L'idée de patrie est liée à l'idée de guerre. Etant donné ce qu'est devenue la guerre dans le monde actuel, elle fait de la Patrie la force la plus immédiatement dangereuse qui circule au milieu de nous.
La vie a mille aspects, le néant n'a qu'un moule.
Il n'y a pas de bonheur pour nous. Nous ne devons que travailler : quant au bonheur, il appartient à notre lointaine progéniture.
Il y a une émotion encore plus forte que celle de tuer, c'est celle de laisser la vie.
La sottise des gouvernements répond à celle des citoyens, la sottise des journaux à celle de leurs lecteurs.
Il y a des chefs-d'oeuvre si fastidieux qu'on admire qu'il se soit trouvé quelqu'un pour les écrire.
Qui on épouse n'a guère d'importance : le lendemain matin, on trouvera toujours que c'est quelqu'un d'autre.
Dieu a mille moyens de faire des compensations : s'il a donné à l'un de bons dîners, à l'autre il donne un peu plus d'appétit, et cela rétablit l'équilibre.
Il faut beaucoup d'esprit pour comprendre l'événement ; pris à la lettre, il écrase. La vie est presque toujours au-dessus de notre portée.
L'amour a bien des faces, et c'est pourtant toujours de l'amour.
Classer des milliers de livres et les transporter devrait constituer un exercice obligatoire pour tout postulant à l'écriture, ce qui l'inciterait sans doute à privilégier davantage la concision que la quantité.
Les femmes excellent à se raconter, observatrices perspicaces proches de leur corps.
C'est là un livre dont on dit : « Lisons-le tout de suite pour n'avoir pas à le lire plus tard».
Je ne connais pas la clé du succès ; mais celle de l'échec, c'est d'essayer de plaire à tout le monde.
Avant chaque chose il y a quelque chose. Tout ce qui est existait déjà de toute éternité. On ne peut faire du neuf qu'avec du vieux.
Jusqu'à l'apparition des canons au XVe siècle, les arbalètes sont très appréciées pour la précision et la violence de leur tir. Mais leur tir manque de rapidité.
La concurrence est un alcaloïde ; à dose modérée, c'est un excitant; à dose massive, un poison.
L'oeuvre qu'on portait en soi paraît toujours plus belle que celle qu'on a faite. Tant de choses se perdent en ce voyage de la tête à la main !
On peut assurément soutenir que le fait de donner raison au réel constitue le problème spécifique de la philosophie: en ce sens que c'est son affaire, mais aussi qu'elle n'est, en tant que telle, jamais tout à fait capable d'y faire face.
Les questions du type « Qui suis-je réellement ? » ou « Que fais-je exactement ? » ont toujours été un frein tant à l'existence qu'à l'activité. En bref, l'exercice de la vie implique une certaine inconscience qu'on pourrait définir comme une insouciance du « Quant à soi ».
La guerre est une violence en action, et son usage n'est limité par rien ; chacun des adversaires impose à l'autre sa loi, d'où découle une interaction qui ne peut manquer, conformément à l'essence du sujet, de mener aux extrêmes.
J'ai connu des millionnaires manquant cruellement d'une nourriture qui à elle seule peut entretenir tout ce qui est humain dans l'homme, et je connais des travailleurs, et nombre de ceux qu'on appelle pauvres, qui connaissent des plaisirs inatteignables par ces mêmes millionnaires. C'est l'esprit qui enrichit le corps.
Et dans le vent qui chemine,C'est la nuit blanche des pleurs,Dont la lumière orpheline,A vu le jour dans le coeur.
Nous allions, changeant de pays plus souvent que de souliers,A travers les guerres de classes, désespérésLà où il n'y avait qu'injustice et pas de révolte.
Tu n'es pas seul face à la maladie. Apprends à voir avec l'oeil de l'esprit, et tu verras que les objets eux-mêmes éprouvent de la pitié pour les hommes.
Le mot impossible a été et doit rester supprimé de notre dictionnaire.
Quand l'homme fait face à ce qu'il craint le plus, son regard le trahit.
Donnez une éducation à une fille et introduisez-la convenablement dans le monde, et dix contre un mais elle a les moyens de bien s'installer, sans frais supplémentaires pour personne.
Vous n'avez pas toujours à avoir la réponse à tout.
Une plaisanterie n'a jamais gagné un ennemi, mais a souvent perdu un ami.
Ne permettez jamais à l'extérieur de représenter quelque chose que vous n'avez pas expérimenté intérieurement et qui ne vous intéresse même pas.
Je trouve que c'est intéressant de placer des femmes à la tête de magazines mais je ne suis pas sûre que cela soit la clé du succès.
À Berlin par exemple, je suis rentré dans un bar punk où j'ai été légèrement bousculé. Je n'ai pas pris de coups, mais la tige de la caméra a été cassée. À part ça, je n'ai jamais été frappé. C'est plutôt encourageant quant à la nature humaine et l'état du monde.
Il n'y a pas tromperie, nos véhicules remplissent les normes.
La dissimulation nous enseigne toujours la dissimulation, et la seule question est de savoir si nous serons les maîtres ou les victimes de cet art. Question à laquelle l'amour de soi a tôt fait de répondre.
Le monde, pour chacun de nous, n'existe que dans la mesure où il confine à notre vie.
Le problème majeur, demain, sera d'apprendre à gérer la mondialité des problèmes.
Lorsque la mort est là, à quelques secondes de nous, le plus dur est fait : on a vécu. Le reste est formalité...
J'ajoute que tout mon théâtre tend à la dignification de la femme. Mon plaidoyer pour la femme est, vous le voyez, ancien et persévérant, et n'a pas eu de solution de continuité.
Dans le vocabulaire syndicaliste, on ne passe à l'action qu'en cessant toute activité.
De toutes les vertus, celle qui, dans le monde, m'a toujours paru réussir le moins à celui qui la pratique, c'est la modestie.
La charité intégrale ne consiste pas à partager avec les autres ce qu'on possède mais ce qu'ils ne possèdent pas.
Il y a un message de justice dans chaque balle que je tire.
L'absence grandit l'être aimé, le pare de qualités que souvent il n'a pas, estompe les défauts qu'il a.
La femme est assez proche de l'homme, comme l'épagneul breton. A ce détail près qu'il ne manque à l'épagneul breton que la parole alors qu'il ne manque à la femme que de se taire.
Il y a deux types de problèmes dans la vie : les problèmes politiques sont insolubles et les problèmes économiques sont incompréhensibles.
Il y a pis que d'être sous-estimé, c'est d'être modeste.
Souvenez-vous : les dieux n'aiment pas qu'on cherche à les imiter.
Il n'y a que les bons marchés qui ruinent.
L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde.