Je suis persuadé d'une chose, c'est qu'il faut toujours dire « Je t'aime » aux personnes qu'on aime.
Tant que la justice n'a pas tranché, cette folle du logis qu'est l'imagination doit rester dans son coin.
Notre patrie ne nous est chère qu'à la condition de ne pas devoir lui sacrifier la vérité.
La France, c'est le Puy du Fou, c'est formidable !
Le pouvoir est un but où presque toujours on arrive plus vite à plat ventre que debout.
On dit que les chats noirs portent malheur ; en réalité, c'est un faux bruit que les blondes font courir.
Nous participons tous à la création. Nous sommes tous des rois, poètes, musiciens ; il n'est que de s'ouvrir comme un lotus pour découvrir ce qui est en nous.
Le dix-huitième siècle, c'est là une partie de sa gloire, a aboli la torture ; le dix-neuvième siècle abolira la peine de mort.
Toute guerre est un manichéisme.
On peut avoir du génie et être un imbécile. Le contraire est impossible.
S'emparer de ce qui ne peut se défendre, c'est une lâcheté.
A quoi bon se préoccuper de mille et une questions, quand la vie est si simple et facile ?
La vie est une chose précieuse, à condition qu'on puisse la dépenser à quelque chose ou à quelqu'un.
On ne perçoit du monde que ce qu'on est préparé à en percevoir.
Le grand inconvénient des livres nouveaux est de nous empêcher de lire les anciens.
Le flatteur est comme l'eau de Cologne, fait pour être senti et non avalé.
Aucune origine n'est belle. La beauté véritable est au terme des choses.
C'est un grand danger d'aimer Dieu comme un joueur aime le jeu.
L'excitation est le fondement de l'érotisme, son énigme la plus profonde, son mot-clé.
Nous défendre quelque chose, c'est nous en donner envie.
Un exilé n'a plus d'amis, et ce malheur est bien plus cruel que l'exil.
Un intellectuel c'est quelqu'un qui entre dans les bibliothèques publiques même quand il ne pleut pas.
Qu'est-ce que le vice ? Un goût qu'on ne partage pas.
On fait toujours semblant de confondre les juges avec la justice, comme les prêtres avec Dieu. C'est ainsi qu'on habitue les hommes à se défier de la justice et de Dieu.
L'adversaire peut à la fois avoir le tort de parier que Dieu n'est pas, et mettre dans le mille lorsqu'il découvre et dénonce les raisons basses que nous avons de croire en Dieu.
Toute vie est un échec puisque aussi la mort la termine.
Le génie est fait pour éclater dans une apothéose fertile ou destructive, qui se nichera un jour dans un tome poussiéreux d'une encyclopédie quelconque.
Ce n'est pas le gouffre qui sépare, mais la différence de niveau.
Il n'y a qu'un précepte : s'aimer. Aimer les autres est un a posteriori.
Le monde est divisé en deux zones : celle avec des Teddy bears et celle sans. Chacune trouve l'autre un peu bizarre.
Il n'est point de haine implacable, sauf en amour.
Personne n'est responsable de son destin.
L'homme est, de tous les êtres vivants, le seul à courir deux plaisirs à la fois.
Il en est des paysages comme des hommes : il faut un peu les vivre pour pénétrer leurs secrets.
La terre, c'est la vie. Du moins pour quelques-uns.
C'est un crime public que d'agir comme si Dieu n'existait pas.
Celui qui connaît la destinée des choses qu'il entreprend dès leur début est un sage ou un sot. Mais qu'il soit l'un ou l'autre, il sera malheureux car il aura planté sa dague dans le coeur de la vie.
Il n'est pas un être qui ne sache, à force d'amour, devenir l'éblouissement de tous.
Le code du théâtre est beaucoup moins riche que la variété des simulacres de la vie.
La sagesse est aussi une sorte de luxe, une sorte de dépense de luxe.
Le drame quand on est président, c'est que si on entreprend de résoudre les problèmes, on n'a plus le temps de gouverner.
Là où il y a du monde, les Parisiens viennent en foule. Ce qui fait le succès d'un endroit, c'est qu'il a du succès...
C'est lorsque l'on donne du peu que l'on a, que l'on donne vraiment.
Travailler en ne faisant rien, c'est une approche du bonheur de notre époque.
La solitude n'est pas une mauvaise compagne.
La première partie de notre vie est gâchée par nos parents, et la seconde par nos enfants.
Et si parfois je te montre les rails, c'est pour que tu y ajoutes l'aiguillage à ton idée.
Le péché est ce qui empêche la survie de l'individu dans sa plénitude mentale.
Finalement l'amour est une lumière, une chaleur, c'est aussi un noeud, un noeud coulant. : ne va pas trop vite, ne va pas trop loin, sinon ça va serrer.
L'écriture, c'est ce neutre, ce composite, cet oblique où fuit notre sujet, le noir-et-blanc où vient se perdre toute identité, à commencer par celle-là même du corps qui écrit.