L'illusion des avares est de prendre l'or et l'argent pour des biens, au lieu que ce ne sont que des moyens pour en avoir.
On dit : il y a des défaites qui sont des victoires... Quand j'y pense, j'ai eu beaucoup de succès.
Pourquoi l'homme sans arc devrait-il chercher des flèches ?
La douceur est une énigme. Incluse dans un double mouvement d'accueil et de don, elle apparaît à la lisière des passages que naissance et mort signent.
Les jeux olympiques doivent être célébrés sur un rythme d'une rigueur astronomique parce qu'ils constituent la fête quadriennale du printemps humain, honorant l'avènement successif des générations humaines.
Si vous négociez, vous devez le faire dans un esprit de réconciliation et non dans l'optique de lancer des ultimatums.
Toute une histoire d'amour se retrouve dans les yeux. Au début c'est l'amour au premier regard, puis des étoiles dans les yeux apparaissent... et ça se finit toujours par des larmes.
Le temps ne referme pas les plaies, elles sont béantes, ouvertes aux yeux même les plus fermés. Ce soir, j'ai déposé des fleurs.
L'art ne doit jamais d'illustrer une vérité connue à l'avance, mais doit mettre au monde des interrogations qui ne se connaissent pas encore.
On ne se console pas des chagrins, on s'en distrait.
Le plus lâche des assassins, c'est celui qui a des remords.
Il est des êtres qui se révèlent dans la souffrance si émouvants et si beaux, qu'on peut à peine regretter de les rendre malheureux.
Il n'y a que lorsque nous possédons, avec certitude, des armes en quantité suffisante que nous aurons la certitude de ne pas nous en servir.
L'homme a naturellement des ennuis. Il vient au monde en pleurant, et le quitte en grognant.
Il est toujours amusant de voir que l'on ose convoquer des parlementaires en session extraordinaire alors qu'ils ne viennent déjà pas en session normale.
On peut détruire le souvenir avec des mots, mais non la beauté de ce souvenir.
Lorsque l'homme civilisé a peur, le sol se dérobe littéralement sous ses pieds et le fait retomber dans les profondeurs de la préhistoire, des millénaires en arrière.
Le travail est l'allié de la paresse dès qu'il est motivé.
La ressemblance n'est pas propice à la domination de l'Un sur l'Autre. Au contraire, elle incite plutôt à la paix des sexes.
Le coeur est lent à croître. L'esprit est dès le début à son plus haut. Le coeur met un temps considérable à grandir. L'esprit est immédiatement au sommet de sa fleur.
La promotion des médiocres n'est pas une erreur provisoire, mais une catastrophe définitive.
C'est le travail de penser les gens de ne pas être du côté des bourreaux.
Le terrorisme vise à créer des amalgames et à fédérer des sensibilités différentes, en s'appuyant sur des sympathies, un sentiment d'humiliation, de rejet.
C'est par les robes décolletées que s'évapore peu à peu la pudeur des femmes.
La caresse d'une mère, une belle promenade, des heures émerveillées par des récits heureux agissent sur toute l'existence.
Non seulement on est jaloux dès qu'on aime, mais on est jaloux avant d'aimer.
Il existe des silences immuables, fixés dans une rigidité définitive : silence des maisons abandonnées, des grandes étendues désertes, des êtres qui n'ont plus rien à se dire.
Ressasser des souvenirs est un signe de vieillesse.
Les amants et les maris ne doivent pas trop rester dehors. J'ai connu des absents qui avaient tort quatre fois par jour.
Comment le temps fait-il pour tourner rond dans des horloges carrées ?
Certains écrivains s'excusent de ne pas avoir forgé des choses excellentes à cause du manque de liberté. Peut-être est-ce une excuse naïve pour justifier leur ineptie ou leur paresse.
La lamentation est le recours des lâches.
Il est vrai que la vie est si courte que nous nous bâtissons des éternités de quelques heures et des traditions d'un jour.
Le problème, Gérard, c'est que tes sorties de route vont toujours dans le même fossé : celui du fric, des copains dictateurs, du pet foireux et de la miction aérienne, celui des saillies ultralibérales...
Tout ce qui existe dans le monde à votre naissance est normal et ordinaire. Tout ce qui est inventé entre vos 15 et 35 ans est nouveau, excitant et révolutionnaire. Tout ce qui est inventé après vos 35 ans va à l'encontre de l'ordre naturel des choses.
Le monde est vaste et dur, pleins de rebondissements et on a tendance à cligner des yeux et à rater les instants essentiels.
Soyez heureux : il n'y a plus d'amis dès qu'on est malheureux.
C'est plus facile d'avoir des principes quand on est bien nourri.
A la guerre, comme en amour, le corps à corps seulement donne des résultats.
C'est le pouvoir démesuré des adultes qui fait le mensonge des enfants.
Eviter les sujets sérieux en début de repas. Ils figent et font parfois flotter au-dessus de la nappe des nuages de malaise qu'il est ensuite très difficile de faire lever.
Nos coeurs et nos greniers sont des cimetières d'objets.
Un sybarite du mensonge ne trouve de jouissance dans son art qu'autant qu'il exerce sur des incrédules endurcis.
La détestation des grands est une louange involontaire des petits.
L'esprit est à peu près, à l'intelligence vraie, ce qu'est le vinaigre au vin solide et de bon cru : breuvage des cerveaux stériles et des estomacs maladifs.
A la différence des femmes qui parlent entre elles de leurs amants, les chauffeurs de taxis, eux, ne vous chargent pas quand c'est trop court.
Il faut se méfier des individus calmes car il peuvent s'avérer être les plus dangereux.
Il peut y avoir des milliers de principes du marxisme, mais en dernière analyse ils peuvent se résumer en une phrase : la rébellion est justifiée.
Un écureuil en train de mourir dans votre jardin peut être plus pertinent pour vos intérêts à cet instant précis que des gens en train de mourir en Afrique.
La masse des catholiques que nous voyons à la messe chaque dimanche ne désire, au fond, savoir de la religion que ce qui peut les confirmer dans la bonne opinion qu'ils ont d'eux-mêmes.