ça nous arrive à tous de vivre des événements particuliers et de savoir que ces instants resterons inoubliables au moment où on les a vécu. J'ai vécu un de ces moments ce soir.
Mes deux cent premiers films, je les ai vu en état de clandestinité, à la faveur de l'école buissonnière, ou en entrant dans la salle sans payer...
Il y en a qui n'ont tout leur esprit que lorsqu'ils sont de bonne humeur, et d'autres que lorsqu'ils sont tristes.
Chaque usage a sa raison.
Quiconque n'a pas pitié des petits mérite d'éprouver la tyranie des grands.
Le bonheur consiste pour l'homme dans ce qu'il n'a pas ou dans ce qu'il n'a plus.
C'est un excellent consolateur que celui qui a lui-même besoin d'être consolé.
Il ne s'agit pas seulement de faire ce qu'on doit, il faut faire plus qu'on ne doit : ne pas se borner à exécuter le minimum de ce qu'on a à faire, car ce minimum risquerait de s'abaisser de jour en jour.
Après tout, qu'y a-t-il dans l'existence de plus vrai qu'un miracle...
Souvenez-vous : les dieux n'aiment pas qu'on cherche à les imiter.
Il n'y a pas de guerre sans morts.
Un écrivain qui doit l'immortalité à une statue est indigne, même d'une statue.
Le dedans et le dehors ne peuvent être séparés sans causer de grands dommages à la vérité.
Apprendre à devenir poète, c'est désapprendre à vivre.
Mais quelle fantaisie pourrait encore nous soulever là où l'idée de dieu a échoué ?
Ce qui nous permet, comme êtres humains, de survivre psychologiquement à la vie sur terre, avec toutes ses douleurs, ses drames et ses défis, c'est d'avoir un sentiment d'accomplissement et une vie de sens.
Quand on croit pouvoir chicaner sur ses devoirs parce qu'ils sont difficiles, il n'y en a point qu'on ne puisse mettre en question ; car il n'y en a pas un qui, de temps à autre, ne coûte quelque chose à remplir.
Il y a des choses dans ma vie que je n'ai pas su prévenir ou maîtriser.
L'incident le plus insignifiant peut, à un moment donné, modifier totalement le cours de la vie d'un homme; souvent, au bout du compte, nul ne serait dire s'il s'agit d'une catastrophe ou d'une bénédiction.
Cette hésitation devant le danger au dernier tournant du chemin, est la forme sous laquelle se montre le plus souvent et le plus clairement dans la vie la faiblesse de caractère. Rien n'est si funeste que de ne pas aller le front haut à un danger inévitable.
Paulo disait qu'il y avait deux écoles. La première était de se jeter dans un livre pour éviter la vie. La deuxième était de se brûler à la vie pour écrire un livre. Lui préférait la voix. Ça brûlait aussi.
Un homme à cheval sur deux cultures est rarement bien assis.
Ceux qui s'honorent de montrer aux hommes la vérité toute nue ne sont peut-être pas ceux qui contribuent le plus rapidement à son triomphe.
La mort n'est pas sensible aux statuts, aux richesses, au pouvoir ni aux titres ronflants ; nous sommes tous égaux à ses yeux.
Si votre drap est trop petit, apprenez à vous réchauffer tout seul.
Lorsque les gens ont décidé qu'ils voulaient être libres et ont agi, il y a eu un changement.
L'art élève l'homme de sa vie personnelle à la vie universelle.
Je n'ai jamais suivi de cours de théâtre, mais je savais que je pouvais le faire grâce à l'habileté avec laquelle je mentais régulièrement à mes parents !
Je me bats toujours. Je ne sais pas combien de temps encore, mais je continue de lutter, une lutte qui consiste à faire vivre le cinéma et pas seulement à faire un autre film.
J'ai souvent pensé, avec tristesse, qu'une âme vraiment belle n'obtiendrait pas la gloire, parce qu'elle ne la désirerait pas. Cette idée, qui m'a désabusé de la gloire, m'a désabusé du génie. J'ai souvent pensé que le génie n'est qu'une éloquence particulière, un don bruyant d'exprimer.
L'homme n'est jamais toujours heureux et très souvent, il ne lui est accordé qu'une brève période de bonheur dans ce monde; alors pourquoi échapper à ce rêve qui ne peut durer longtemps ?
La vie est une farce, je l'ai compris à 19 ans, pendant la guerre. Lorsque mes copains tombent à côté de moi, je me demande 'Pourquoi pas moi?' La chance, la santé, le travail et une dérision profonde deviennent mes maîtres mots.
Il n'y a pas de meilleur moyen de démanteler une personnalité que de l'isoler.
J'aime le sentiment d'être dominé. Cela me rend réellement convaincu par opposition à un défi.
Vous savez ce que c'est le pire ? C'est de savoir que si j'avais levé la tête ne serait-ce qu'une fois durant le massage, on saurait qui est A.
Depuis que je l'ai rencontrée, le bonheur ne tient plus qu'à une fille...
L'authentique et indiscutable bourgeois est nécessairement borné dans son langage à un très petit nombre de formules.
Une circonstance imaginaire qu'il nous plaît d'ajouter à nos afflictions, c'est de croire que nous serons inconsolables.
Si les hommes, dans leur vanité, repoussent les meilleurs conseils, les femmes aiment à les solliciter pour ne point les suivre.
J'aime qu'à mes desseins la fortune s'oppose : Car la peine de vaincre en accroît le plaisir.
Il vous vient quelquefois un dégoût d'écrire en songeant à la quantité d'ânes par lesquels on risque d'être lu.
L'objet de la philosophie, c'est de partir d'une chose si simple que ça ne vaut pas la peine d'en parler et d'arriver à une chose si compliquée que personne n'y comprend plus rien.
Coucher avec une fille, ce n'est que lui faire ce qui lui plaît : de là à lui faire faire ce que nous voulons, il y a souvent bien loin.
Un jour viendra peut-être - qui sait si ce n'est pas aujourd'hui ? - où la science reprendra sa place normale : source de sagesse et non de puissance, à l'égal de la musique et de la poésie.
On a pris pour braves des lâches qui craignaient de fuir.
Le principe des moines : se retirer du monde, pour agir sur le monde, a bien souvent été aussi le principe du génie.
Il y a bien peu de femmes dont la conversation plaise encore après qu'on les a eues.
A quoi bon insulter les morts, puisqu'ils n'en souffrent pas ?
On donne généralement le nom de découverte à la connaissance d'un fait nouveau ; mais je pense que c'est l'idée qui se rattache au fait découvert qui constitue en réalité la découverte.
Il y a des ménages qui sont musiciens à leur façon ; ils jouent du triangle.