L'amitié est un bien supérieur à toutes les vertus.
Seuls les saints ont le droit d'entreprendre les choses sublimes ; eux seuls ont la vocation de quitter le terrain des vertus ordinaires pour se livrer aux renoncements surhumains.
Il s'agit de fonder la paix du monde sur un ordre légal, de faire une réalité de droit de cette solidarité internationale qui apparaît comme une réalité physique.
La vraie amitié n'est point impérieuse ; c'est une liaison libre et délicieuse, dont le coeur et l'esprit, la raison et le temps, ont ensemble formé les noeuds toujours charmants ; et sa chaîne, au besoin, plus souple et plus liante, doit prêter de concert, sans qu'on la violente.
La véritable amitié sait être lucide quand il faut, aveugle quand elle doit.
Il y aura toujours des femmes trompées, des hommes trahis, le pacte conjugal n'est pas plus solide qu'un traité entre nations.
Mieux vaut louer les vertus d'un ennemi que flatter les vices d'un ami.
Si l'on n'a pas une bonne démocratie, il y a une mauvaise légitimité des décisions et quand la croissance diminue, les risques de remise en cause de la solidarité sont considérables.
Le devoir d'une éternelle fidélité ne sert qu'à faire des adultères.
Une amitié qui ne peut pas résister aux actes condamnables de l'ami n'est pas une amitié.
Nos vertus et nos défauts sont inséparables, comme la force et la matière. Lorsqu'ils sont séparés, l'être humain n'est plus.
Disséquer le corps humain, c'est détruire sa beauté ; et pourtant, par cette dissection, la science arrive à y reconnaître une beauté d'un ordre bien supérieur et que la vue superficielle n'aurait pas soupçonnée.
Une amitié fondée sur le travail est préférable à un travail fondé sur l'amitié.
Il est peu de vertus plus tristes que la résignation ; elle transforme en fantasmes, rêveries contingentes, des projets qui s'étaient d'abord constitués comme volonté et comme liberté.
Quand une amitié est bafouée, rien ne peut la reconstituer. Tandis que les blessures d'amour - de désir - de la sexualité peuvent se cicatriser. Celles de l'amitié sont éternelles, définitives.
N'aie pas honte de ton dialecte, Pourvu qu'il s'exprime avec fidélité et vérité.
Mais aujourd'hui encore je pardonne difficilement, aux intellectuels surtout, la complaisance, sinon la complicité devant l'erreur. Ils ont le droit de se tromper, pas de tromper les autres, même par prudence ou tactique, par solidarité ou par discipline. Par discipline ! Un intellectuel discipliné est-il un intellectuel ?
En amour, il y a une fidélité laborieuse et une infidélité laborieuse ; la première est assez triste, la seconde sinistre.
La fidélité pendant la vie, ce n'est rien ; mais mourir, paraître devant Dieu sans avoir trompé sa femme, quelle humiliation !
Pour obtenir des résultats cent fois supérieurs à ceux de la plupart des gens, il suffit de leur être supérieur de 10 %.
Quelqu'un peut lire les ouvrages de Marx, les savoir par coeur, les réciter à l'envers, mais s'il n'aime pas le peuple laborieux, rustre, inculte, et qu'il se croit supérieur aux travailleurs, il ne sera pas du tout marxiste.
Les égoïstes sont les seuls de nos amis pour qui notre amitié soit désintéressée.
Une solidarité lie ceux qui ont entrepris cette folie de marcher mille huit cents kilomètres pour rien, pour rien d'achetable en tout cas, pour détricoter leur vie, la repenser avec leurs pieds et leur tête.
Sois lent à accorder ton amitié ; quand tu l'as donnée, tache de persévérer.
Je suis très indécis sur les vertus d'être indécis.
Il y a une hypocrisie considérable dans le formalisme. Toute personne qui pense est consciente de ce paradoxe, mais dans nos rapports avec les gens conventionnels il est avantageux de les traiter comme s'ils n'étaient pas des hypocrites. Ce n'est [...] â–º Lire la suite
Je t'ai rencontré, on est devenus amis, on s'est rapproché, notre amitié s'est transformé en amour, on était heureux, la jalousie nous a éloigné, on s'est quitté, on ne se parle plus... Mais ce que je peux dire c'est que depuis le début : "Je t'aime".
Celui qui se laisse façonner par la société, qui adopte pour règle de ses jugements l'opinion, pour limité de ses actes la coutume, se maintient à mi côte des grandes vertus et des grandes fautes, et se préserve de ces pénibles vertiges de la conscience.
S'il m'arrivait un jour - et ça pourrait être aujourd'hui - d'être victime du terrorisme qui semble vouloir englober maintenant tous les étrangers vivant en Algérie, j'aimerais que ma communauté, mon Église, ma famille, se souviennent que ma vie était [...] â–º Lire la suite
La fidélité n'est souvent qu'une question d'habitude.
Le silence est l'esprit des sots, Et l'une des vertus du sage.