de le trouver sans l'avoir cherché.
Il me paraît certain que l'aboutissement normal de l'érotisme est l'assassinat.
La raison n'est raison qu'autant qu'elle nous touche.
La misère n'est sinistre que parce qu'elle n'est pas générale.