On nous le répète à l'école : "La vanité est le plat des sots." Mais les sages aussi condescendent à y goûter de temps en temps.
Je remontais dans ma mémoire jusqu'à l'enfance, pour retrouver le sentiment d'une protection souveraine. Il n'est point de protection pour les hommes. Une fois homme on vous laisse aller.
Il y a des femmes dont on ne supporte ni la présence ni l'absence... c'est sans solution.
Qu'il y a peu de chose dans une vie qui soit fait pour elle !
Mieux vaut s'accommoder des choses ou les briser que de pleurer à la lune.
On s'aperçoit de ce qu'on cherchait après qu'on a trouvé ce qu'on ne cherchait pas.
L'intensité de l'amour est une question de mesure à l'intérieur de chacun, et c'est bien ce qu'il y a de pathétique chez les humains que la faculté de s'accrocher à si peu... de s'accrocher à rien.
Un satiriste est un homme qui a tellement la chair de poule face aux horribles et incongrus aspects de notre société qu'il ressent le besoin de l'exprimer le plus brutalement et crûment possible afin d'être soulagé.
Après tout, qu'y a-t-il dans l'existence de plus vrai qu'un miracle...
C'est là un livre dont on dit : « Lisons-le tout de suite pour n'avoir pas à le lire plus tard».
Je ne crois pas aux écrivains, mais à leurs histoires.
On va mettre cela sur le compte de la fatigue mais je me suis surprise à patauger dans la guimauve. Grosse bouffée de tendresse pour ces trois-là et intuition que nous étions en train de vivre nos dernières tartines d'enfance...
L'homme est fait pour la femme. La femme est faite pour l'homme... surtout en province, où il n'y a pas de distraction.
Le peuple aime à critiquer ses chefs.
De temps en temps, pour qu'il ne s'ennuie pas, Lurette lui porte un morceau d'étoile qu'il s'amuse à sculpter pour elle. Quand il n'est pas content de son travail, il jette les morceaux par-dessus bord et ce sont des étoiles filantes.
La liberté que nous assure ce désengagement critique (à tous les sens de ce mot) est donc sollicitude et ouverture sur la totalité.
Il y a des hommes plutôt faits pour la cueillette, la décoration d'intérieur et les enfants au parc, et des femmes bâties pour aller trépaner le mammouth, faire du bruit et des embuscades.
L'anxiété, comme vous l'expliquera tout psychiatre prohibitif, est causée par la dépression; mais la dépression, comme vous le dira le même psychiatre, à la deuxième visite, est causée par l'anxiété. Je tournai en rond dans ce cercle monotone tout l'après-midi. Mais, à la tombée de la nuit, les deux démons s'étaient associés...
Si l'on savait à quoi l'on s'expose, on n'oserait jamais être heureux.
L'"indifférence" politique, cette catatonie du citoyen moderne, c'est celle de l'individu à qui toute décision échappe, ne conservant que la dérision du suffrage universel.
Rien donc ne suggérera au jeune colonisé l'assurance, la fierté de sa citoyenneté. Il n'en attendra pas d'avantages, il ne sera pas préparé à en assumer les charges.
Car une photo a toujours pour effet de fixer le temps sur une pellicule, où certains craignent de faire l'impitoyable découverte du temps perdu.
À tout bavard, il faut une tribune, faute de quoi il est frustré.
Il y a écrit sous la queue du loup que jamais gendre ne fera prou.
L'action directe est, en fin de compte, l'insistance provocante à agir comme si l'on était déjà libre.
J'ai toujours été un vrai garçon sportif. Puis, quand j'ai grandi, j'ai pensé que cela faisait partie de la vie de continuer à s'entraîner.
Postérité ! Vous ne saurez jamais combien il en a coûté à la génération actuelle pour préserver votre liberté ! J'espère que vous en ferez bon usage.
Le destin de l'Amérique est de porter l'évangile de Jésus-Christ à tous les hommes partout.
Le temps que tu aimes gaspiller n'a pas été gaspillé.
L'Amérique m'a donné la grande gloire d'entrer dans les maisons des gens chaque semaine et m'a permis de durer aussi longtemps que je l'ai fait.
Elle ne me ménage pas. Elle n'a rien de mieux à faire (de porter plainte, ndlr). Je la dérange, mais pour faire des choses dans la vie il faut avoir de la force. Je ne sais pas si elle a cette force-là.
Je ne suis pas inquiet de marcher dans les rues et de regarder par-dessus mon épaule à cause de quelque chose que je pourrais avoir dit.
Ils disent que beaucoup de femmes voudraient me voir nu, mais il n'y a pas de lentille assez longue pour cela.
Devant un escalier... Au départ on a les marches dans la tête. À la fin on les a dans les jambes.
Chacun apprend à penser en même temps qu'il apprend à parler.
Le plus farouche orgueil naît surtout à l'occasion d'une impuissance.
A Paris, quand on croise une femme dans la rue et qu'on la regarde, on commet presque une infidélité. Regarder une Française et être vu par elle, on dirait qu'on ébauche un roman d'amour !
La charité intégrale ne consiste pas à partager avec les autres ce qu'on possède mais ce qu'ils ne possèdent pas.
Aucun progrès n'a jamais été réalisé dans les sciences, la religion, la politique sans qu'il y ait eu controverse.
Un des avantages de la pauvreté, c'est qu'elle vous oblige à pratiquer la vertu.
Les larmes sont parfois une réponse inappropriée à la mort. Quand une vie a été vécue vraiment honnêtement, vraiment avec succès, ou simplement vraiment, la meilleure réponse à la ponctuation finale de la mort est un sourire.
Le mariage c'est la robe. Après, évidemment, on a le mari !
Qui de nous en tout temps est fidèle à soi-même ?
Jamais personne n'a trompé tout le monde, et jamais tout le monde n'a trompé personne.
Si chacun dit le contraire, c'est parce qu'il a raison.
Dire qu'on a eu vingt ans, qu'on ne les a plus, qu'on ne les r'aura plus jamais !
Qui on épouse n'a guère d'importance : le lendemain matin, on trouvera toujours que c'est quelqu'un d'autre.
L'esclavage a ses bons côtés. Le tyran ne peut affirmer qu'il règne en maître sur des hommes libres.
Le courtisan rajoute à ce qu'il a vu pour plaire.
Ce sont les affections qui nous excitent à réfléchir.