Chez l'homme civilisé, la crainte de ses morts n'a rien de commun avec le mysticisme des primitifs. Elle est un retour de flamme de sa conscience, un déguisement de ses remords.
L'utilisation de la foi de ceux qui croient par ceux qui ne croient pas mais qui prétendent croire, n'a rien à voir avec cette foi qui est un don personnel que Dieu fait à chaque croyant.
Pour avoir quelque chose à écrire, il est infiniment plus nécessaire d'écouter que de parler.
Vous n'attrapez pas d'ulcère à cause de ce que vous mangez. Vous les attrapez par ce qui vous ronge.
Rien ne nuit plus à une vérité qu'une erreur ancienne.
L'argent n'a pas d'odeur mais il ferait puer tout le reste.
Il y a un mystère dans les voies qu'empruntent nos enfants pour se séparer de nous. Elles passent souvent par un moment d'effondrement individuel, un peu comme s'il fallait mourir pour vivre.
Les poètes tentent de greffer aux hommes d'autres yeux et de transformer ainsi le réel. Aussi sont-ils des éléments dangereux pour l'Etat, puisqu'ils veulent transformer. Or l'Etat et ses dévoués serviteurs n'aspirent, eux, qu'à durer.
Connaître une chose et en vivre une autre est une erreur, un contresens. A partir de là, une tension apparaît. Elle est due au conflit de la pensée et du sentiment. Connaître, c'est être.
C'est ahurissant la manière dont le monde des dames de la bourgeoisie parvient à tout aplanir et à tout intégrer, à transformer la complexité et le chaos ambiants en quelque chose de charmant, d'inoffensif et d'aseptisé.
On ne peut dicter un aphorisme à une machine à écrire. Cela prendrait trop de temps.
L'amour d'une vierge est aussi assommant qu'un appartement neuf. Il semble qu'on essuie les plâtres. Il est vrai qu'on n'a pas à redouter les germes maladifs, pestilentiels, d'un autre locataire.
Je suis fidèle à votre classe, Monsieur... Je la redoublerai.
La responsabilité majeure d'un président est d'extorquer au contribuable jusqu'à son dernier sou.
Les hommes qui, dans les temps d'abondance, ne se préoccupent pas de l'avenir, tombent dans une misère extrême, lorsque les temps viennent à changer.
Il existait, naguère, un exercice auquel devait se livrer tout candidat à l'élection : la rédaction de sa profession de foi. Nous avons gardé la profession, mais nous avons perdu la foi.
Soyez résolu à ne plus servir [ le tyran ], et vous voilà libre. Je ne veux pas que vous le poussiez ou l'ébranliez, mais seulement que vous ne le souteniez plus ; alors, vous le verrez, tel un grand [...] ► Lire la suite
L'esprit de l'observateur doit être passif, c'est à dire se taire.
Il est impossible d'expliquer philosophiquement pourquoi on aime et veut être aimé par telle personne précise à l'exclusion de toute autre.
Il a une fois demandé l'aumône d'une statue et, lorsqu'on lui a demandé pourquoi il l'avait fait, il a répondu: "Pour s'entraîner à être refusé."
Ainsi Pétain n'a laissé paraître que les seuls journaux qui étaient d'accord avec lui et l'occupant.
N'est-il pas clair que les tyrans, pour s'affermir, se sont efforcés d'habituer le peuple, non seulement à l'obéissance et à la servitude mais encore à leur dévotion ?
Cette vie n'est pas réelle. J'ai conquis le monde et cela ne m'a pas apporté satisfaction.
Le Magnificent Seven était vraiment un événement miraculeux qui a eu lieu dans ma vie.
Le monde évolue par bifurcations qu'aucune conscience n'a jamais prévues, mais nous somme responsables de celles qui s'annoncent.
La justice est une maladie rare dans un monde qui n'a pas besoin d'elle pour se porter comme un charme.
Une expertise sans contre-expertise n'a absolument aucune valeur, sauf celle d'être une psychose judiciaire.
Conquérir l'amitié d'un chat est chose difficile. C'est une bête philosophique, rangée, tranquille, tenant à ses habitudes, amie de l'ordre et de la propreté, et qui ne place pas ses affections à l'étourdie: il veut bien être votre ami, si vous en êtes digne, mais non pas votre esclave.
Il n'y a que deux personnes dans votre vie à qui vous devriez mentir... la police et votre petite amie.
Je n'ai jamais voulu ressembler à des modèles sur la couverture des magazines. Je représente la majorité des femmes et je suis très fiere de cela.
Ça ne sert à rien de renier le passé. Chuck fait partie de moi, et il le sera toujours... Mais ça fait tellement mal.
Lorsqu'on désire plaire à quelqu'un, il faudrait toujours être ignorant.
Étonnant, cette manie qu'a la nature de tuer tout ce qui est vivant et de laisser vivre tout ce qui est mort.
Tout homme pour vivre a besoin de fantômes esthétiques. Je les ai poursuivis, cherchés, traqués.
Les personnes gâtées par la fortune et le succès sont si facile à tromper !
Une femme ne communique jamais si promptement la perversité de son coeur qu'à une autre femme.
Je crois à l'effort persistant et continu plus qu'aux coups de collier sans lendemain.
Il est parfois utile de dire carrément ce qu'on pense surtout si l'on a la réputation d'être retors.
L'âge qu'on veut avoir gâte celui qu'on a.
Dans l'extrême jeunesse, l'on est trop enclin, comme les femmes, à croire que les larmes dédommagent de tout.
Il n'y a pas de problème assez énorme pour qu'on ne puisse pas le fuir.
Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans !
Nous nous réfugions dans l'orgueil, parce que nous avons peur de nous dire la vérité à nous-mêmes.
Ce fut admirable de découvrir l'Amérique, mais il l'eût été plus encore de passer à côté.
Un vice est comme un amour, il n'y a rien qu'on ne lui sacrifie.
Il y a beaucoup d'hommes qui se marient, comme on devient fonctionnaire.
Il n'y a que deux grands courants dans l'histoire de l'humanité : la bassesse qui fait les conservateurs et l'envie qui fait les révolutionnaires.
Il y a tellement de rebondissements dans mes livres qu'on les croirait en caoutchouc.
Dans les dîners en ville, on parle à bâtons rompus. Sur le dos des autres.
Lire est une forme de paresse dans la mesure où on laisse le livre penser à la place du lecteur. Le lecteur lit et se figure qu'il pense ; de là ce plaisir qui flatte l'amour-propre d'une illusion délicate.