Dieu seul a le privilège de nous abandonner. Les hommes ne peuvent que nous lâcher.
Quand le coeur d'une fille est pris, son amant n'a plus rien à lui demander.
Dieu lui-même croit à la publicité : il a mis des cloches dans les églises.
Il n'y a pas d'éloquence solitaire et tout orateur a deux génies, le sien et celui du siècle qui l'écoute.
Plus on a médité, plus on est en état d'affirmer qu'on ne sait rien.
L'homme est entraîné par son esprit à des souffrances qui sont bien au-dessus de sa condition.
Plus nous avons de choses à faire, plus nous avons l'impression de n'avoir rien fait.
Les femmes attachent beaucoup d'importance à l'étiquette. Parce qu'il y a le prix dessus.
Il n'y a plus que la peur de mort qui les retienne à la vie.
L'homme ne refuse pas son soupir à la mort qui arrive.
Chez l'homme civilisé, la crainte de ses morts n'a rien de commun avec le mysticisme des primitifs. Elle est un retour de flamme de sa conscience, un déguisement de ses remords.
Les imbéciles ne pensent qu'à partager leurs merveilles avec la multitude, ce qui est le plus sûr moyen de perdre son butin, et surtout de le voir se muer en une chose vulgaire.
A force d'annoncer une chose, elle finit par arriver.
Vous définissez un agréable vol par des négations : vous n'avez pas été détourné, vous ne vous êtes pas écrasé, vous n'avez pas vomi, vous n'êtes pas en retard, la nourriture ne vous a pas rendu malade. Vous êtes donc reconnaissant.
Les inventions les plus étonnantes et les plus utiles ne sont pas celles qui font le plus d'honneur à l'esprit humain.
Lorsqu'on vit pleinement, on n'a pas besoin de qualifier sa vie.
La drogue, c'est une catastrophe. Y'en a plus.
Le sage se réfugie dans les livres des Anciens et n'y apprend que de froides abstractions ; le fou, en abordant les réalités et les périls, acquiert à mon avis le vrai bon sens.
On n'a jamais raison contre un soldat.
Il faut avoir de grosses illusions bien grasses : on a moins de peine à les nourrir.
Devoirs : les autres en ont envers vous, mais on en n'a pas envers les autres.
N'invitez pas plusieurs hommes de lettres à la fois : un bossu préférera toujours la compagnie d'un aveugle à celle d'un autre bossu.
Je crois que pour vivre vieux, il faut se résoudre à ne jamais faire debout quelque chose que l'on peut faire assis et à ne jamais faire assis quelque chose que l'on peut faire couché.
J'ai appris à l'école que l'argent n'est pas tout. C'est le bonheur qui compte. Alors maman m'a envoyé dans une autre école.
Qui dit activité dit faire quelque chose et la méditation consiste avant tout à ne pas faire, tout en étant présent à soi-même, vigilant, intensément éveillé.
A entendre mon père, vous auriez jugé que cette Révolution de 18.. qui nous avait mis à mal, était spécialement dirigée contre nous.
Je n'ai pas changé, je suis passé de l'univers de l'enfance à celui des hommes avec les mêmes règles, la même curiosité.
Dans deux choses qu'on estime semblables, il y a toujours un sosie.
A quoi bon tant désirerMais sans pouvoir ? Avoir voulu parlerMais sans phrases pour dire ? Avoir regretMais seul, et sans qu'un autre ait pu comprendre ?
L'imparfait est le temps de la fascination : ça a l'air d'être vivant et pourtant ça ne bouge pas : présence imparfaite, mort imparfaite ; ni oubli ni résurrection ; simplement le leurre épuisant de la mémoire.
J'ai compris avec toi que le plaisir n'est pas quelque chose qu'on prend ou qu'on donne. Il est manière de se donner et d'appeler le don de soi de l'autre. Nous nous sommes donnés l'un à l'autre entièrement.
Arrête, où cours-tu ?Le ciel est en toi.Si tu cherches Dieu ailleurs,Tu le manques à tous les coups.Homme, si tu projettesTon esprit par delà lieux et tempsTu peux à chaque instant
Les morts n'ont pas de noms. Et nous ne devrions pas non plus. Sans nom ni passé, ceux d'entre nous qui sont assez forts pour être encore vivants ici peuvent se connaître à un niveau primitif.
Il est plus aisé au fils de demander au père, qu'au père de demander à son fils.
L'acteur doit utiliser son imagination pour pouvoir répondre à toutes les questions (quand, où, pourquoi, comment). Rendez l'existence fabuleuse plus précise.
- J'peux te revendre une ou deux boites de Ritalin sur tu veux. - Non merci. J'évite les médocs. - T'as parfaitement raison. J'ai connu une fille qui a eu une sorte de crise de folie, elle avait avalé plein [...] ► Lire la suite
La musique est infiniment plus grande et plus riche que ce que notre société veut qu'elle soit : elle n'est pas seulement belle, émouvante, envoûtante, réconfortante ou passionnée, même si, à l'occasion, elle peut être tout cela. La musique est une partie essentielle de la dimension physique de l'esprit humain.
La lettre écrite m'a enseigné à écouter la voix humaine.
Nos sommes des puritains, c'est l'histoire qui l'a voulu. C'est pour ça qu'une petite pipe au président tourne à l'affaire d' État
Il y a des miroirs pour le visage, il n'y en a pas pour l'esprit.
Le succès a la puissance et l'évidence d'un phénomène de la nature.
Fermer les yeux, est-ce que c'est la nuit parce qu'on a fermé les yeux ?
Une civilisation me paraît se définir à la fois par des questions qu'elle pose et par celles qu'elle ne pose pas.
Nous sommes un mystère à nous-mêmes.
Quand vous lisez dans les journaux "le pays s'est prononcé", comprenez qu'une moitié de la nation a réussi à opprimer l'autre.
On sacrifie souvent les plus grands plaisirs de la vie à l'orgueil de les sacrifier.
Dans ce monde, l'on n'a que la terreur pour se défendre contre l'angoisse.
Nous vivons dans un temps, où, si quelques-uns trouvent les galères à moitié chemin du pouvoir et de la fortune, il en est d'autres qui trouvent la fortune et le pouvoir à moitié chemin des galères.
Chassez la contrariété, elle reviendra vous hanter à la une des journaux.
Ce qu'un homme a de plus indécent à montrer : ses rêves.