Ce malaise devant l'inhumanité de l'homme même, cette incalculable chute devant l'image de ce que nous sommes, cette nausée comme l'appelle un auteur de nos jours, c'est aussi l'absurde.
Pour justifier tout ce que nous avons perdu, nous devons risquer de tout perdre.
Sergey et moi avons fondé Google parce que nous sommes extrêmement optimistes quant au potentiel de la technologie pour améliorer le monde.
Nous réussirons, parce que nous sommes pleinement engagés, parce que, où que nous vivions, qui que nous soyons, nous partageons tous la même responsabilité: Rendre notre planète encore plus grande.
La responsabilité est la conséquence intime de la liberté. Aussi le monde est ce que nous le faisons.
L'ironie nous enseigne à nous moquer des savants et des sots, que nous pourrions, sans elle, avoir la faiblesse de haïr.
Le premier obstacle est l'idée préconçue. Nous ne savons souvent voir que ce que nous sommes prêts à voir.
La morale est simplement l'attitude que nous adoptons envers les personnes que nous n'aimons pas personnellement.
Nécessairement, le hasard a beaucoup de pouvoir sur nous, puisque c'est par hasard que nous vivons.
Il est difficile de remédier à notre propre tristesse parce que nous en sommes complices. Il est difficile de remédier à celle des autres parce que nous en sommes captifs.
Je ne me sens pas obligé de croire que le même Dieu qui nous a dotés de sens, de raison et d'intellect a voulu que nous renoncions à leur usage.
Nous nous tourmentons moins pour devenir heureux que pour faire croire que nous le sommes.
Ce sont toujours dans des petites choses inattendues, des détails, des gestes ou des faits divers que nous apprenons tout.
Tout ce que l'homme a ajouté à l'homme, c'est que nous appelons en bloc la civilisation.
Pour être heureux jusqu'à un certain point, il faut que nous ayons souffert jusqu'au même point.
Nous devons admettre que la préservation des libertés individuelles ne peut pas correspondre pleinement à l'image que nous avons de la justice.
Ce qu'est un ordinateur pour moi, c'est l'outil le plus remarquable que nous ayons jamais conçu. C'est l'équivalent d'un vélo pour notre esprit.
Les choses que nous aimons vraiment restent toujours avec nous, enfermées dans nos coeurs aussi longtemps que la vie reste.
Les peines qu'éprouvent nos amis nous affectent davantage que celles que nous éprouvons.
Je rêve que nous sommes des papillons ayant à vivre que trois jours d'été, avec vous ces trois jours seraient plus plaisants que cinquante années d'une vie ordinaire.
Il y a deux faces de l'argent, une médiocre et triste qui est celle que nous avons connue, et une épanouie et brillante que nous ignorons.
Être bon et faire le bien, c'est tout ce que nous avons à faire.
Ce que nous appelons hasard, c'est peut-être la logique de Dieu.
Nous ne connaissons jamais que les passions des autres, et que ce que nous arrivons à savoir des nôtres, ce n'est que d'eux que nous avons pu l'apprendre.
C'est à celui qui domine sur les esprits par la force de la vérité, non à ceux qui font les esclaves par la violence, que nous devons nos respects.
Ce que nous nommons "émancipation" c'est le libre choix d'une âme entre différentes limitations.
Je ne vois que la photographie qui puisse, autant que le baiser, faire surgir de ce que nous croyons une chose à aspect défini les cent autres choses qu'elle est tout aussi bien, puisque chacune est relative à une perspective non moins légitime.
Tant que nous sommes parmi les hommes, pratiquons l'humanité.
Un ami, c'est à la fois nous-mêmes et l'autre, l'autre en qui nous cherchons le meilleur de nous-mêmes, mais également ce qui est meilleur que nous.
Mystère. Mot dont nous nous servons pour tromper les autres, pour leur faire croire que nous sommes plus profonds qu'eux.
La sieste est une courtoisie que nous faisons à notre corps exténué par le rythme brutal de la ville.
Parfois, nous regardons tellement longtemps une porte qui ferme que nous voyons trop tard celle qui est ouverte.
Comme il serait préférable que nous comprenions que nous sommes solitude.
Il y a en chacun de nous des calculs que nous nommons espérance.
Ce que nous appelons "une oeuvre d'art" est le résultat d'une action dont le but fini est de provoquer chez quelqu'un des développements infinis.
Je veux bien croire que nous avons tous un ange gardien, si vous m'accordez que chacun de nous possède aussi son démon familier.
Avoir du courage ne veut pas dire que nous n'avons pas peur. Avoir du courage et faire preuve de courage signifie que nous affrontons nos peurs. Nous pouvons dire : Je suis tombée, mais je vais me relever.
Il y a dans la vie exactement autant d'occasions spéciales que nous choisissons d'en célébrer.
Le silence devient une rareté et une dimension que nous risquons de perdre.
Le tiers de ce que nous mangeons suffirait à nous faire vivre ; les deux autres tiers servent à faire vivre les médecins.
Il y a certaine volupté à s'accuser soi-même. Dès que nous nous blâmons, il nous semble que personne d'autre n'a plus le droit de le faire.
Ce que nous appelons ordinairement amis et amitiés, ce ne sont qu'accointances et familiarités nouées par quelque occasion ou commodité.
La sagesse est unique car elle possède la forme que nous lui donnons. Elle est secrète. Elle est sacrée car elle est le divin qui sourit en chacun de nous.
L'évidence du parfum possède une conviction irrésistible, elle pénètre en nous comme dans nos poumons l'air que nous respirons, elle nous emplit, nous remplit complètement, il n'y a pas moyen de se défendre contre elle.
J'ai peine à croire qu'on parvienne un jour à démontrer que nous sommes l'oeuvre d'un être suprême et non pas, comme il semble, celle d'un être fort imparfait qui nous a fabriqués en guise de passe-temps.
La vraie morale ne s'occupe pas de ce que nous pensons et voulons, mais de ce que nous faisons.
Tout est vain en nous, excepté le sincère aveu que nous faisons devant Dieu de nos vanités.
Faites l'amour la nuit, le jour, en hiver, en été, c'est pour cela que nous sommes au monde.
Oser vivre, c'est oser mourir à chaque instant mais c'est oser également naître, c'est-à-dire franchir de grandes étapes dans l'existence où celui que nous avons été meurt pour faire place à un autre, avec une vision du monde renouvelée...
Il est temps d'outrepasser nos différences et réaliser qu'il est dans notre intérêt de voir que nous avons les mêmes problèmes.